Après une première sortie en juin dernier, sept Organisations de la Société Civile togolaise, reviennent à la charge, pour lancer un appel en vue de trouver solution à la crise togolaise. Dans un communiqué rendu public le 20 octobre dernier, le regroupement des OSC fidèle à sa mission d’éveil, invite chaque partie impliquée , pouvoir, opposition, ainsi que la CEDEAO, à prendre leurs responsabilités pour « éviter une prochaine crise au Togo ». Ci contre la note.
MESSAGE DU GROUPE DE 7 OSC SUR L’EVOLUTION
DE LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE TOGOLAISE
« Evitons une prochaine crise au Togo! »
La dernière crise sociopolitique déclenchée depuis le 19 Août 2017, a encore plongé le Togo dans une situation d’instabilité politique. Le 27ème dialogue ouvert le 19 février 2018, entre les différents protagonistes impliqués dans cette crise, peine à aboutir et laisse perplexes de nombreux Togolais dont le G7.
Les espoirs placés dans la feuille de route proposée par les chefs d’Etats lors de la 53ème session de la CEDEAO tenue à Lomé le 31 juillet 2018, pour une sortie de crise, demeurent. Les étapes clés rencontrent des blocages. On pourrait donc s’inquiéter quant à la mise en œuvre effective de la feuille de route qui, rappelons-le, ne concerne pas que les élections.
Le mal togolais est-il autant ingérable ? Comment expliquer qu’à chaque fois qu’une avancée est constatée, qu’elle soit aussitôt remise en cause ? Les négociations sont-elles mal faites entre les acteurs politiques ? A quand la sortie de crise ?
Au regard de ces divers questionnements, le G7, dans son rôle de veille et d’éveil, tient à attirer l’attention des différents acteurs engagés dans la résolution de cette crise, que la situation sociopolitique du Togo, va de mal en pis, nonobstant le calme apparent qui prévaut.
En effet, la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO connait des difficultés qui peuvent entrainer une prochaine instabilité plus grave, si elles ne sont pas résorbées.
Aussi, le processus électoral dans lequel le Togo s’est engagé bat de l’aile, à cause des multiples incompréhensions qui minent les préparatifs et le fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Cet état de choses n’est que la résultante de la précipitation avec laquelle les élections ont été lancées, malgré les nombreuses alertes de la société civile.
Dans sa déclaration du 18 juin 2018, le G7, avait très tôt exprimé ses inquiétudes en précisant que« pour une bonne préparation des élections, et surtout pour un processus apaisé, une rallonge raisonnable du délai constitutionnel pourra contribuer, malgré le retard accusé, à favoriser l’avancement du dialogue, et à garantir aux citoyens togolais une stabilité politique et une relance effective de la vie sociale et économique ».
Il a, par ailleurs, relevé dans son document-analyse sur la feuille de route à la page 10, comme une des insuffisances, le délai court accordé à l’organisation des élections.
Toutes les recommandations relatives aux mesures de confiance et d’apaisement et à l’adoption des réformes constitutionnelles telles que proposées dans la feuille de route, semblent ne pas pouvoir se matérialiser expressément.
Soucieux de la stabilité du Togo, le G7 :
– Demande vivement au comité de suivi de la feuille de route, au parti au pouvoir UNIR et à la C14, une accélération autour des points liés à l’adoption des réformes constitutionnelles avant la tenue des élections législatives et locales ;
– Invite le comité de suivi de la feuille de route à accompagner davantage UNIR et la C14 vers une discussion complète et franche autour de la prise de fonction de leurs membres devant siéger à la CENI, en prenant en compte les points de discorde sans oublier les conditions nécessaires pour une bonne organisation des élections locales et législatives ;
– Plaide auprès du gouvernement, au nom du dialogue, pour la concrétisation des mesures d’apaisement par l’accélération des procédures judiciaires en vue de la libération des détenus politiques restants y compris Joseph EZA, Mensenth KOKODOKO, Assiba JOHNSON, et Foly SATCHIVI;
– Appelle la communauté internationale, à briser le silence pour une sortie de crise effective, car tout appui post conflit, après un quelconque rebondissement de la crise actuelle, serait tardif, et serait, par conséquent, considéré comme inopportun.
S’il est vrai que les élections sont importantes pour le Togo, il est aussi vrai que les élections organisées dans un climat de désaccord constituent un grand risque pour la stabilité du Togo.
Le G7 attire l’attention de tous les acteurs impliqués dans cette crise que la stabilité ou l’instabilité du Togo dépend de l’attitude et des décisions que chacun aura à prendre en son âme et conscience, dans cette situation de crise qui perdure.
Et pour cela, veillons donc à construire le présent et l’avenir de notre pays dans une démarche objective et citoyenne. Nous n’avons que le Togo comme patrimoine commun.
Fait à Lomé, le 19 Octobre 2018
Ont signé:
Mme AMEDZENU Da-do Nora de WANEP Togo
KEPOMEY Déla F. du CNSC-Togo
HADEN Bruno de l’ACAT-TOGO
NYAKU Koffi Ghislain du CACIT
Mme AGOUNKE J. Kekeli de REPSFECO-TOGO
Père Gustave SANVEE du CEJP Togo
DOSSOU YVES de SADD
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