Togo : Lancement de la campagne « Souvenez-vous de moi » en faveur des victimes de violence en 2005 Le CACIT réclame à l’exécution de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO

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Il était déjà aux côtés des victimes des actes de violences et de violation des Droits de l’Homme avant, pendant et après l’élection présidentielle de 2005, qui a suivi le décès du président Gnassingbé Eyadéma. Une assistance qui a à un dépôt de plainte dans 72 cas devant les tribunaux de Lomé, d’Atakpamé et d’Amlamé. Face aux tergiversations des tribunaux togolais, le CACIT a porté l’affaire en 2011 devant la Cour de justice de la CEDEAO qui a fini par donner raison aux Requérants quant à la violation de leur droit à la justice. La décision du 3 juillet 2013 ordonnait également « à l’Etat togolais d’inviter les juridictions nationales à instruire instamment les plaintes des Requérants de façon à rendre effectif leur droit consacré à l’article 7.1(d) de la charte ». Mais jusqu’à ce jour, cette décision de la Cour de justice de la CEDEAO est restée sans suite. C’est donc pour contraindre l’Etat togolais à aller à l’exécution de cette décision que le CACIT a lancé, depuis le 25 Juillet 2016, la campagne « Souvenez-vous de moi » qui est une « campagne de sensibilisation en faveur des victimes des violences de 2005 que le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) ». Une campagne qui selon les informations se poursuit jusqu’au 25 Septembre prochain.
D’après un communiqué du CACIT signé de son président, Spéro Mahoulé, c’est une initiative qui vise à « interpeller les autorités togolaises sur la situation des victimes des violences de 2005 qui vivent dans la précarité et attendent toujours réparation », à « rappeler aux autorités togolaises quelles doivent exécuter la décision de la Cour de justice de la Communauté CEDEAO du 03 juillet 2013, condamnant l’Etat togolais à instruire les 72 plaintes déposées par les victimes, avec l’accompagnement du CACIT ».
Au cours de cette campagne, il est prévu comme activités, « la publication des affiches et vidéos rappelant les violences subies par les victimes et faisant le point sur leur situation actuelle », « la publication des teasers de soutien aux victimes », « la réalisation d’émissions et de différentes publications » et « la mise à disposition d’un document de plaidoyer auprès des autorités togolaises et des missions diplomatiques ».
Pour rappel, au lendemain du décès du Président Gnassingbé Eyadéma le 05 février 2005, Lomé et certaines villes de l’intérieur du Togo ont été le théâtre d’actes de violence et de violation de droits de l’Homme avant, pendant et après l’élection présidentielle d’avril 2005.
Plusieurs rapports (Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, Union Africaine, Amnesty International, ONU) font état de 150 à 500 togolais qui ont perdu la vie durant cette période. Les auteurs désignés de la plupart des violences perpétrées, ont été « les forces de défense et de sécurité ainsi que les milices aussi proches du pouvoir que de l’opposition ».
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