Togo, Chefferie traditionnelle à Agoè Kpatéfi-Cacaveli : Le préfet Kofi Mélébou défie une décision ministérielle et veut d’imposer un autre chef

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Ces dernières années, les problèmes de chefferies traditionnelles se sont multipliés de manière considérable dans plusieurs localités du pays.

Togo, Chefferie traditionnelle à Agoè Kpatéfi-Cacaveli : Le préfet Kofi Mélébou défie une décision ministérielle et veut d’imposer un autre chef

La plupart de ces conflits surviennent lorsque certaines personnalités, souvent proches du pouvoir politique en place, tentent d’imposer d’autres personnes à la place des chefs légitimes. Une situation qui est souvent source de violences et de tensions entre les communautés. C’est visiblement ce à quoi on se dirige dans le village d’Agoè Kpatéfi-Cacaveli, où les populations se préparent à s’opposer à la remise d’un arrêté de reconnaissance à un homme que le préfet du Golfe Kofi Mélébou veut imposer comme chef dudit village. La cérémonie prévue le 24 septembre prochain risque d’être mouvementée.

Depuis plus de six générations, la famille Akpabè règne dans le village d’Agoè Totsi Kpatéfi-Cacaveli jusqu’à la mort du dernier chef, Ezion Agbégnowou en 2009. A sa mort, Akpabe Kodjo, l’actuel chef, de la lignée de feu Ezion avait été intronisé par le conseil coutumier du village. La remise officielle de sa reconnaissance par arrêté ministériel a été retardée par des manœuvres du préfet Koffi Mélébou, bien qu’un procès-verbal dûment établi après son intronisation ait été envoyé aux autorités compétentes.

Le préfet du Golfe, Koffi Mélébou, avait à l’époque remis de faux rapports à Gilbert Bawara, alors ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales pour détourner le trône au profit du sieur Aziamale Passah Koamivi. Il a, pour habiller sa forfaiture, convoqué le clan Akpabè entre temps pour leur signifier que leur trône est contesté. Kofi Mélébou avait brandi à cet effet un bordereau analytique de terrain portant le nom de feu Allaglo Koudi, grand-père du sieur Aziamale Passah Koamivi, comme chef du village. En réalité, Allaglo Koudi n’assumait que l’intérim en l’absence du vrai chef Akpabè Edoh, qui avait fait un voyage au Gold Coast, actuel Ghana dans les années 1937. Une fois de retour du Ghana, Allaglo koudi lui a retourné son trône en présence de ses enfants et frères dont certains sont toujours en vie et ont apporté leur témoignage.

Face à ce coup de force orchestré par Mélébou, le clan Akpabè avait saisi le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, l’ancien Premier ministre Arthème Ahoomey Zunu et l’ancien ministre de l’Administration territoriale Gilbert Bawara. Après des investigations, l’arrêté nommant le sieur Passah Koamivi a été suspendu le 28 août 2014. De même, Gilbert Bawara, en sa qualité de ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, avait promis revenir trouver une solution à cette situation après l’élection présidentielle d’avril 2015.

A son départ de ce ministère, le clan Akpabè a de nouveau rencontré par deux fois son successeur Payadowa Boukpessi pour le dénouement du problème. Lors des échanges, le ministre aurait regretté le comportement du préfet et a même demandé la tenue d’un nouveau conseil coutumier inclusif pour choisir un chef consensuel. Ce qui fut fait et le choix a été une fois encore porté sur le chef Akpabè.

Malgré tout, le préfet Mélébou veut tenter un passage en force, passer outre les décisions de ses chefs hiérarchiques et veut profiter d’une cérémonie de remise officielle d’arrêté à quatre chefs de quartiers pour inclure son protégé. Les populations n’entendent pas se laisser faire. Elles veulent par tous les moyens empêcher cette remise d’attestation en exigeant le retour à la normale, c’est-à-dire la remise de l’arrêté au chef Akpabè Kodjo, en qui elles se reconnaissent. Vivement que les autorités prennent la mesure de la situation pour éviter le pire.

Source : Shalom Ametokpo, Liberte No. 2282 du 22 Septembre 2016

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