Togo, Me Régine Tagba Gnakou, une notaire indélicate de Faure Gnassingbé : Elle, femme du DG de Togotelecom Romain Tagba, dilapide 846 millions de FCFA, suite à la vente d’un terrain des héritiers Gatiglo Akli Agou à Faure Gnassingbé

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« Chassez le naturel, il revient toujours aux galops » stipule un penseur philosophe.

Ces derniers moments, la justice togolaise est de plus en plus éclaboussée par des scandales d’argent indûment gardé par des auxiliaires de justices aux antipodes de leur déontologie. Certains faits ressemblent à des contes de fée, mais c’est bien la pure réalité qui cohabite, de plus en plus, avec les justifiables désemparés et en crise de confiance avec certains corps de métier.

Togo, Me Régine Tagba Gnakou, une notaire indélicate de Faure Gnassingbé : Elle, femme du DG de Togotelecom Romain Tagba, dilapide 846 millions de FCFA, suite à la vente d’un terrain des héritiers Gatiglo Akli Agou à Faure Gnassingbé

Le dernier scandale, entache, une fois de trop, un auxiliaire de justice. Dans nos recoupements, une dame, avocate de profession, nous a laissé entendre que des scandales de ce genre sont de plus en plus recensés dans les opérations financières avec les auxiliaires de justice. Et si rien est fait, cette corporation risque de se faire noyer et de perdre l’image par la faute des indélicats qui font de plus en plus parler d’eux. Le foncier est devenu la drogue des temps nouveaux, un environnement où l’on peut s’enrichir en un saut trois bonds pour peu qu’on accepte faire preuve d’une certaine dose de mauvaise foi.

Actuellement, il se traite dans les coulisses, un scandale d’une auxiliaire de justice qui, après avoir vendu un immeuble à plus de un milliard FCFA au grand marché de Lomé, s’est appropriée les sous en complicité d’un magistrat en disgrâce. De l’électricité dans l’air autour des cabinets d’une race d’auxiliaires de justice. Il y a quelques semaines, c’est le scandale ‘’Me Kodjovi Dossou’’ qui a construit l’actualité. Ce dernier, se réclamant d’une partie des créanciers d’un armateur insolvable dont le navire ‘’Verzina’’ a été saisi et vendu, a gardé en violation de la loi les fonds. Bien avant cela, un auxiliaire de justice est présentement en exil après avoir grugé ses clients. Aujourd’hui, c’est un autre scandale qui pointe le nez, l’affaire GATIGLO contre Me Tagba Gnakou.

Me Tagba-Gnakou E.M. Régine, c’est l’épouse du DG de Togotélécom Romain Tagba. Elle est notaire de profession et l’exerce en tant que tel. Elle a dilapidé 846 millions FCFA aux dos des ayants droits suite à la vente d’un domaine à Agoè-Nyivé.

En effet, feu GATIGLO Akli, est propriétaire d’un terrain à Agoè-Nyivé. Il a acquis son domaine d’environ 3 hectares en récompense au rôle qu’il a joué aux chevets d’une collectivité en difficulté. Grâce à son concours, le combat juridique a été porté au tribunal de Dakar par la collectivité qui a sollicité son appui. Naturellement, il a eu en récompense plus de 3 hectares situés presqu’en face de Filopark à Agoè près de la nationale N° 1. Il a identifié son domaine d’une superficie d’un peu moins de 3 hectares morcelés en deux titres fonciers, le RT N° 11476 et le RT N° 11477. Le premier titre RT N° 11476 a ensuite été morcelé à son tour en deux parties et une partie a fait l’objet de bail.

En 1973 donc, le propriétaire, GATIGLO Akli, nanti de son titre de propriété a mis son bien en bail au profit de la société Marox pour une durée de 66 ans. Pendant plus de 30 ans, le bailleur a respecté son engagement, 800.000 FCFA par mois, et le propriétaire a jouit du bail. Mais, en difficulté depuis un temps dans notre pays, Marox ne pouvait plus être régulier dans le respect du loyer de bail. Entre temps, le propriétaire aussi, a rejoint l’autre rive, il est décédé. Les héritiers du défunt Gatiglo Akli Agou ont, du coup, résilié le contrat pour cause de non-respect du loyer. La propriété a ensuite été mise en vente. Dans un premier temps, c’est la multinationale Orange qui voulait l’acheter dans le cadre de son implantation au Togo. Les négociations d’achat du terrain ont avancé, mais tout a foiré suite à l’échec du réseau de téléphonie mobile à s’implanter. Un responsable d’orange a été prié même de quitter le pays sous les 24 heures. C’était bien avant 2014.

En 2014 donc, un nouvel acquéreur s’annonce, il n’est autre que Faure Gnassingbé, Président de la République togolaise. Naturellement Faure Gnassingbé le fera sous un prête-nom et jusqu’ici, la nouvelle acquisition qui rentre déjà dans le cadre d’un géant projet hôtelier n’a pas encore trouver une dénomination définitive. Me Tagba-Gnakou Régine dirige les opérations pour le compte de l’acquéreur Faure Gnaasingbé. Le terrain est donc vendu depuis 2014, à 846 millions de FCFA, du moins si on s’en tient au reçu de vente. Le reçu est signé par le mandataire GATIGLO Mawu qui n’est pas seulement mandataire mais aussi l’un des 41 survivants des 45 héritiers laissés par feu GATIGLO Akli Agou. Des mauvaises langues ont avancé, entre-temps, que deux des intimes de l’acquéreur Faure Gnassingbé ont fait palabre autour du domaine, chacune cherchant à mettre la main sur la propriété. Ça c’est un débat qui ne nous occupe pas pour le moment.

Le scandale a commencé quand l’argent de la vente, versé « cash » au profit des héritiers à la notaire Me Tagba Gnakou, s’est évaporé comme de la poudre à canon entre des mains indélicates. Mais pour endormir les propriétaires GATIGLO, on leur fait croire que l’acquéreur Faure Gnassingbé n’a versé que la moitié et que l’on est dans l’attente de la seconde moitié pour faire les transactions utiles pour eux. Donc Faure Gnassingbé est devenu un débiteur insolvable, un acquéreur de mauvaise foi qui refuse de payer ses dettes.

L’argent devait être remis aux héritiers. Mais pendant que l’argent est encore aux mains de la notaire Tagba-Gnakou Régine, des retraits sauvages commencent. Qui ordonne les décaissements ? En tout cas, avant que les héritiers ne demandent à voir clair, de leur héritage, il ne restait que 10 millions de FCFA. Ce reliquat leur a été versé par un magistrat appartenant à une certaine hiérarchie. Quelle rôle ce monsieur a joué dans le braquage? Nous y reviendrons.

Rencontré, à son cabinet, Me Edorh-Komahe M., l’avocat du mandataire des héritiers Gatiglo Mawu, sous réserve du secret de l’instruction, n’a pas pu nous dire grand-chose. Loin de désarmer, nous avions continué nos investigations. Il se révèle que, grugé par un certain Sogbo J. Nana qui se fait passer pour un juriste d’affaire, l’on a poussé le mandataire GATIGLO Mawu à se faire entacher de quelques billets. Une façon de l’impliquer dans la dilapidation des sous. On lui attribue un retrait évalué à 100 millions FCFA. Rencontré par notre chargé des investigations à la prison civile de Lomé, le mandataire GATIGLO Mawu soutient qu’il a fait des retraits dans le compte de la famille pour des motifs administratifs. L’affaire est au tribunal aux mains du juge du troisième cabinet d’instruction qui, dans un premier temps, a fait arrêter certains présumés auteurs de la disparition de l’argent. Quelques jours après notre passage à la prison civile, les détenus dont le mandataire GATIGLO Mawu ont été libérés.

  • Le prétendu juriste d’affaires Sogbo J. s’est tapé sa part du gâteau.
  • Un responsable de Marox a retiré 40 millions FCFA pour le compte de Marox, dit-on. A-t-il présenté une procuration de cette société liquidée depuis un temps ? En tout cas, 40 millions FCFA sont partis à la défunte société, selon les pièces comptables au niveau de la notaire Tagba Gnakou. A s’en tenir aux informations, Marox dit avoir construit sur le terrain vendu. Effectivement le terrain vendu abrite quelques constructions. Mais dans les règles, étant donné que Marox doit des arriérés de loyers aux héritiers, ses immeubles devaient d’abord être évalués; ensuite, une fois ces immeubles évalués, leur valeur doit être comparée au montant des arriérés de loyer dues par Marox; Enfin si la valeur des immeubles excèdent le montant des arrièrés de loyer, la différence serait versée à Marox, sinon si le cas contraire alors c’est Marox fait le mouvement inverse aux propriétaires. C’est ce que l’on désigne couramment par compensation.
  • Contre toute attente, la notaire Tagba-Gnakou Régine, qui a pourtant été commise par l’acquéreur Faure Gnassingbé, a pris ses honoraires évalués à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.
  • un certain Kloussé AYITE, a retiré 20 millions FCFA;
  • un certain Komlan AYITE a arraché 23 millions FCFA;
  • un autre quidam du nom de François a pris 50 millions FCFA;
  • le sieur ADEDJE Anani a retiré 256 millions FCFA.

En fin de compte, il ne restait que 10 millions de CFA qui seront remis aux 41 héritiers par le truchement du chef GATIGLO Afatchaou de Gatiglopke, non loin de Zossimè après le marché de Sagbado.

Bref, l’argent des héritiers d’Akli Agou Gatiglo a été proprement vendangé comme la carcasse d’une baleine qui chavire aux larges d’un océan agité. Depuis que les héritiers ont porté plainte, de ce beau monde, les uns sont en cavale, les autres en train de jouir du fruit de leur banditisme de grand chemin sans être inquiétés à cause de leurs appuis et du fait qu’ils ont utilisé une partie de leur part pour corrompre qui de droit. Entre- temps gardé en détention, le mandataire GATIGLO Mawu est libéré depuis trois semaines tout comme son codetenu SOGBO J. Nana. D’après nos recoupements, contrairement à ce qui a été servi aux victimes de ce braquage des temps modernes, tout l’argent, soit les 846 millions FCFA, ont été bel et bien versé par l’acquéreur Faure Gnassingbé.

Le juge a d’abord mis sous arrêt deux personnes Gatiglo Mawu, le mandataire et SOGBO J. Nana, le prétendu juriste d’affaires. Mais le cerveau de ce braquage, la notaire Me Regine Tagba-Gnakou qui a, soit fait preuve de légèreté ou de mauvaise foi en remettant l’argent à ceux qui n’en n’ont pas droit, n’est pas inquiétée. D’après nos investigations, le juge a voulu l’interpeller, mais un de ses supérieurs, celui là qui a remi les 10 millions FCFA restants aux héritiers, et probablement complice de ce vil acte criminel, a refusé. L’ardeur du juge dès le départ est en train d’être noyée dans une longue procédure qui ne vient que de commencer et qui cache mal la volonté de certains à passer le problème par pertes et profits au détriment des héritiers.

Drôle de façon de régler un problème

La question qui mérite d’être posée est celle de savoir qu’est-ce qui plombe ce dossier qui, normalement, n’a pas sa place dans les longues procédures judiciaires. Un terrain appartient à un citoyen qui l’a mis en bail pour 66 ans. Après celui-ci meurt et laisse des héritiers. Le bailleur devenu insolvable, les héritiers vendent leur bien. Le notaire qui est en charge de la transaction sait bien auprès de qui son client a acquis le terrain. Elle sait bien que c’est au nom des GATIGLO que le mandataire Mawu GATIGLO a signé l’acte de vente. Alors que le fruit de la vente lui est versé pour remettre à qui de droit, Elle vendange l’argent à des individus qui n’ont pas signé l’acte de vente. Ces individus sont actuellement en fuite. Ils sont tous de la même zone et actuellement, d’après les informations recueillies après plusieurs visites dans le village des heritiers et le village de la bande qui s’est partagée l’argent avec des juges et la notaire, ces populations voisines peuvent en venir à la violence si cet argent n’est pas resitué.

Loin de vouloir apprendre aux autorités compétentes leur travail, c’est la notaire indélicate Me Tagba Gnakou, épouse du DG de Togotelecom Romain Tagba, qu’il va falloir mettre aux arrêts. Elle sait à qui elle a remis l’argent et pour quel motif. Soit on la garde et elle restitue les sous, quitte à s’en prendre aux indélicats avec qui elle a partagé l’argent, soit on les ramasse tous. Chacun restitue la part qu’il a reçu, s’il a déjà converti sa part en biens, on saisit ces biens et on procède à la vente au profit des victimes. Toute autre procédure s’apparenterait aux jeux des sentiments et à une volonté de tordre le coup au droit d’honnêtes citoyens. Si la notaire avait joué son rôle, tout ce désordre au goût d’un braquage organisé, ne se produirait pas. Il n y a pas de doute que le terrain appartient au GATIGLO, nous vous publions un jugement confirmant leur droit de propriété, ce n’est pas par hasard que leur mandataire a signé le reçu de vente.

C’est un scandale de trop et l’autorité compétente doit ouvrir les yeux pour que ce problème soit réglé dans un bref délai, sans parti pris, et que les fautifs paient de leur indélicatesse pour que le droit des victimes soit rétabli. Dans un premier temps, joint au téléphone, dame Tagba Gnakou nous a fait entendre qu’elle était souffrante et hospitalisée. Dix jours après, nous lui avions envoyé le message dont la teneur suit : « Bonsoir. J’ai un dossier de vente d’un terrain des GATIGLO dont l’argent n’est pas allé aux ayants droits. Je souhaite voir quelqu’un de votre cabinet à ce sujet. J’ai sonné mais vous étiez souffrante. Que Dieu nous guérisse. Journal le rendez-vous ». Ce message n’ayant pas eu de suite, nous avions encore appelé une semaine après, personne ne s’est occuper de nous.

Il devient de plus en plus triste que les Togolais n’arrivent plus à faire confiance aux auxiliaires de justice à chaque fois que de gros sous sont en jeu. L’immobilier est devenu un champ aurifère où tout le monde veut s’enrichir au détriment de la morale la plus élémentaire. Nous vous donnons lecture de la décision de justice reconnaissant, sans équivoque, le droit de propriété des GATOGLO sur le domaine vendu. Bon à suivre.

Source : Abi-Alfa, Le Rendez-vous N° 286 du du 30 août 2016

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