Togo, Report inopportun de la rentrée scolaire : Les raisons sont ailleurs !

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Les autorités togolaises ont jugé utile de repousser la rentrée scolaire de trois semaines pour, disent-ils permettre la réussite du fameux sommet sur la sécurité maritime.

Togo, Report inopportun de la rentrée scolaire : Les raisons sont ailleurs !

Cette raison avancée par le gouvernement togolais n’est pas convaincante. Elle est bien incongrue et révoltante. Ce motif paraît absurde pour des gens qui prétendent être titulaires de nombre de diplômes académiques et autres et qui, au finish s’apparentent à des gens qui développent une hérésie intellectuelle. Quel impact la rentrée scolaire aurait-elle sur la tenue d’un sommet qui se déroulera non pas dans les salles de classe mais dans un hôtel qu’on a dépensé des milliards de francs CFA du pauvre contribuable pour rénover ? Quel sort le gouvernement togolais réserve-t-il à la génération future, relève de demain, quand on sait que l’éducation dans son ensemble est sacrifiée sur l’autel des considérations inutiles et farfelues ?

L’éducation est au rabais sinon en péril au Togo, a-t-on constaté depuis quelques années. Et le monde éducatif, en proie à de multiple remous dus aux revendications corporatistes surtout des enseignants, non satisfaites par ceux-là mêmes qui ont en charge la gestion de l’Etat. Cette situation ainsi créée avait obligé le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, dans l’une de ses rares adresses à la Nation, à annoncer la tenue des Etats généraux de l’éducation. Cette promesse est restée jusqu’à présent à l’étape des annonces. Quelques années plus tard, les populations se rendent compte que les promesses du chef de l’Etat ne sont que de vains mots, du bluff sinon de la pure démagogie. Au lieu de sauver l’éducation en péril, les autorités togolaises ont plutôt choisi de l’abimer encore plus avec des décisions à l’improviste relevant d’une ménopause intellectuelle en phase terminale.

L’ancien ministre de la Prospective, Kako Nubukpo n’a-t-il pas raison de taxer certains ministres de « Médiocres » dans le gouvernement du Togo? De toute évidence, il n’avait pas tort parce que les faits lui donnent aujourd’hui raison et sa position de refus de composer avec ses « médiocres » est à saluer. La médiocrité est sans doute le dénominateur commun de ceux qui ont en mains la destinée du pays. Que redoutent les autorités togolaises pour avoir pris cette décision incongrue ? Repousser une rentrée scolaire, qui va impacter sur l’avenir de toute une génération à cause d’un sommet qui ne se tiendra pas dans les salles de classe relève du sadisme dont fait montre le gouvernement togolais. Aucune raison censée ne peut légitimer cette décision, quand on sait que ce sont elles qui ont mis en péril l’éducation dans le pays.

Dans sa fuite en avant, le gouvernement togolais met une fois encore à la face du monde ses tares, et son insouciance dans la gestion des crises répétées qui secouent le monde de l’éducation au Togo. D’ailleurs, presque toutes les couches qui composent la société togolaise sont en ébullition, c’est-à-dire en phase avec le pouvoir togolais. Un pouvoir impopulaire qui ne se soucie guère de l’avenir ou du destin de son peuple.

Il est donc clair que cette raison évoquée par le gouvernement du Togo n’est qu’un alibi. En réalité, c’est pour ne pas satisfaire les revendications légitimes des enseignants que les autorités ont dû trouver cette échappatoire. On se souvient qu’il y’a quelques mois, quatre (4) syndicats d’enseignants réunis au sein de la « coordination des syndicats des enseignants » ont saisi les ministres des Enseignements primaire et secondaire, Pr Palaamwé Tchakpélé et de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, Georges Aïdam d’un courrier. Dans ce document, les quatre (4) syndicats avaient demandé aux deux (2) ministres d’ouvrir rapidement un dialogue pour la prise en compte des problèmes de primes et d’indemnités contenues dans la plateforme revendicative que les enseignants togolais ont soumis au gouvernement en 2011. Il est regrettable que jusqu’à présent, le gouvernement togolais n’a daigné répondre favorablement aux doléances de ces enseignants qui ont en charge l’éducation des millions de togolais. Ce qui est encore écœurant dans cette histoire et qui frise une provocation, est que ces autorités ont envoyé leurs enfants dans des écoles occidentales pour des études et négligent les pauvres enfants des contribuables togolais. Donc on peut sacrifier aisément sans regret l’avenir des jeunes togolais dont les parents n’ont pas les moyens et promouvoir les enfants des autorités en les envoyant étudié à l’étranger.

Tout simplement triste !

Source : La Gazette du Togo, Video : FM Liberté / YT

27Avril.com