Un dispositif impressionnant des forces de l’ordre empêche le sit-in du MMLK devant le ministère des Affaires étrangères

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Des filles enfermées, violentées, séquestrées et souvent tuées par des employeurs libanais ; c’est un peu le quotidien affreux des 80% de près de 3000 Togolais piégés au Liban. Pour ceux qui ont décidé de renoncer à l’aventure, impossible de retourner au pays pour cause d’absence d’un consul «officiel» qui puisse signer les documents.

C’est ce que la communauté des Togolais au Liban, avec l’appui de la Solidarité Togolaise au Liban (STL) et des organisations de la société civile au Togo et au Liban s’évertuent à réclamer au gouvernement togolais, plus que jamais terré dans une indifférence inouïe.

« Les ressortissants Togolais au Liban, réclament l’officialisation du nouveau consul du Togo au Liban ; M. AMMAR Elias », peut-on lire sur une banderole que brandissent des manifestants mobilisés par le Mouvement Martin Luther King (MMLK) du Pasteur Edoh Komi devant le ministère des Affaires Etrangères ce matin à Lomé.

Le gouvernement ferme-t-il systématiquement les yeux sur le sort de près de 3 000 ressortissants en danger au Moyen-Orient ? C’est ce que le silence de l’administration de Faure Gnassingbé semble démontrer alors qu’on vient d’enterrer il y une semaine, Amélie Sizing Banafeyikodu, une compatriote décédée au Liban dans des circonstances encore floues.

La manifestation de ce matin est tout simplement empêchée comme par le passé, puisqu’un impressionnant dispositif des forces de l’ordre a été posté sur les lieux de la manifestation, bouclant ainsi tout le quartier administratif.

« Sur les lieux de manifestation, les forces de sécurité en nombre pléthorique ont tout assiégé dans le périmètre du quartier administratif de Lomé. Aucun endroit n’est accessible. Les manifestants sont éparpillés dans les rues voisines. C’est une fois encore la preuve que la liberté de manifestation est encore loin d’être acquise au Togo. Le chemin est encore long et ce n’est pas dans la passivité et dans l’indifférence qu’on y arrivera. », Déplore le Pasteur Edoh Komi.

L’infatigable militant des droits de l’homme ajoute : « Le MMLK appelle à des actions de thérapie de choc. Ensemble, nous relèverons le défi. Ne nous décourageons pas, car rien de durable n’est possible sans la persévérance ». Le président du MMLK a ensuite salué le soutien de la Solidarité Togolaise au Liban (STL).

Visiblement, le gouvernement se refuse à toute réflexion, à toute sollicitation sur le sort des Togolaises travailleuses dans les ménages au Liban. A l’heure actuelle, une dizaine de filles sont en détention pour des raisons fallacieuses, pendant que d’autres subissent la foudre des employeurs,sans aucun pouvoir de prendre le large au risque de se faire bêtement exécuter.

L’attitude du gouvernement a toutes les couleurs d’une complicité avec le réseau des recruteurs qui enfarine les jeunes filles désœuvrées dans les campagnes pour les envoyer dans ce calvaire, rien que pour engranger des liasses de dollars dans le dos des victimes.

Un business qui se trouve menacé si jamais le gouvernement accédait aux requêtes de la société civile avec l’officialisation du consul engagé à réorganiser la migration des Togolaises au Liban, dans les règles de l’art.

A. Lemou

icilome.com