Ferveur des autocrates africains autour de la réélection de Macron

« Un chef d’État qui se parjure n’est pas digne de la fonction du fait de l’exemplarité morale qui l’accompagne » (Togoata Apedo-Amah)

Emmanuel Macron s’est difficilement défait de sa challenger Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en France. Avec 58% des suffrages, Macron est réélu pour un second et dernier mandat. Entre deux « maux », il faut choisir le moindre, conseillait Jean de La Fontaine. Le président sortant, bien qu’impopulaire, était manifestement le moindre mal pour les Français sur lequel la majorité a porté son choix.

Contrairement à la grande majorité des peuples africains qui se sont montrés relativement indifférents, la réélection de Macron a suscité une ferveur chez le club de dictateurs et apprenti-dictateurs africains accros au pouvoir qui multiplient des mandats présidentiels dans leur pays. Ces autocrates se sont bousculés pour féliciter chaleureusement le président français.

On évoquait le message de Faure Gnassingbé, le jeune doyen de l’Afrique de l’Ouest, adressé à Emmanuel Macron. Les autres chefs d’Etat n’étaient pas enreste. Tous ont tenu à se faire remarquer par leur patron français. Paul Biya, Denis Sassou Nguesso, Alassane Dramane Ouattara, Ali Bongo Ondimba, Macky Sall, Paul Kagame, Mahamat Idriss Déby, etc. tous ont tenu à saluer la brillante réélection d’Emmanuel Macron.

«Il m’est particulièrement agréable de vous adresser, en mon nom et celui du peuple camerounais, mes vives et chaleureuses félicitations à l’occasion de votre brillante réélection à la magistrature suprême de votre pays », écrit le dictateur camerounais, Paul Biya. Il poursuit : « En vous confiant ce nouveau mandat, le peuple français confirme son attachement indéfectible aux valeurs qui fondent la République française. Il entend également saluer les efforts en faveur de la justice sociale et du progrès qui ont marqué votre action tout au long du précédent quinquennat ».

Le ton est tout autant élogieux chez Denis Sassou Nguesso, Alassane Dramane Ouattara ou encore Ali Bongo Ondimba qui ont réaffirmé leur entière disponibilité à œuvrer avec Macron au raffermissement des relations entre leurs pays et la France. Le point commun de ces dirigeants qui célèbrent l’élection démocratique en France, c’est que ce sont des dictateurs qui font regresser leur pays, certains à travers le vice de la présidence à vie, d’autres par le parjure du troisième mandat, en violation des constitutions de leur pays qui avaient érigé en dogme la règle des deux mandats présidentiels.

Chaque fois que des élections démocratiques se déroulent ailleurs, les autocrates africains sont prompts à s’extasier, mais jamais on ne les verra copier ce qu’ils considèrent comme des modèles. Au contraire, ils se maintiennent au pouvoir par les élections truquées, les violences, les arrestations des opposants, les violations des droits de l’homme, etc. puisque sous les tropiques, la politique relève du domaine du mensonge, de la forfaiture et de la manipulation.

Emmanuel Macron est de 44 et de 34 ans le cadet de Paul Biya et de Denis Sassou Nguesso. Il est à son dernier mandat et va quitter l’Elysée dans 5 ans alors que les deux dinosaures qui régentent le Cameroun et le Congo Brazzaville quatre (04) décennies durant, s’accrochent encore si fort au pouvoir et ne songent pas prendre leur retraite. Des despotes impénitents qui, ironie de l’histoire, sont soutenus par la France et ses dirigeants.

Médard AMETEPE

Source: Liberté / libertetogo.info

Source : icilome.com

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