Wacem/Tabligbo : Suspension à des fins d’intimidation d’un ouvrier syndicaliste

44

Le 20 Octobre dernier, il est notifié à l’ouvrier Sedonou Kodjovi, sa suspension jusqu’à nouvel ordre au sein de Wacem Tabligbo pour raison de « sécurité ». Une motivation «fantaisiste» selon la victime, qui y voit une stratégie d’intimidation du mouvement syndicaliste dont il est cheville ouvrière au mécontentement des responsables de Wacem/fortia/paper Bag à Tabligbo.

” Je suis une maladie à virus Ebola? En quoi suis-je une menace pour les Indiens? Pour avoir juste réclamé nos propres droits reconnus par la législation de notre pays en matière de travail ? Suis-je devenu un obstacle pour la sécurité des Indiens?” s’interrogeait le camarade Sedonou Kodjovi, tentant vainement d’expliquer le motif « sécurité » avancé par l’employeur pour procéder à la «suspension jusqu’à nouvel ordre), selon la lettre à lui notifiée.

C’était au cours d’un Assemblé Générale organisée par le syndicaliste ce dimanche à Tabligbo, selon le reportage des confrères de la radio Sperenza.

Sedonou Kodjovi, figure incontournable des délégués du personnel, semble le plus rigide dans la mobilisation des ouvriers pour la revendication de meilleures conditions de travail et de salaire dans les méandres des turbines de Wacem. Notons que la plateforme revendicative est reconnue légitime par les autorités, mais l’employeur tourne les ouvriers en bourrique et ce, depuis des années.

Devant la détermination du mouvement, c’est l’intimidation qui semble la nouvelle méthode de l’administration. Mais les ouvriers ne comptent pas céder au chantage. “C’est tout le contraire qui va se passer maintenant. Même si le devancier tombe, la lutte continue, ” a pilonné Monsieur Labodja, un autre membre des délégués du personnel.

Sedonou Kodjovi, quant à lui, entend d’abord observer la réaction des autorités publiques devant cette décision de Wacem, avant toute autre stratégie de riposte.

Quelle sera donc la réaction du gouvernement Togolais ? Les revendications des ouvriers de Wacem/fortia/Papers Bags sont aussi vieilles que la société, mais les employeurs indiens font preuve d’une mauvaise foi, à en croire les ouvriers.

Plusieurs recoupements font état de ce que ces hommes d’affaires étrangers verseraient des pots de vins à certaines autorités en guise de cadeau de fin d’année, des arrangements dans l’ordre des 10 millions de F CFA.

Pourtant, Wacem n’a pas inscrit une bonne partie de ses agents à la Caisse de Sécurité Sociale et se refuse à des revendications de primes de salissure, de transport …. Sans oublier l’insécurité qui règne dans les usines de Wacem et menace la vie des employés quotidiennement.

La même société est indexée d’évasion fiscale dans le cadre des panama papers, sans compter l’effet de pollution néfaste sur les cultures locales alors que l’usine ne contribue quasiment pas au développement de Tabligbo où elle puise son klinker.

Un lot d’incongruités que le gouvernement togolais passe sous silence, même pas d’explications à l’opinion.

A. Lemou

icilome.com