Au CHU Sylvanus Olympio, le couvre-feu fait l’affaire des médecins

Le couvre-feu décrété par le gouvernement du 20 décembre 2020 au 3 janvier 2021 et allant de 22 heures à 5 heures du matin ainsi que l’interdiction de la consommation de boissons dans les bars, ont eu beaucoup d’effets positifs sur la vie des citoyens togolais.

Au-delà des effets positifs constatés sur la propagation du virus de la Covid-19, ces mesures ont également fortement contribué à une baisse des cas d’accidents de circulation sur les routes togolaises, en particulier dans le Grand Lomé.

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Enquête…

Les chiffres rendus publics par le service des urgences du Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio, sont révélateurs de ce constat. Selon le CHU Sylvanus Olympio, du 24 décembre 2020 au 2 janvier 2021, le service des urgences a reçu au total, cent dix (110) personnes blessées dans des accidents de la route.

Ce qui représente une légère baisse par rapport à l’année écoulée (2019-2020) qui avait enregistré à la même période, cent cinquante-six (156) victimes des accidents de la route.

S’agissant de la gravité de ces accidents, les premiers responsables du CHU Sylvanus Olympio notent également une baisse du nombre de blessés graves par rapport aux années précédentes.

« Cette année, c’est un peu mieux », a laissé entendre Grégoire Anani Abalo, chef de service de Traumatologie au CHU Sylvanus Olympio au cours de l’émission « Citoyens de la route » sur la télévision nationale (TVT).

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D’après lui, les dates auxquelles les traumatologues sont très sollicités, vont du 24 décembre au 1er janvier de chaque année. « Des accidents très graves se produisent à ces dates précises, parce que les gens conduisent en état d’ivresse à cause des fêtes de fin d’année », a-t-il mentionné.

Les mesures prises par les autorités à l’approche des fêtes de fin d’année pour lutter contre la Covid-19, ont eu des répercussions « positives » sur l’état de la sécurité routière au Togo, analyse ce médecin. «Parmi les accidentés reçus au CHU, il y avait des blessés graves, mais l’affluence n’était pas semblable à celles des années précédentes », a-t-il fait observer.

Le défaut d’assurance, un autre élément important

Le défaut d’assurance automobile est une réalité au Togo. Même si le législateur a fait de l’assurance des engins, une « obligation », ce n’est pas toujours le cas dans les faits.

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L’Article 1 de la loi N°87/06 du 03 juin 1987 stipule que : « Toute personne physique ou toute personne morale autre que l’Etat et les Collectivités publiques locales, dont la responsabilité civile peut être engagée en raison des dommages subis par des tiers résultant d’atteintes aux personnes ou aux biens dans la réalisation desquels un véhicule terrestre à moteur ainsi que ses remorques et semi-remorques, est impliqué doit, pour faire circuler lesdits véhicules, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité dans les conditions…) ». Mais peu de citoyens respectent cette mesure ou renouvellent régulièrement leur assurance. Et ce sont les victimes qui en paient le prix fort, indiquent les médecins.

« Si on prend par exemple trois motos impliquées dans les accidents de circulation, peut-être une seule aura son assurance à jour. De même, il y a des voitures qui ne sont pas assurées, mais qui circulent dans nos villes. Alors c’est une situation très grave. Lorsque tu causes un accident et que ton engin n’est pas assuré, tu dois débloquer de l’argent de ta poche. Or avec la pandémie qui a accentué la crise économique partout, si on demande à quelqu’un de sortir l’argent de sa poche pour soigner un blessé, c’est très difficile pour lui. Donc le seul conseil que j’ai à donner aux citoyens est que lorsqu’on monte dans sa voiture ou sur sa moto, il faut être sûr que l’engin est assuré. Cela vous protège vous, et protège également ceux qui par malchance seront victimes d’accident causé par votre voiture ou moto », indique Dr Abalo.

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« Si au moins 80% des engins étaient assurés dans le pays, nous pouvons faire un plaidoyer vers les compagnies d’assurance pour mettre en place un système qui permettra de prendre en charge tous les blessés de la route. Là, nous n’aurons pas à voir tous ces patients qui sont blessés et se trouver dans l’impossibilité de les traiter parce qu’on leur dit de débourser de l’argent de leurs porches », déplore le Chef de service de la Traumatologie du CHU Sylvanus Olympio.

Bilan de l’année 2020

Selon les chiffres rendus publics le 21 janvier 2021 par le Ministère de la Sécurité et de la protection civile, 7 130 cas d’accidents ayant occasionné 9 514 blessés et 576 décès ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national au cours de l’année 2020. Et 70% des personnes décédées sont des motocyclistes d’après le Ministre Yark Damehane. Ces chiffres doivent interpeller la responsabilité de tous.

Une prise de conscience s’impose !

Devant cette situation, le seul moyen qui nous reste en vue de réduire le nombre des accidents de circulation dans le pays, reste une prise de conscience, notamment au niveau du respect du Code de la route.

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Les accidents de circulation étant à la base de centaines de morts dans le pays, les conducteurs sont donc invités à proscrire tout comportement qui mettrait leur propre vie et celles des autres usagers en danger. Ces comportements sont entre autres, les excès de vitesse, les dépassements défectueux, la violation des feux tricolores, l’usage de téléphone portable au volant, la surcharge, le refus de la priorité et surtout la conduite en état d’ébriété…

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Source : Togoweb.net

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