Communalisation/Préfecture de Doufelgou-Ouest : Menaces sur des cadres

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Communalisation/Préfecture de Doufelgou-Ouest : Menaces sur des cadres


L’affaire de déchirement de Doufelgou autour du chef-lieu de commune continue de faire boule de neige. Dans notre parution N°705 du 25 mai 2018, nous avions attiré l’attention de l’opinion sur la tension qui couvait dans cette localité et bien d’autres suite à une nouvelle loi sur la décentralisation (charcutage des collectivités existantes engendrant la dissolution des villes chefs-lieux des préfectures dans une nébuleuse de communes) votée unilatéralement par la majorité parlementaire RPT/UNIR en vue de satisfaire la vision électoraliste du pouvoir en place.

Nous avions titré : « Création des communes : Doufelgou se déchire autour du chef-lieu » et écrit : « Dans la préfecture de Doufelgou, une atmosphère de méfiance s’est instaurée entre les populations des cantons de la zone ouest (Léon, Alloum, Kadjalla et Tchoré) et celles de Defale à cause de l’octroi de chef-lieu de commune. L’on craint que cela ne dégénère à des affrontements dans cette localité. En ce qui concerne cet octroi de commune et de son chef-lieu dans cette localité, il ressort que lors du premier découpage, il est prévu deux chefs-lieux de commune dans la préfecture de Doufelgou, notamment l’un pour la commune de Niamtougou et l’autre pour la zone ouest. Mais à la grande surprise des populations de la zone ouest, un deuxième découpage a été ordonné, selon des sources concordantes, par un haut cadre, membre influent de l’UNIR et natif de Defale, et suite à ce nouveau découpage, Defale deviendra chef-lieu de commune au détriment de la zone ouest. Non contents de cette manœuvre, les chefs de canton de la zone ouest ont adressé, le 24 février 2018, un courrier au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales avec ampliation au président de la République pour exprimer leur mécontentement et exiger qu’on tienne compte du premier découpage pour octroyer le chef-lieu de commune ».

Suite à notre article qui a donné et continue de donner la migraine à certains pontes de cette localité, une délégation conduite par le ministre Gilbert Bawara s’est rendue, le 14 juillet 2018, à Doufelgou-ouest en vue de convaincre les populations à avaler la manœuvre du très célèbre baron UNIR de Défalé. Mais, la délégation avec à sa tête l’homme sur qui le pouvoir en place compte pour régler le problème de commune et de son chef-lieu qui divise les Lamba, a été proprement humiliée par les habitants de Léon. « Sortie massivement pour l’accueillir, cette population qui vit dans la misère ambiante attendait un discours d’apaisement, c’est-à-dire le transfert de commune érigée illégalement à Défalé vers Doufelgou-ouest. Mais, à sa grande surprise, ce sont des fausses promesses qu’elle est allée lui tenir », a révélé notre source qui a précisé que la population très déterminante est parvenue à arracher la parole au ministre pour exprimer son ras-le-bol en ces termes : « Trop, c’est trop. A chaque fois que vous venez ici, c’est pour nous tromper. Aujourd’hui, vous êtes encore là pour tenir des fausses promesses. Nous voulons la Commune ou rien. Si la Commune ne nous revient pas, que personne ne vienne nous parler des prochaines élections ».

Devant la colère des populations de Léon, précise notre source, le ministre Bawara a quitté précipitamment les lieux. La même source révèle qu’une autre délégation constituée du Col Gnama Latta, de Yao Kanekatoua (cité dans une enquête pour avoir dissimulé une importante somme d’argent dans une banque suisse) et du député de l’UNIR Labitoko, s’est rendue à Alloum et Kadjalla (deux cantons de Doufelgou-ouest) avec pour mission de flouer les populations par le projet de bitumage du tronçon Tchitchao-Sarakawa-Kante, situé sur la nationale N°1; mais elle a été confrontée a la colère des populations de ces localités.

Aussi nous revient-il que parmi les hommes les plus détestés par les populations de la zone ouest, figure en bonne place le député Labitoko de l’UNIR. Après s’être fait élire depuis 2013, il n’est jamais retourné auprès de ces populations pour leur témoigner sa reconnaissance. A l’annonce des élections législatives à venir, il multiplie des rencontres avec les cadres de Doufelgou-ouest pour les convaincre d’aller apaiser en son nom les habitants de cette zone. Pour lui, son attitude vis-à-vis de ces populations répond à la « discipline » de son parti. Mais, des sources concordantes révèlent que ce qui fait actuellement la force des populations de la zone ouest est leur union, leur détermination ainsi que le soutien de leurs frères de Kanté et certains fils de Défalé acquis à leurs causes.

Le « Grand baron » de Défalé, le nœud du problème

Dans un précédent dossier relatif aux accrochages à propos du chef-lieu de commune à Doufelgou, « L’Alternative » a mis à nu les manœuvres de l’ « ex-puissant argentier du Togo » dans cette préfecture pour viabiliser Défalé qui n’est qu’un petit village situé sur la montagne. Son désir, c’est que son cher « Défalé » devienne une sous-préfecture. Il est vu comme celui qui serait à l’origine du litige entre les Lamba et les Naouda. On lui reproche de vouloir prendre une partie de Baga et une partie de Kantè (Sare) en faveur de Défalé. Il serait même également pointé du doigt pour avoir proposé la construction du contournement de son village au détriment de la réhabilitation de la nationale N°1 (de Sarakawa en passant par les cantons de la zone ouest pour déboucher sur Kantè).

Selon les indiscrétions, ce fameux projet devra permettre à sa localité d’être désenclavée en vue d’être érigée en chef-lieu de commune au détriment des cantons de la zone ouest. Pour que ses objectifs soient atteints, il aurait œuvré pour que Tchoré, un petit village du canton de Kadjalla, soit détaché de celui-ci et non seulement rattaché à Défalé, mais aussi érigé en canton. Des sources concordantes affirment que la manœuvre consistant à affaiblir la grande zone ouest a été mise en exécution à l’insu des cadres et du chef canton de Kadjalla. C’est ainsi qu’il a doté chaque maison de Tchoré de lampadaires. « Pourtant il n’y a que 5 lampadaires dans les trois cantons (Kadjalla, Aloum et Léon). Il a promis 02 forages à Kadjalla, mais à ce jour, ces forages ne sont pas réalisés », a révélé une source.

A Lomé, des réunions se tiennent sous l’égide du Colonel Gnama Latta en vue de régler le litige entre Baga et Défalé. Le but est de définir des stratégies pour apaiser les populations de Baga avant les prochaines élections législatives. Il nous revient aussi que les habitants de cette localité seraient très remontés contre les agissements du « Grand baron » de Défalé et jurent de tourner le dos au parti auquel il appartient. C’est pour ne pas perdre cet électorat que les copains de cet ex-ministre s’organisent. Le Colonel Gnama Latta réussira-t-il la mission qui lui est confiée ? Telle est l’inquiétude des natifs de Doufelgou. « Rien n’est sûr, vu que sa délégation du 14 juillet dernier a été cueillie à froid par les populations de ces localités. Ces habitants ne reviendront pas à de meilleurs sentiments si le chef-lieu de commune ne revenait pas à Doufelgou-ouest », a confié une source.

Des cadres de Doufelgou-ouest menacés

Non seulement le baron UNIR de Défalé cherche à faire de sa localité une cité sur la montagne en œuvrant pour qu’elle soit le chef-lieu de Commune de Doufelgou-ouest, mais aussi il s’investit pour que les cadres de la zone ouest perdent les postes de responsabilité qu’ils occupent. Il se raconte qu’aucun d’entre les fils des quatre cantons ne peut accéder à un poste de responsabilité sans son aval. Sa stratégie est de faire des cadres de Défalé des élites de sorte que si on veut parler des cadres Lamba, que ce soit ceux de son village. Le seul cadre qu’il chercherait actuellement dans la zone ouest de Doufelgou pour avoir la mainmise sur les projets et les détourner en faveur de son village serait Ferdinand Tchamsi, ex-DG des Travaux Publics, celui-là même qui a permis à sa localité de bénéficier d’un Lycée et bien d’autres structures.

Ferdinand Tchamsi, ingénieur de son état, consultant en infrastructures économiques aurait voulu que la nationale N°1 soit réfectionnée pour que les accidents dans les monts Aledjo et Défalé soient réduits considérablement. Selon lui, cela permettra aux opérateurs des pays de l’hinterland de venir vers notre port, mais aussi cela impactera positivement ses recettes. « Les pays de l’hinterland auraient voulu préfinancer le bitumage de ce troncon, mais l’ex-ministre des Finances n’a pas vu cela d’un bon œil parce que ces projets de bitumage portaient la signature de Tchamsi », a indiqué une source qui a précisé que ce dernier avait même reçu des menaces de la part du baron de Défalé. Selon les mêmes informations, le « puissant » de Défalé aurait donné des instructions au ministre des Travaux Publics d’alors de démettre Ferdinand Tchamsi de son poste, autrement, il perdrait lui-même son poste ministériel. C’est alors que l’ex-DG du Fonds d’entretien routier (FER) a été démis de ses fonctions. « En commençant, en 2005-2006, par mettre en exécution le projet de bitumage du contournement de Defale qui devrait passer par Tchithao-Sarakawa-Kpesside-Leon-Alloum-Kadjalla-Awande et Kante, Tchamsi s’est vu bloquer dans son élan, juste parce que le « Grand baron » de Defale avait l’intention de détourner ce projet. Pour ce faire, il fallait qu’il quitte le FER. C’est ainsi que ces détracteurs ont trouvé des alibis fallacieux pour le débarquer de cette structure », a noté une source.

Source : www.icilome.com

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