Cinq enfants tués dans les inondations de Conakry

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Des inondations provoquées par des fortes pluies ont causé la mort de cinq enfants dans la nuit du 17 au 18 mai, à Conakry, capitale de la Guinée. La conséquence d’une mauvaise gestion des déchets, selon notre Observatrice.

Les enfants dormaient lorsqu’un mur de leur maison s’est effondré sur eux, sous la pression d’un torrent d’eau de pluie et de déchets, dans le quartier de Dabondy dans commune de Matoto, à Conakry. Fatoumata Chérif, blogueuse guinéenne à l’initiative de l’opération « Selfie déchets » depuis 2017, s’est rendue sur place le lendemain de l’inondation pour diffuser des images des dégâts sur les réseaux sociaux.

« Cette inondation doit devenir un cas d’école »

Pour elle, c’est avant tout la masse de détritus non collectés qui a conduit à ce drame :
L’eau de pluie ne pouvait pas ruisseler dans les caniveaux car les ordures s’y sont accumulées et elle a donc emprunté un autre chemin.

Les caniveaux servent de dépotoirs, c’est très difficile de faire comprendre aux gens que ce ne sont pas des endroits où jeter les déchets. De plus dans ce quartier, de nombreuses maisons ont été construites directement sur les caniveaux, ce qui a contribué à les obstruer. Ces enfants sont donc des victimes des déchets.

« On attend la catastrophe pour agir »

Le 19 mai, la mairie de Matoto a entrepris la démolition d’habitations pour « libérer le passage de l’eau ».

Il faut aller au-delà de la destruction des maisons. On attend la catastrophe pour agir, l’Etat intervient dans l’urgence mais il faut penser à apporter une solution à ce problème.
Il faut repenser l’aménagement de ces quartiers pour trouver d’autres modèles de construction qui n’empêcheraient pas le bon fonctionnement des caniveaux, qui permettraient qu’ils soient bien réservés à l’écoulement de l’eau.

Mais il est surtout impératif d’améliorer la collecte des déchets : ce sont des petites entreprises privées qui s’en chargent, parfois en camion mais le plus souvent en tricycle ou en charrette. Dans ce quartier la collecte n’est pas régulière parce qu’elles ont des difficultés à accéder aux ménages : la route est accidentée et les maisons sont les unes sur les autres. Alors les gens se débarrassent de leurs ordures par eux-mêmes.

Cette inondation doit devenir un cas d’école, il faudrait par exemple installer des bennes publiques pour que les gens puissent venir eux-mêmes jeter leurs déchets, sans dépendre des entreprises de collectes. Si la gestion des déchets n’est pas repensée, les gens vont recommencer à boucher les caniveaux malgré la peur des inondations. Quand on voit les dégâts qu’il y a eu après une nuit de pluie, imaginez s’il pleut pendant 24 heures…

Source : www.cameroonweb.com

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