Togo, Projet d’affectation des magistrats : Le cafouillage perturbe le fonctionnement normal de la Justice..

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La Justice togolaise est connue pour être une institution aux bottes de l’exécutif. Dans la plupart des dossiers sensibles et même parfois mineurs, elle ne fait que la volonté du plus « Faure » ou du plus offrant. Au fil des années, elle s’est totalement discréditée aux yeux des justiciables et de la communauté internationale malgré les milliards engloutis pour sa modernisation. Et l’un des indices de cette dépendance chronique des magistrats vis-à-vis de l’exécutif se trouve être le projet d’affectation des magistrats qui pollue l’atmosphère au sein du corps judiciaire et perturbe le fonctionnement normal des Tribunaux.

Togo, Projet d’affectation des magistrats : Le cafouillage perturbe le fonctionnement normal de la Justice..

Selon plusieurs sources provenant des auxiliaires de justice, des magistrats consultés pour être affectés ne trouvent plus aucun intérêt à se pencher sur des dossiers en instance. Au palais de Justice de Lomé, la plupart des affiches portent sur le renvoi des dossiers, déplore un avocat. Il en est de même dans les autres Tribunaux. Pourquoi le projet d’affectation des magistrats élaboré depuis plusieurs mois traîne-t-il à ce point ?

La réponse est simple. Les promotions au sein de l’appareil judiciaire ne se faisant pas souvent sur la base du mérite, mais plutôt sur des critères de militantisme, de tribalisme, d’appartenance aux réseaux ésotériques de tout genre, plusieurs lobbies s’affrontent pour positionner leurs pions aux postes les plus en vue, notamment au Tribunal de première instance de Lomé, à la Cour suprême de Lomé, les plus juteux au Parquet etc. On assiste à des télescopages entre ces lobbies et des sources évoquent à ce jour 5 listes d’affectations parallèles qui circulent dans les couloirs mais jamais officialisées.

Les affectations de magistrats d’une justice dite indépendante ne devraient pas souffrir d’autant d’interférences des réseaux mafieux, et particulièrement de certains pôles de décisions du pouvoir exécutif. A quand donc la fin de ces réseaux pour officialiser les affectations afin de permettre aux magistrats de s’occuper convenablement des dossiers en suspens des justiciables ? Le gouvernement de Faure Gnassingbé doit faire diligence pour permettre à la Justice de fonctionner avec célérité.

Source : Mensah K., L’Alternative No. 571 du 15 Novembre 2016

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