Evala 2018 : Quand les arènes se transforment en terrain politique

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Jeudi dans la préfecture de la Kozah, plus précisément à Kara, lors de la finale à Pya à laquelle assistait Faure Gnassingbé, une scène pour le moins insolite s’est produite. Dans une vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux, des lutteurs, arborant des T-shirt rouge, dansaient et chantaient une chanson satirique dans laquelle ils se moquaient publiquement du président du Parti national panafricain (PNP), Tikpi Atchadam, en présence de Faure Gnassingbé qui semble se délecter du spectacle avec un sourire.

Aujourd’hui, les Togolais donnent le mérite à Tikpi Atchadam pour avoir relancé la lutte pour l’alternance politique au Togo en organisant de grandes manifestations synchronisées dans les 5 grandes villes du pays le samedi 19 août 2017.

Dans cette vidéo que certains internautes qualifient de « provocation politique », les Evala de Pya raillaient le président du PNP : « Où est Atchadam ? ». Et dans la réponse qui suivait, ils scandaient gaiement : « Atchadam a fui ».

C’est vrai qu’il est de coutume que lors des luttes en pays Kabyè, les lutteurs composent des chansons de circonstance pour provoquer le camp adverse. Sauf que dans le cas d’espèce, le morceau en question où il est dit qu’ « Atchadam a fui » est tout simplement curieux. A plus forte raison qu’aucun des deux camps qui participaient à cette finale ne s’appelait « Atchadam ».

Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que le chef de l’Etat, devant qui ces lutteurs prenaient le malin plaisir de railler Tikpi Atchadam, adorait presque la scène. Il n’a rien dit pour recadrer ces jeunes Kabyè qui, malheureusement, transportent la politique sur le terrain culturel. Au contraire, il n’a fait qu’esquisser un sourire montrant à suffisance qu’il cautionnait l’acte de provocation que posaient ces Evala.

Commentant la vidéo qui fait actuellement le tour des réseaux sociaux, plusieurs leaders d’opinions ont condamné une « provocation puérile ».

« J’espère qu’un jour, le voile de la manipulation, le voile de la peur, le voile de la culture de la médiocrité et du désir de complaisance sera levé sur certains peuples au Togo. J’espère que ce jour-là, il ne sera pas trop tard pour comprendre que les citoyens togolais continuent par soutenir un régime qui a brisé l’espoir de tout un peuple.

Ceux qui ont dansé et scandé contre le responsable du PNP, ça n’est pas mon problème. Mais, je vous dis que ces mêmes personnes, lorsqu’on les placera dans un isoloir pour désigner entre Atchadam et le Président Faure, je suis sûr que parmi ces personnes, il y aura des gens qui porteront leur voie sur Atchadam », a déclaré Me Raphaël Kpandez-Adzaré sur la radio Victoire Fm hier.

Considérée comme le fief du régime RPT-UNIR, la ville de Kara (420km au Nord de Lomé) est l’un des symboles de l’échec de 53 ans de gouvernance de la dynastie des Gnassingbé. C’est l’une des villes les plus pauvres du pays, avec des infrastructures en dégradation continue ou presqu’inexistantes.

« Allez-y voir, c’est là où la misère respire. C’est le lieu où on touche du doigt la misère », a ajouté le 2e porte-parole du Front Citoyen Togo Debout.

Godfrey Akpa

Source : www.icilome.com

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