Togo, La cabale politique contre Alberto Olympio se confirme : 5 ans de prison requis, le délibéré le 21 septembre

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Il ne fait pas bon s’opposer au régime cinquantenaire des Gnassingbé. Le président du Parti des Togolais, Alberto Olympio en fait actuellement l’amère expérience. Une peine d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans est requise contre lui par le Procureur de la République. C’est dans le cadre de l’affaire de détournement de fonds dont il fait l’objet.

Le président du Parti des Togolais, victime une sale cabale politique déguisée de la part du régime Faure Gnassingbé | Photo : @lome

En effet, l’un des associés d’Alberto Olympio lui reproche d’avoir, « en sa qualité d’administrateur d’Axxend Corporation Maurice, frauduleusement disposé de la somme de six milliards (6.000.000.000) Francs CFA au mépris des statuts et des droits des associés, contrefait et falsifié un acte privé ou un document bancaire ou de commerce contenant reconnaissance, et en tout état de cause, sciemment fait usage des relevés bancaires ainsi falsifiés ».

Pour nombre d’observateurs, et les faits le prouvent, il s’agit d’un dossier monté de toutes pièces pour nuire au président du Parti des Togolais. Et pour cause, l’instruction de cette affaire n’a jamais suivi son cours normal. Lorsque le dossier a été porté devant la justice, il a été confié au 5ème substitut du Procureur qui a conclu à un non-lieu définitif. Mais ce réquisitoire sera remplacé deux mois plus tard par un autre bien que l’avocat d’Alberto Olympio l’ait déjà consulté.

Preuve de la manipulation de la justice dans cette affaire plus politique que civile, le Procureur de la République signe lui-même la seconde réquisition et en modifie les termes. Le « non-lieu définitif » est remplacé par un « non-lieu partiel ». « Ce jour-là, je fus plus que choqué, désemparé et complètement déboussolé de constater dans le dossier qu’à la place du réquisitoire définitif de non-lieu entre-temps disparu, un nouveau document titré « Réquisitoire de non-lieu partiel» portant la même date que le premier (11 janvier 2016) mais signé cette fois-ci, non par le Cinquième Substitut, mais par le Procureur de la République lui-même. La désolation était grande et la consternation totale car sur les quatre (4) chefs d’inculpation, le parquet requiert que la première infraction n’était pas constituée mais que pour les trois (3) autres, tous les éléments constitutifs de l’infraction seraient réunis pour entrer en condamnation contre mon client, alors que le même parquet avait antérieurement, et dans son premier réquisitoire régulièrement transmis, conclu au non-lieu total relativement aux quatre (4) chefs d’inculpation, à la suite d’une démonstration juridique très convaincante. Curieusement le juge d’instruction a suivi à la lettre le parquet dans son réquisitoire (le second) en rendant le 03 mai 2016, une ordonnance définitive de non-lieu partiel et de renvoi devant le Tribunal correctionnel », s’est indigné Me Célestin Agbogan.

Le procès était prévu le 17 août dernier puis renvoyé au 31 août. Le délibéré est attendu le 21 septembre 2016 et le procureur a requis 5 ans d’emprisonnement. Cette affaire vient augmenter le nombre des procès politiques. L’affaire dite d’escroquerie internationale qui a éloigné Pascal Bodjona de la vie politique togolaise et celle d’atteinte à la sûreté de l’Etat impliquant Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés sont de parfaites illustrations.

Source : G.A., Liberté

 

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