Boycott des législatives de 2018: la C14 regrette déjà!

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C’était prévisible, avec une Assemblée nationale en majorité UNIR et alliés, les espaces de liberté dont disposent les Togolais vont être restreinte, surtout que le régime reste dans la logique de conservation du pouvoir. Le vote de la loi portant modification de la loi 2011-010 du 16 mars 2016, hier mercredi, en est l’illustration parfaite de cette situation. A qui la faute ?

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L’une des
conséquences directes du boycott des élections législatives du 20
décembre 2018 par l’opposition est que l’Assemblée nationale est
aujourd’hui composée en grande partie des députés du pouvoir en place et
ses alliés.

A travers cette configuration, l’Union pour la
République (UNIR), le parti présidentiel créé sur les cendres du
Rassemblement du peuple togolais (RPT), compte mener la vie dure à
l’opposition. Et ainsi continuer à gouverner, malgré le fait que la
majorité des Togolais exige un changement, une alternance au sommet de
l’Etat.

Le premier exemple reste la réforme constitutionnelle
adoptée tout récemment dans l’hémicycle qui autorise Faure Gnassingbé,
arrivé au pouvoir en 2005 à la suite du décès de son père qui a dirigé
le Togo pendant presque quatre décennies, de briguer encore au moins
deux autres mandats à partir de l’année prochaine. Le fait que le
compteur soit remis à zéro pour le fils d’Eyadéma Gnassingbé, reste au
travers de la gorge de l’opposition dite radicale. Et cela n’est que la
première étape de l’intention du pouvoir.

Lire aussi: «Le MRC va faire une alliance avec UNIR pour bloquer la C14»

L’estocade est arrivée
ce mercredi 7 août. A l’Assemblée nationale, la loi Bodjona a été
édulcorée, sa quintessence a été vidée au profit des dispositions
liberticides, qui restreignent considérablement la liberté de manifester
publiquement.

« Dans le cadre des réunions ou manifestations ou
réunions pacifiques publiques, l’itinéraire comporte un seul point de
départ, un seul tronçon de route et un seul point de chute », stipule
clairement l’article 9-1 de la nouvelle loi.

Les manifestations
publiques sont désormais interdites sur « les routes nationales », « les
axes et zones où se déroulent de fortes activités économiques, dans les
centres urbains, « les axes et zones proches des institutions de la
république », « les axes et zones proches des chancelleries et
résidences des ambassadeurs et représentants d’organisations
internationales », « les axes et zones proches des camps militaires et
des camps de service de sécurité ».

Ces nouvelles dispositions
restreignent les conditions de manifestation pacifique, seule arme dont
semble disposer de nos jours l’opposition. Cette dernière doit regretter
d’avoir appelé au boycott du scrutin législatif de 2018, et d’avoir
refusé de siéger à la Commission électorale nationale indépendante
(CENI).

Lire aussi: Locales 2019: les implications du vote pour Fabre et la C14

Ce n’est pas la première fois que le boycott de l’opposition débouche sur un boulevard qu’exploite à son profit le pouvoir. Tout le monde se rappelle l’épisode de 2002 où l’opposition avait refusé de participer aux législatives à l’issue desquelles le verrou de limitation de mandats présidentiels a été sauté pour permettre au « Timonier » de briguer un mandat de plus.

Peut-être que le régime de Faure Gnassingbé n’a pas encore fini ses exploits, avec l’actuelle Assemblée nationale. D’autres surprises pourraient encore arriver.

A.H.

Source : Togoweb.net

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