Concours d’État: le népotisme désormais érigé en règle!

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Le Népotisme dans tous ses états, désigné au Togo comme le
«Mèdèfrèrisme », représente aujourd’hui une tendance extrêmement lourde
en Afrique de manière générale. Au Togo en particulier, il est flagrant
par les temps qui courent. S’exprimant selon divers courants et
territoires, on l’observe de plus en plus dans tous les domaines, et
spécifiquement au plan des divers concours qui ont lieu.

Dernièrement, avec les concours lancés par le gouvernement dans les
divers domaines (santé, éducation, administration), les diplômés ont
ainsi vu une opportunité de sortir du chômage qui est un véritable
problème au Togo. Mais force est de constater que les résultats de ces
concours sont très souvent truqués. Nous l’avons constaté dernièrement
avec les doublons retrouvés dans la liste des admis du concours passé de
l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) ; un exemple parmi tant
d’autres. Selon certaines indiscrétions, lorsque ces concours sont
lancés, les ministres et les députés se retrouvent entre eux et chacun
propose des noms de candidats qui se comptent parmi leurs enfants,
frères, cousins, neveux, nièces ou protégés.

Et ces personnes, sans forcément avoir les compétences nécessaires,
sont admises d’office avant même l’évaluation. Des pratiques souvent
connues mais dont personne n’en parle. Conséquence : elles se
pérennisent et cause du tort aux candidats n’ayant personne sur qui
compter et affecte la qualité de l’administration et des services.

En effet, la sélection aux différents concours au Togo est très
sujette à caution car étant l’illustration parfaite du pouvoir et de
l’importance des affinités et des relations des candidats ou non, aux
divers examens.

S’il est suffisant d’être le neveu du (ou de la) Ministre ou encore
d’être dans ses bonnes grâces, ou être proche du parti au pouvoir,
activiste ou proche d’un cadre du parti pour être de facto admis à un
concours, dont on est parfois pas candidat; il y’a lieu de s’interroger
sur le sort du fils de la ménagère ou de la fille du paysan. Ceux-ci ne
jurent que par leurs compétences et leur foi, qui de surcroît font
l’objet de tous les espoirs et de toutes les attentes ; mais qui bien
souvent vont de déceptions en déceptions; désorientés après de multiples
échecs immérités.

Lorsque le culte de l’excellence fait place à celui du népotisme, le
»mérite » perd tout son sens et c’est le deuil des talents qui
s’installe, tirant tout un pays et toute une génération vers le bas.

Là se trouve le réel défi auquel nous faisons face, à l’heure où
notre pays clame avoir le vent en poupe et a le plus besoin de
compétences capables de répondre efficacement aux défis de l’heure.

Il est bien connu pour avoir été brillamment démontré par des pays
comme Singapour, Taiwan ou encore la Corée du Sud, que c’est en
investissant massivement, avec vision et rigueur dans l’éducation et la
formation, qu’un pays se développe.

Encore faut-il garder à l’esprit, qu’il est totalement incongru de
prétendre à une éducation de qualité lorsque la chance du méritant est
constamment sabrée.

Diane Olobi

Source : L’Indépendant Express

Source : Togoweb.net

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