Elections locales: les preuves de fraudes enfin révélées dans l’Ogou

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Dans notre parution N°2944 du 20 juin 2019, nous avons fait l’écho du déroulement des campagnes électorales du parti au pouvoir dans la préfecture de l’Ogou où deux camps se sont disputé les candidatures pour les élections locales. Pour trancher l’affaire, les candidats des deux listes ont été proclamés gagnants sur une liste mixte. Mais voilà, on y retrouve des non candidats.

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Après deux bagarres qui ont opposé les pro Major Kouloum aux pro ministre Aïdam pour les candidatures dans la préfecture de l’Ogou, l’accalmie était revenue. Mais depuis mercredi, elle semble tirer vers sa fin. Et pour cause, les résultats définitifs proclamés par la Cour Suprême du Togo font resurgir l’inimitié entre les deux camps. « La Cour suprême a proclamé vainqueurs les gens qui n’ont pas été candidats et qui n’ont pas battu campagne. Par quel miracle ces noms se sont-ils retrouvés sur les listes transmises à la Cour Suprême pour être proclamés ? Comment une personne qui n’est pas candidate peut se retrouver gagnante d’une élection à laquelle elle n’a pas participé ? C’est avec grand étonnement que nous avons accueilli la nouvelle », déclare un natif d’Atakpamé.

En réalité, les soupçons des filles et fils de l’Ogou par rapport aux manipulations des listes au sein de l’UNIR dans le cadre des élections locales peuvent être généralisés à tout le Togo. Premièrement parce que dans certaines communes, les listes RPT/UNIR ont été autorisées à figurer sur les bulletins de vote après avoir été rejetées par les Commissions électorales locales indépendantes (CELI). Dans d’autres CELI, elles n’ont même pas existé. Deuxièmement, il y a un fait qui soutient ces soupçons. C’est que lors des campagnes électorales, les affiches des candidats du RPT/UNIR ont été inexistantes, contrairement aux autres partis qui ont mis en avant les personnalités briguant les sièges en jeu. Le pouvoir a plutôt misé sur le parti et non les candidats. Et finalement, on ne savait plus qui était candidat et qui ne l’était pas. C’est ce qui a été fait à Atakpamé, pour brouiller les pistes et laisser les deux camps dans l’incertitude.

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Mais ce qui a été constaté par les militants UNIR, c’est qu’un camp s’est retiré des campagnes électorales, pour, dit-on, handicaper ceux qui y participent. « Ce que nous avons constaté, c’est que lorsque les bagarres ont eu lieu entre les militants des deux camps, ceux qui sont pour la liste proposée par le Major Kouloum ont décidé de ne plus faire campagne. Les éléments du Major qui faisaient du bruit se sont mis à l’écart. Personne d’entre eux n’a plus été vu sur le terrain », confie notre source.

Pour exprimer leur mécontentement, les pro Kouloum auraient plutôt battu campagne contre les listes pro Aïdam, en demandant aux militants et à leurs proches de faire un vote sanction. « Ils ont clairement dit de voter contre UNIR parce qu’ils ne font plus partie de la course », assure la source.

Mais les résultats proclamés par la Cour Suprême, au lieu de confirmer la « victoire » de ceux qui ont battu campagne, ont plutôt servi à départager les deux camps. Selon les informations, les candidats des deux camps se retrouvent sur les mêmes listes comme conseillers communaux élus. «Nous sommes finalement surpris des résultats. Comme pour départager les deux camps, la Cour a proclamé des listes mixtes. On a pris les têtes de liste des partisans du ministre Georges Aïdam et on y a ajouté quelques éléments pro Kouloum. Le mélange a été fait sur les différentes listes pour ne frustrer aucun camp », précise la source.

Elle apporte des précisions par rapport aux résultats proclamés pour le compte de l’Ogou. D’abord, les listes UNIR dans cette localité auraient été corrigées au niveau de la Cour Suprême, après clôture officielle des candidatures. Ensuite, dans la Commune Ogou 1, les 8 conseillers municipaux élus n’étaient pas tous candidats, des intrus ayant été ajoutés au détriment des vrais candidats. Pour ce qui est de la Commune Ogou 3, la tête de liste UNIR a été même supprimée et remplacée par une autre personne.

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Depuis des années, le camp du ministre Georges Aïdam plaide pour que le tristement célèbre Major Kouloum laisse la gestion de la ville d’Atakpamé aux natifs du milieu. Ce à quoi s’oppose catégoriquement l’ancien gendarme. Et par ses résultats, la Cour Suprême n’a fait que jeter l’huile sur le feu. Les mécontentements s’expriment déjà et risquent de pourrir la vie aux populations d’Atakpamé.

Dans tous les cas, cette affaire suscite de nombreuses interrogations quant à la probité des différents acteurs impliqués dans l’organisation du processus électoral. La Cour Suprême et ses juges ont-ils été dupés ? Sont-ils complices ? Existe-t-il une Commission électorale nationale indépendante (CENI) parallèle à celle que préside Tchambakou Ayassor ? Autant de questions qui discréditent le processus électoral et confortent ceux qui l’ont déclaré mal organisé.

G.A.

Source : Liberté No.2964 du 19 juillet 2019

Source : Togoweb.net

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