Togo : Détérioration du système éducatif, le triste cas d’Afagnan

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Contrairement aux chapelets de pseudo-avancées que le parti au pouvoir  (RPT/UNIR) cite sans vergogne, prétendues avancées relayées par les griots tant nationaux qu’internationaux notamment Manuels Valls en promenade de santé dans notre pays, il y a quelques semaines, de tristes réalités révèlent l’état de décrépitude avancé des différents secteurs sociaux de notre pays, le Togo. De la santé à l’éducation en passant par les droits de l’homme, le Togolais lambda bat les pavés sans succès remettant au finish son sort à Dieu.

Le cas très édifiant et patent du système éducatif du pays. En effet, le système éducatif togolais tel qu’il se présente depuis l’amorce du processus de démocratisation au Togo notamment, constitue une preuve palpable de l’incompétence notoire du système dictatorial qui régente la vie du peuple togolais. Salles de classe surpeuplées, c’est à dire pleines à craquer à cause de l’effectif pléthorique, bâtiments scolaires vétustes laissant entrevoir les rayons solaires. C’est la vraie présentation de nos établissements scolaires qui inlassablement continuent de former des élites au destin étouffé. Quelle ne peut être la vitesse de course sinon la débandade provoquée, outils scolaires éparpillés çà et là, tout simplement parce qu’un reptile, considéré comme un visiteur encombrant a décidé de se promener un peu dans son environnement ? Triste d’être élève au Togo où l’on remarque avec amertume des serments aussi trompeurs que démagogiques pour affabuler le jeune despote. Ça fait mal cette descente aux enfers de l’éducation de notre pays.

La langue française par laquelle le message sinon la connaissance est transmise aux apprenants, est, au constat, défigurée et massacrée par et les enseignants et les apprenants. Difficile de nos jours à un enseignant de construire une phrase française qui ne souffre de logique, de blessures grammaticales… La grammaire étant devenue l’ennemi juré de tous. Bref, l’éducation est bafouée et foudroyée sinon galvaudée au Togo.

L’Etat défectueux des infrastructures scolaires pose le problème de la sincérité de ces projets bidons que miroitent le RPT/UNIR avec orgueil aux têtes qui se refusent toute intelligence. Des établissements scolaires sans clôture, des salles bourrées de tables bancs cassées et hors d’usage, soutenus par endroits par des briques ou du bois ; bâtiment abritant les écoliers et élèves sans fenêtres ni portes exposant ces apprenants aux dangers et aux intempéries pendant les saisons pluvieuses. Le constat vraiment amer et provoque l’indignation de l’observateur que je suis, citoyen togolais ayant connu le même cursus scolaire de mésaventure que mes frères et sœurs qui subissent de nos jours le pire. Ces derniers végètent lamentablement dans une insouciance et irresponsabilité caractérisées des autorités gouvernementales qui les  abandonnent au profit de l’inutilité. Mes constats ne sont nullement imaginaires parce que j’ai pu toucher du doigt le cas d’Afagnan. Je l’ai vécu juste pour une journée et je me suis rempli plein la panse.

Il urge après avoir visualisé les vidéos des bâtiments scolaires en déconfiture, et écouté les apprenants, de demander à madame la ministre du « DEVELOPPEMENT » à la base, de l’artisanat,
de la jeunesse et de l’emploi des jeunes,  Victoire Sidémého Dzidudu TOMEGAH qui jasait la dernière fois sur les ondes pour défendre la création de cantines scolairse.

Madame la ministre du « DEVELOPPEMENT » à la base, je ne vous en veux pas pour votre « belle et brillante » initiative sur la création des cantines scolaires dans des établissements scolaires de mon pays le Togo. Je voudrais avant tout savoir si votre « belle et brillante » initiative couvre tous les établissements scolaires du Togo où bien vous avez bien agi comme une ségrégationniste en privilégiant certains apprenants togolais au dépend des autres ? Sinon, vous auriez pu constater que ce ne devrait nullement être l’urgence. Aussi, non seulement vous voudriez servir un repas chaud par jour aux élèves qui cherchent une salle de classe digne, avoir la chance de s’asseoir un ou deux par banc et avoir au finish des enseignants rassasiés, mais aussi vous accouchez votre projet au moment où ce corps enseignant crie son ras-le-bol parce que ces droits sont bafoués par votre gouvernement. Formidable concepteur de projets à la jeunesse!!! J’aurais voulu vous applaudir mais, souffrez que je vous dise que c’est injuste, méchant, absurde et incongru votre projet.

Je lis au travers de votre initiative, une forme de ségrégation érigée en système de gouvernance puisque le chef de l’Etat, celui-là qui dit être le président de tous les Togolais et qui crie un mandat social, vous a précédé à travers un machin pareil dans le Tchaoudjo où il a, dit-on, subventionné rien que les apprenants aux examens de BEPC de ladite localité. Pure ségrégation ! Mais  de votre initiative si louable et dont vous vous réjouissez, jasant à gorge déployée devant les projecteurs, j’ai été ahuri de constater malheureusement qu’elle n’est que pure plaisanterie de mauvais goût, parce que à Afagnan où je me suis rendu, j’ai du constater que l’éducation est au rabais et les infrastructures dans un état de vétusté avancé par la seule et unique faute de votre gouvernement qui gère les affaires publiques comme celles privées.

Nombreux sont ceux qui se demandent la cause de cette détérioration de l’éducation dans notre pays ? Quelle en est la cause réelle ? Si dans un passé, le chef de l’Etat lui-même, conscient de cette décrépitude,  a jugé bon que soient organisés les Etats généraux dans un secteur clé de la vie de la Nation togolaise qu’est l’éducation qui a d’ailleurs pour mission de former les élites de demain. Sauf que ces états généraux demeurent un éléphant blanc vendu au peuple togolais, une pure démagogie. Malgré tout ça, la descente aux enfers de l’éducation au Togo prend des proportions très inquiétantes.

Des élèves de la 6ème, 5ème et 4ème que j’ai voulu interviewer à Afagnan ont tout simplement refusé de répondre tout simplement parce que, confient-ils: « Je ne comprends pas bien français». Nous avons cherché en vain celui peut qui bricoler la langue de Molière. Ouf ! J’ai pu trouver trois courageux qui ont bien voulu sauver l’honneur. Mais au terme des interviews, je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup à faire pour sauver l’éducation de mes frères et sœurs abandonnés à leur triste sort.

Je suis indigné madame la ministre parce que je constate que l’éducation est sacrifiée et galvaudée dans mon pays où votre gouvernement refuse d’offrir aux enseignants, des conditions de vie et de travail digne de ce nom. Je suis très indigné parce que l’école n’est plus ce qu’elle était lorsque vous-même aviez fréquenté. Je suis indigné parce que vous concevez des projets qui frisent des futilités, abandonnant l’urgence et l’essentiel.

Source : [27/11/2016] Idelphonse Akpaki, La Gazette du Togo

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