Togo : Myrna Tabchoury, dans un nouveau scandale. Une affaire de Faux et usage de faux impliquant aussi le DG du Port Autonome de Lomé…

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Son nom revient dans plusieurs scandales. Myrna Tabchoury, fille de Feu Samir Tabchoury, à la réputation sulfureuse, « Madame hors-la-loi », directrice générale de l’hôtel Palm Beach, est un personnage dont le cynisme fait l’unanimité. En matière de gaffe, elle fait des miracles. A peine a-t-elle fini de s’illustrer de la plus mauvaise des manières dans l’affaire de licenciement abusif d’un groupe d’employés de son hôtel qu’elle se retrouve au cœur d’un nouveau scandale, coupable de faux et usage de faux. Un dossier dans lequel le directeur général du Port de Lomé a joué un rôle non moins important.

Togo : Myrna Tabchoury, dans un nouveau scandale. Une affaire de Faux et usage de faux impliquant aussi le DG du Port Autonome de Lomé…

Située au nord par la rue Behrens, à l’est par la rue Spindler puis la cité du Port, à l’ouest par l’extension SOGECOA, et au sud par le boulevard du Mono, la parcelle, d’une superficie de 3.847 m², à l’origine du scandale, abritait un centre médico-social de la Communauté Libanaise au Togo (CLT), comme le stipule le cahier de charges signé le 20 février 2002 entre la direction général du Port et Feu Samir Tabchoury, président d’alors de la CLT.

Selon l’article 15 de ce cahier de charges, l’autorisation de la concession de ladite parcelle de terrain dans le domaine industriel du port à Samir Tabchoury est accordée pour une durée de dix années. Le centre médico-social a reçu et soigné plus de 45.000 patients, des Togolais dans leur majorité. Une grande œuvre humanitaire.

A la mort de l’ancien président de la CLT en 2012, la communauté a connu un vide administratif, le cahier de charges, lui, devant être renouvelé, car étant arrivé à terme. C’est là où Myrna Tabchoury, fille du défunt, entre en jeu, avide des biens de son père, pire, ceux de la Communauté Libanaise au Togo (CLT).

Faux et usage de faux

Très rapidement, elle introduit un dossier portant renouvellement du cahier de charges à la direction générale du Port de Lomé, cette fois-ci, sous le nom d’un imaginaire Centre Libano-Togolais (CLT) qu’elle a cru bon de mettre sous le couvert de l’hôtel Palm Beach, comme pour donner au cahier de charges un semblant de légalité. En réalité, ce prétendu Centre Libano-Togolais (CLT) n’a aucune entité juridique et représentative. Mais, curieusement, l’autorisation No 008/DG/PAL lui a été donnée le 20 mars 2012 par la direction générale du port de Lomé.

Dans l’entourage du Contre-amiral Fogan Adégnon  qui a donné l’autorisation à Myrna Tabchoury, nous avons appris que le directeur général du port de Lomé confie avoir commis une erreur. « Il croyait donner de nouveau l’autorisation à la Communauté Libanaise au Togo, vu qu’il a lu l’acronyme CLT dans le dossier. Alors que, cette fois-ci, il s’agit plutôt d’un Centre Libano-Togolais dont l’acronyme est aussi CLT, sorti de nulle part par Myrna Tabchoury », nous confie une source proche du dossier qui n’a pas voulu que son nom soit cité.

« Il aurait confié qu’il a plusieurs dossiers sur sa table et qu’il n’avait donc pas fait attention à la définition de CLT, croyant que c’était la Communauté Libanaise du Togo », poursuit, plus loin, notre source. Le directeur général du port de Lomé n’avait-il pas lu le document avant de procéder à sa signature ? La question reste posée.

Myrna Tabchoury a donc fait « faux et usage de faux » en faisant signer une autorisation de renouvellement d’exploitation de la parcelle en question sous une entité (Centre Libano-Togolais) qui n’existe que de nom. Pire, elle viole, depuis quatre ans, et sans aucune réaction de la direction générale du Port de Lomé, les termes de ce cahier de charges frauduleux, notamment l’article 4 qui stipule : « la présente autorisation est accordée en vue de la construction et l’exploitation d’un centre médico-social. Les installations à ériger sur le site serviront uniquement auxdites activités. L’usage des installations envisagées sur le lot devra être scrupuleusement observé. Aucun bâtiment d’habitation ou d’une destination autre que celle définie dans le présent cahier de charges ne doit être érigé et utilisé sur le lot ».

Un tour sur la parcelle et vous constaterez qu’en lieu et place d’un centre médico-social, il y est érigé un magasin de décoration intérieure portant le nom ORCA où sont vendus des meubles, des luminaires, des tapis, des jouets, des cadeaux, des électroménagers, etc., bref, un bâtiment que Myrna Tabchoury a loué à des prestataires, à des fins commerciales, en violation flagrante du cahier de charges. A côté de ce magasin de vente s’ouvre un nouveau chantier. Plus loin sur la même parcelle, on aperçoit un autre bâtiment dont nous apprenons aussi la location à d’autres personnes par Myrna Tabchoury, et qui devrait abriter la direction d’une certaine société dénommée POLIDA.

Réclamation de droit

Entre-temps, le 23 février 2015, un nouveau bureau directeur de la Communauté Libanaise au Togo a été installé. Une cérémonie d’installation à laquelle a pris part Nemer Talj, vice-président de l’Union libanaise culturelle mondiale, spécialement délégué pour superviser les travaux. C’est ainsi que le 26 février 2015, de nouvelles élections ont eu lieu, sanctionnées par le choix de Nadim Bassil comme nouveau président de la Communauté Libanaise au Togo. Dans le procès-verbal constatant l’élection du nouveau bureau exécutif de ladite communauté, dressé par Me Sédjou Bruno Paraïso, ne figure nulle part le nom Myrna Tabchoury sur la liste des personnes ayant pris part à cette rencontre. Le nouveau bureau est officiellement reconnu par le Ministère Libanais des Affaires Etrangères, dans une lettre en date du 16 mars 2015, adressée au nouveau président, Nadim Bassil.

Au fait de la situation de la parcelle cédée à la Communauté Libanaise au Togo, le président Nadim Bassil, après plusieurs échanges infructueux avec la direction générale du Port de Lomé selon des indiscrétions, a décidé d’envoyer une lettre le 11 octobre 2016 au Contre-amiral Fogan Adégnon. Une lettre portant demande de réouverture du centre médico-social de la CLT au port de Lomé. « (…) Faisant suite à la réunion que nous avons eue dans votre bureau concernant le contrat signé le 20/02/2002 où le Port autonome de Lomé (PAL) a octroyé une parcelle de terrain à la Communauté Libanaise au Togo (CLT), organisme reconnu sous la référence du récépissé No. 0006/MISD-SG-DAPSC-DSC du 03/01/2001 pour la construction d’un centre médico-social et d’un siège pour la Communauté Libanaise au Togo (CLT). La construction de ce centre médico-social et du siège a été exécuté suivant l’article No. 01 de ce contrat et l’inauguration a été faite sous le haut patronage de Feu Son Excellence Gnassingbé Eyadema, Président de la République Togolaise et de Feu Samir Tabchoury qui, dans son discours, au nom de la Communauté Libanaise au Togo (CLT) a dédié et offert ce complexe au peuple togolais et à la Communauté Libanaise au Togo (CLT) », introduit Nadim Bassil. « (…) En nous renseignant pour renouveler le contrat et faire en sorte de réactiver le Centre médico-social, quelle était notre surprise de constater que le contrat a été renouvelé au nom de la CLT, mais en étant le diminutif d’un certain Centre Libano-Togolais (CLT), un organisme sans aucune entité juridique. D’un but non lucratif, les bâtiments ont été transformés à but purement commercial. Le contrat a été renouvelé avec les mêmes objectifs : bâtir un centre médico-social et un centre culturel libanais », ajoute le président de la Communauté Libanaise au Togo. « Eu égard à ce qui précède, nous venons par la présente vous demander de rectifier le contrat, en annulant purement et simplement le contrat vous liant à ce centre libano-togolais (CLT) sans entité juridique et représentative, afin de signer un contrat avec la Communauté Libanaise au Togo (CLT) pour qu’elle puisse continuer l’œuvre humanitaire au service du peuple togolais, en rouvrant le centre médico-social, le centre culturel libanais et le siège de la Communauté Libanaise au Togo (CLT) », demande Nadim Bassil.

La réponse du directeur général du port de Lomé est attendue dans cette affaire dans laquelle la plus haute autorité du pays est saisie. Résiliera-t-il finalement le cahier de charges signé avec le fameux Centre Libano-Togolais (CLT) de Myrna Tabchoury ou non ? La suite de ce dossier promet, au moment où le bail de l’hôtel Palm Beach est arrivé à terme. Un bail que l’Etat togolais refuserait de renouveler à Myrna Tabchoury. Nous reviendrons sur cette affaire dans nos prochaines éditions.

Source :  Nouvelle Tribune

27Avril.com