Un enjeu diplomatique

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Une trentaine de chefs d’Etat africains se réunissent mercredi en marge de la COP22, à l’initiative du Maroc qui entend y défendre les intérêts de l’Afrique face au réchauffement, mais aussi réaffirmer sa stratégie d’influence sur le continent.

Le président togolais Faure Gnassingbé, allié du royaume, est naturellement présent.

Mais l’enjeu clé pour le royaume est surtout diplomatique. En réunissant une brochette de leaders africains sur son sol, le Maroc entend démontrer son engagement très fort en Afrique, désormais au coeur de sa diplomatie. Avec comme principal enjeu la question du Sahara occidental, et comme objectif à court terme la réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine.

Mohammed VI enchaîne ces derniers mois les tournées diplomatiques sur le continent, non plus seulement dans sa traditionnelle zone d’influence ouest-africaine ou chez son ami, le président gabonais Ali Bongo. Le roi du Maroc revient d’un long périple au Rwanda et en Tanzanie, et devrait se rendre à Addis Abeba après la COP22.

Geste symbolique, il a prononcé son traditionnel discours du Trône le 6 novembre depuis Dakar, proclamant que ‘le Maroc est de retour pour retrouver sa place naturelle’ en Afrique. La diplomatie marocaine, qui a procédé récemment à un important redéploiement, entend désormais exercer son influence sur tout le continent.

L’objectif affiché est de rallier le maximum de soutien sur la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée depuis 1975 par Rabat, et dont le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame l’indépendance.

Dans l’immédiat, il s’agit d’obtenir la réintégration du Maroc au sein de l’UA, organisation que Rabat avait quittée en 1984 pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) du Front Polisario.

Ce retour, annoncé à la mi-juillet par Mohammed VI et dont la demande a été formalisée officiellement en septembre, donne lieu actuellement à une sourde lutte d’influence avec le rival algérien, toujours autour de la question du Sahara.

Il doit être acté par un vote, et plusieurs questions en discussion, comme le nom du futur président de la Commission de l’UA (son organe exécutif), pourraient en influencer l’issue de façon décisive, alors que le prochain sommet de l’UA est prévu début 2017 à Addis Abeba.

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