Face aux sujets politiques préoccupants de l’actualité : Des positions détonantes de Gilbert Bawara qui trahissent le jeu du pouvoir

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Face aux sujets brûlants de l’actualité bruyamment portés par les forces démocratiques, il est rare d’entendre le parti présidentiel se prononcer. Quand bien même on peut aisément deviner que cet exercice ressemble un travail herculéen au regard des défaillances abyssales dans la gouvernance du Togo, il est important que les gouvernants s’expriment pour mieux livrer le fond de leur pensée.

Le ministre du Travail, de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Gilbert Badjilembayena Bawara, selon le confrère en ligne togobreakingnews, a rencontré une partie de la presse en tant que cadre du parti Union pour la République (UNIR) pour donner sa position sur les réformes politiques, l’Accord Politique Global (APG), les manifestations de l’opposition et des supposées tensions au sein du parti présidentiel.

Bawara face à l’actualité

Le débat autour de l’APG a intéressé M. Bawara qui dit noter avec amusement la fixation de certains acteurs politiques autour de cet accord et estime que ceux qui sont opportunément aujourd’hui les chantres de cet accord n’étaient pas nécessairement les artisans actifs. Pour lui « les objectifs et résultats ont été pleinement réalisés. L’APG continue d’être une référence morale et politique » mais refuse qu’on n’en fasse un dogme en raison de l’évolution du paysage politique.

Pour lui, « c’est une imposture et une supercherie de faire croire faussement, à la population que l’APG contient des solutions toutes faites à la question des réformes politiques ». S’agissant des réformes, M. Bawara demande qu’on laisse la Commission de Réflexion sur les réformes aller au bout de son travail afin de réaliser les réformes par les voies autorisées par la constitution. « La création de cette Commission est en conformité avec les recommandations de la CVJR et elle consacre la possibilité d’un large débat associant non seulement les acteurs politiques, y compris les partis politiques extraparlementaires, mais aussi toutes les autres composantes et les forces vives du pays, voire les citoyens qui s’expriment d’ailleurs librement à l’occasion de la tournée de terrain actuellement en cours.

Ces larges consultations et débats sont de nature à conférer un socle politique et une assise sociale confortables aux propositions de la Commission, mais cette dernière n’est pas une constituante et donc toute adoption des réformes constitutionnelles et institutionnelles se conformera aux dispositions constitutionnelles. Le débat ne sera donc pas épuisé avec la remise des propositions de la Commission, loin de là», avance-t-il.

Concernant des réactions du chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre sur le refus du chef de l’Etat de répondre à ses courriers à lui envoyés, ce cadre de UNIR, dit regretter l’attitude de M. Fabre qui avait boycotté les débats sur la loi portant statut de l’opposition et pense que le Président de l’ANC a manqué plusieurs occasions pour échanger avec le Président Faure Gnassingbé. «Nous avons des occasions et des cérémonies républicaines auxquelles il serait souhaitable que le peuple togolais ait l’opportunité de voir notre classe politique unie et rassemblée au-delà des considérations politiques et partisanes. La célébration de notre fête d’indépendance, des événements douloureux comme ce fut le cas pour rendre hommage à nos braves soldats tombés sur le champ d’honneur pour notre sécurité collective au Mali, les échanges de vœux en fin d’année sont des circonstances où nous devons être soudés au-delà des clivages politiques et des considérations partisanes. Malheureusement ces occasions sont systématiquement boycottées par le Chef de file de l’opposition contrairement aux règles de courtoisie républicaine et en flagrante violation des dispositions de la loi dont il se prévaut », déplore-t-il.

Le ministre de la Fonction Publique se satisfait du bon déroulement des dernières manifestations de CAP 2015 et du PNP mais fustige certaines déclarations inflammatoires et incendiaires aux relents identitaires, communautaires ou ethniques. « Si UNIR avait le sentiment qu’il y a des comportements et des attitudes tendant à fragiliser la République, nous nous mobiliserons pour défendre les valeurs de fraternité, de tolérance auxquelles nous sommes attachés », indique le ministre estimant que le débat politique ne permet pas tout ». A propos de vote de la diaspora, il le trouve légitime mais estime qu’à l’heure actuelle, les conditions ne sont pas réunies pour satisfaire cette demande. Pour finir, M. Bawara déclare qu’il n’y aucune tension à UNIR.

« Il n’y a ni anciens ni nouveaux au sein du parti, et UNIR est plutôt heureuse de pouvoir s’appuyer sur l’expérience riche des aînés, le dynamisme et la fougue des jeunes »», a-t-il indiqué.

Bawara fait du Bawara

Sur tous les sujets, il n’y a rien de nouveau si ce ne sont les provocations habituelles de celui qui se proclame à loisir « ami personnel » de Faure Gnassingbé. C’est le fait que certains n’étaient pas artisans actifs de la signature de l’APG qui empêche sa mise en œuvre ? On peut sensément se demander pourquoi Bawara parle d’imposture et de supercherie lorsque les acteurs estiment que l’APG a tout prévu pour les réformes politiques. La limitation de mandat présidentiel et le scrutin uninominal à deux (2) tours réclamés par plus de 85% des Togolais selon Afrobaromètre ne sont-ils pas prévus par l’APG ? Le reste n’est que subterfuge et dilatoire constipants.

En outre, a-t-on besoin de la Commission de Réflexion sur les réformes et sa tournée en cours pour savoir les réformes dont le Togo a besoin ? Rien qu’à voir les humiliations subies par Awa Nana et sa suite, c’est la preuve par neuf (9) que même le bas peuple comprend la ruse politique du régime.

Concernant les correspondances sans suite de M. Fabre à Faure Gnassingbé, c’est bien curieux que Bawara explique l’absence des réponses par le refus du chef de file de l’opposition de participer à la célébration de la fête de l’indépendance et consorts. Dans toute administration qui se respecte, toute correspondance est traitée. De surcroit lorsqu’il s’agit de la Présidence de la République qui refuse de répondre à des courriers de celui qui a aussi rang de président d’institution de la république, c’est tout simplement de l’indécence politique.

Sur toute la ligne, Bawara a confirmé que le régime ne pense qu’à la conservation du fauteuil présidentiel. On se demande à la fin, s’il faut même prendre en compte les boursouflures langagières de celui qui est incapable de satisfaire les doléances de 200 agents de son ministère.

Kokou AGBEMEBIO

www.icilome.com

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