Togo Epé-Ekpé 2016 : Une édition, deux pierres sacrées

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La cérémonie de prise de la pierre sacrée dans la ville d’Aného n’a plus rien de solennelle. Deux camps se réclamant la paternité de la pierre, ont dévoyé un rituel séculaire. Epé-Ekpé 2016 a offert un spectacle ridicule, révoltant avec au finish, la prise de deux pierres dites sacrées de mêmes couleurs avec des messages presqu’identiques.


Les rivalités entre les deux camps antagonistes (Sakouma d’un côté et Maman Kolé de l’autre) qui se disputent la paternité de la prise de la pierre sacrée ont déteint sur le caractère sacré du rituel.

L’année passée, c’était une pierre colorée à la couleur du partir UNIR. En 2016, les deux parties rivales ont poussé l’outrecuidance jusqu’à prendre chacun de son côté une pierre dite sacrée.

Avant même la cérémonie de ce jeudi, le camp Sakouma, incarné par Guin Fiogan et ses camarades ont décidé de faire un rituel en toute intimité, très loin du public, des médias, bref des curieux. Les forces de l’ordre et de sécurité ont quadrillé le sanctuaire pour éviter toute intrusion.

Dans la matinée, une pierre de couleur blanc-sale a été prise. Son message, la paix et la réconciliation dans une ambiance de tension. Il y a eu des jets de grenades lacrymogènes pour disperser la foule. On enregistre plusieurs blessés dont des cas graves.

Ceux qui se réclament de Maman Kolè conduits par Nii Mantchè protestent et décident à leur tour de prendre une autre pierre. Ils se sont organisés, et dans l’après-midi ont fait le rituel et en sont sortis avec une nouvelle pierre de même couleur que celle prise par leurs rivaux un peu plus tôt. Les deux messages sont presqu’identiques. Mais ici, il est ajouté l’interdiction faite aux femmes d’avorter et il est demandé qu’on prenne soin des jumeaux, leur donner à manger.

Et donc, pour Epé-Ekpé 2016, il y a eu deux pierres de mêmes couleurs et presque de mêmes messages. Une hérésie, une insulte aux dieux vodou. Une provocation qui, en principe, devrait pousser ces dieux à déverser leur colère sur ceux qui se permettent de dévoyer un rituel séculaire, jadis sacré.

« La culture est ce qui reste à un peuple, après avoir tout perdu, dit-on. Visiblement, ceux qui s’affrontent autour d’Epé-Ekpé à Aného n’en sont pas encore conscients. Et ils continuent de faire le jeu des manipulateurs en dévoyant le caractère sacré d’une cérémonie pourtant séculaire et jadis observée avec déférence », écrit le confrère L’Alternative sur le sujet.

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