Expédition punitive dans la ferme de M. Nabourema : Deux jeunes dans un état second

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Expédition punitive dans la ferme de M. Nabourema : Deux jeunes dans un état second


Mercredi dernier, 1er jour des manifestations de la Coalition des 14, loin des échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre dans la capitale, une expédition punitive s’opérait dans une ferme située entre Djagblé et Adétikopé.

La quiétude qui régnait dans cette ferme a été troublée par des visiteurs inconnus. A bord d’une jeep, les forces de l’ordre s’étaient introduites dans l’exploitation agricole appartenant à Bemba Nabourema, Vice-président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et ancien membre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Elles ont tabassé les occupants qui sont pour la plupart des jeunes. Parmi eux, ceux qui, malheureusement, portaient des foulards rouges, ont été brutalement réprimés. Il y a eu des blessés graves, et plus inquiétant, deux jeunes dans un état second sont amenés par des forces de l’ordre vers une destination inconnue. Alerté, le propriétaire s’était rendu sur le lieu et a constaté les dégâts. Il ignore jusqu’alors où sont embarqués les jeunes.

L’expédition qui a eu dans cette ferme, loin des caméras, n’a rien du hasard. Elle ressemble à un plan et révèle l’une des méthodes du régime. D’abord, il faut relever que le propriétaire de la ferme, Bemba Nabourema a eu à souffrir des affres du pouvoir cinquantenaire. Les séquelles déteignent encore sur sa santé. Pour avoir choisi une ligne politique qui ne plaît pas au régime, le Vice-président de l’ANC a connu la prison. Il a subi lors de son séjour carcéral des actes de tortures de la part de ses bourreaux. Ces derniers, visiblement, ne le lâchent pas, comme en témoigne l’expédition punitive dans sa ferme.

Ensuite, la descente musclée sonne comme des représailles contre Farida Nabourema, la fille de Bemba. Farida est une femme très engagée politiquement contre le règne cinquantenaire des Gnassingbé au Togo. Même loin de son pays, elle donne le tournis au régime en place. Beaucoup connaissent son engagement à travers les réseaux sociaux. En plus d’être web activiste, elle descend souvent sur le terrain et apporte son soutien aux sociétés civiles africaines. Au Burkina Faso, en Gambie, entre autres, Farida était aux côtés de ses frères et sœurs africains épris d’alternance au pouvoir. Son combat pour une Afrique libérée des jougs des dictateurs et du néocolonialisme l’amène partout sur le continent.

Cela lui vaut parfois des calomnies sur la toile (c’est aussi l’une des marques de fabrique du régime). Mais quand on a connu un père qui été a torturé jusque dans ses parties intimes, il y a de quoi être révolté. Il y a aussi de bonnes raisons pour que ces systèmes qui rétrogradent les pays africains soient combattus. C’est tout le sens de l’engagement de Farida Nabourema.

Mais le régime cinquantenaire, obtus au changement, lui en veut et tout porte à croire qu’il ne lésinerait pas sur les moyens pour l’atteindre physiquement. Et c’est au regard de tout cela qu’il y a lieu de se demander si à travers l’expédition punitive, la famille Nabourema ne paie pas pour son engagement politique

Source : www.icilome.com

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