A-t-on besoin d’une tournée nationale pour opérer les réformes ?

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La question brûle les lèvres depuis la sortie de la Commission de réflexion sur les réformes présidée par Awa Nana qui annonce une tournée nationale en vue de recueillir les propositions des uns et des autres sur les réformes politiques. Pour des réformes prévues par l’APG depuis 2006 et qui restent aujourd’hui le centre de tous les débats, on prévoit d’abord une tournée pour ça, plus de 20 ans après.

Recueillir les avis ou les propositions de qui, pour faire quoi ? Se demandent des observateurs. Ce n’est plus un secret pour personne. Les Togolais, dans leur majorité, sont pour ces réformes (plus 85% selon un sondage d’Afrobaromètre). La Conférence épiscopale du Togo est largement revenue sur le sujet dans son adresse du 26 avril dernier à la nation. Que ce soient les partis politiques, les organisations de la société civile et autres, les réformes demeurent la préoccupation de l’heure.

Dans ces conditions, on se demande ce qu’on va encore chercher dans une tournée qui ferait saigner les caisses de l’Etat, pendant qu’il y a des urgences pour soulager le quotidien des populations. On pourrait finalement donner raison à ceux qui disent que Faure Gnassingbé et son régime n’ont pas l’intention de faire ces réformes.

Pour Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, présidente du CAP 2015, cette annonce de la commission de réflexion sur les réformes a un lien avec la sortie du président du groupe parlementaire UNIR, Christophe Tchao qui demande l’« ajournement » de la proposition de loi de l’ANC et ADDI. « Il a été demandé à Mme Awa Nana de sortir pour dire que tous les Togolais doivent donner leur avis sur les réformes politiques avant qu’elles ne soient opérées », a indiqué Mme Adjamagbo-Johnson sur une radio privée hier.

A l’en croire, les deux sorties montrent à suffisance le sort que réserve le régime aux réformes politiques. Le pouvoir ne veut pas finalement opérer ces réformes. Et c’est la même stratégie que le pouvoir adopte dans le cadre du processus de la décentralisation. « Le processus n’est pas consensuel et la période de 15 à 18 mois décidée à l’atelier sur la décentralisation en décembre 2016 en vue des élections locales ne pourra pas être respectée », déplore la Secrétaire générale de la CDPA.

En lieu et place de la décentralisation, le pouvoir s’entête à mettre dans les localités des délégations spéciales. Pour cela, il tente de soudoyer des membres des partis politiques de l’opposition en leur proposant des postes.

« Lors de l’atelier de décembre 2016, ils ont proposé la remise en place des délégations spéciales où il y a postes vacants, mais nous avons refusé et leur avons dit que nous devons nous hâter pour aller aux élections locales, afin que les populations choisissent eux-mêmes les autorités locales », a rappelé Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson.

Selon elle, des actions sont en train d’être peaufinées par le CAP 2015 et le groupe des 6 partis politiques pour obliger le pouvoir à faire les réformes.

En tout cas, la stratégie du régime qui s’appuie sur cette commission est bien comprise par tous. Il faut longtemps tourner en rond pour finalement ne plus faire les réformes. C’est ce qui explique d’ailleurs cette pléiade de commissions qu’on met en place sur ce sujet. Sinon, on a déjà le record du régime en matière de réforme, surtout en 2005, à la mort de Gnassingbé Eyadéma.

I.K

www.icilome.com

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