Hommage à Amavi Patatou

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Ancien président de l’équipe Espoir FC de Tsévié, ancien Vice-président de la Fédération togolaise de football (FTF), Amavi Ayayi Patatou a tiré sa révérence le 14 décembre dernier. Un de ses compagnons de lutte lui rend hommage. Lecture !

Oraison

Ce soir est différent, très différent ; Ce soir marque une page sombre qui s’ouvre dans nos vies;

Cette page est sombre car un lion a quitté sa meute, un père a lâché sa famille, une étoile est passée dans le monde irréel, un visionnaire a rangé son télescope.

Il y a de ces histoires tristes qui nous coupent le souffle, en les analysants en profondeur, nous comprenons qu’elles sont déterminantes au point que nul n’y échappe.

Aujourd’hui, j’ai le cœur plein de chagrin en vivant ce départ, ce voyage mystique d’un frère, d’un ami, un élément sûr, un compagnon de lutte vers une terre inconnue.

Je nous invite ce soir à faire un retour en arrière et à penser à cet homme qui reste de marbre, sans voix, sans muscles, sans regard, sans forces devant nous.

Ayayi Patatu AMAVI, tu étais plus qu’un frère, d’ailleurs tu le reste, je dirai que tu es le frère que j’ai connu dans les moments les plus difficiles de la vie.

Point de passer toute cette vie à deux dans les détails.

Néanmoins, les risques courus ensemble sont de taille.

De Tsévié à Dakar, passant par Lomé, Cotonou et d’autres grandes villes de la sous-région, nous étions en proie aux lames d’une élite qui n’avait aucune vision démocratique pour notre société, nous en étions conscient, conscients que notre vie ne tenait qu’à un souffle près car si on nous l’arrachait le vide sera considérable.

Notre lutte était plus mentale, nous œuvrions pour une société juste, équitable et prospère, nous voudrions qu’elle aboutisse et nous étions prêts à tout, mieux qu’on écrive une nouvelle page de notre pays.

C’est le lieu de dire un grand merci à ta femme. Durant tous ses calvaires elle était là, fidèle avec un soutien indéfectible à ta lutte. Bref elle est ta force. Merci Odile.

Tu détestais l’hypocrisie. Un combattant d’une générosité hors pair.
Tu disais très haut ce que les autres pensaient tout bas.

Pour la démocratie et l’état de droit au Togo, tu es passé par la prison civile de Lomé.

Parler de toi sans parler de la politique c’est comme célébrer une messe sans l’Évangile car tu as fait ta part.

Tu m’as fait rencontrer beaucoup de tes amis. Parmi ces amis il y a une qui crie haut tes biens faits : de comment tu étais toujours présent pour tes frères et sœurs, pour tes cousines et cousins, pour tes amis. Elle n’a pas eu la possibilité de venir te dire adieu mais pense très fort à toi à cet instant même. Je voulais nommé Cathy LAGADEC.

Ayayi, la mort vient de nous séparer mais j’ai la ferme conviction que nos chemins se croiseront encore dans un autre monde. Là, notre lien sera plus soudé et nous serons assez forts pour contrer les mauvais vents qui souffleront devant nous. Je ne te dis pas à adieu.

Non, je ne te dirai jamais adieu mais au revoir.

Puisse le Seigneur t’accueille dans sa demeure et que nous soyons qui sommes restés ici prions sans cesse pour le repos de ton âme.

Repose en paix mon frère, mon ami, repose en paix combattant de la liberté et de l’État de Droit.

Ton frère et ami Ambroise KOGLO.

Source : www.icilome.com

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