Togo : L’enfer de la route Lomé-Vogan

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 «Je vous garantis que les travaux seront exécutés ; c’est un engagement, ces travaux ne seront pas abandonnés »  – Ninsao Gnofam

Il est quasi impossible de circuler sur le tronçon Lomé-Vogan sans entendre les usagers, conducteurs de voiture, motocyclistes et piétons maugréer contre les autorités. Si les insultes pouvaient tuer, il y a longtemps qu’on aurait conjugué certains de nos gouvernants au passé composé. C’est la seule arme qu’ils ont trouvée pour exprimer leur ras-le-bol. Circuler sur ce tronçon au moyen d’un engin à deux ou quatre roues en temps ordinaire relève du parcours de combattant. La situation devient intenable après la pluie.

Togo : L’enfer de la route Lomé-Vogan

Pour avoir emprunté cette voie après la pluie qui s’est abattue sur Lomé la semaine dernière, on comprend l’enfer que vivent au quotidien les usagers. D’abord, il faut faire remarquer que c’est un tronçon très animé. Beaucoup de gens, fonctionnaires, commerçants, etc. sont partis s’installer dans la périphérie de Lomé, surtout à Djagblé et empruntent quotidiennement cette route. Sans oublier ceux qui font l’aller-retour Lomé-Vogan et autres localités situées le long de cette voie.

L’entreprise CECO-BTP qui avait remporté le marché et entrepris la réfection a tout simplement abandonné le chantier depuis plusieurs mois, laissant la route en piteux état. Les difficultés commencent à partir de Kégué dès qu’on dépasse le ponceau ou l’échangeur. C’est la croix et la bannière pour les usagers. Des mares d’eau, de la boue,  tel est le décor de cet axe routier complètement détruit. « Vous voyez vous-même, la route est dans un état indescriptible. Si ceux qui nous dirigent passaient par ici, ils auraient compris le degré et l’ampleur de la situation de dégradation de cette voie et trouvé une solution », lance, dépité, un chauffeur de taxi.

Il faut toutes sortes de gymnastiques et d’acrobaties, comme sur des pistes de rallye pour pouvoir circuler. Bref, tout ce qu’il faut pour faire augmenter la tension chez les usagers. C’est depuis plusieurs mois que les populations souffrent du mauvais état de cette route, mais le mal, c’est qu’elles ne savent pas quand leur calvaire prendra fin.

Interpellé à l’Assemblée nationale au mois de juin sur le retard énorme constaté dans la réhabilitation de cet axe routier, le ministre des Infrastructures et des Transports, Ninsao Gnofam s’est mué en Directeur financier et en avocat défenseur de l’entreprise CECO, à la grande surprise des députés. D’après le ministre, le retard des travaux de la route ; Lomé-Vogan-Anfoin résulte du fait que l’entreprise attributaire aurait utilisé les fonds décaissés (plus de 26 milliards de Fcfa) pour s’équiper.

Il continue sur cette lancée en affirmant goguenard que le gouvernement ne peut pas sanctionner l’entreprise, et que s’il le fait, il serait dans l’impossibilité de récupérer les fonds. « Si nous résilions le contrat, comment allons-nous faire pour récupérer l’argent qui lui a été versé ? Une chose est sûre, c’est que le gouvernement fera tout pour que la route soit finie d’ici la fin de l’année 2016 », avait déclaré Ninsao Gnofam, exposant aux yeux de tout le monde les accointances qu’il a avec CECO et  qui ont sapé le travail. Des propos qui avaient scandalisé les parlementaires.

Le ministre avait assuré les députés que les travaux seraient livrés à la fin de cette année 2016. On est déjà fin octobre, les travaux n’ont guère avancé. Pendant ce temps, les usagers continuent de souffrir de l’état de délabrement avancé de la route…

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com