Tigre royal ou les travaux communautaires autour du football !

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A l’équipe Tigre royal du quartier Nukafu, ce n’est pas que du football. C’est aussi du développement à la base, de l’assainissement du quartier où se trouve sa base, de l’entraide. Reportage sur une matinée avec un club plein de jeunes qui allient le cuir rond aux travaux communautaires.

Dimanche 30 octobre 2016. Dans l’enceinte de l’école primaire publique du quartier Nukafu, plus connue sous le nom d’Aniko Palako, deux cages de petits poteaux sont posés dans le sable. D’habitude, « on commence l’entraînement à 7 heures. Aujourd’hui, nos camarades sont un peu en retard », informe un joueur, lui venu à l’entraînement plutôt que prévu.

7h 05 minutes, un groupe de joueurs arrivent, se changent et commencent à taper dans le ballon. Se mettre en forme avant que les choses proprement dites ne commencent. A partir de cet instant, le groupe se grossit de nouvelles arrivées à tel point que dix minutes plus tard, tout est fin prêt pour que la séance du jour débute.

Le coach de Tigre royal, Paul Assamagan donne le ton. Tout le monde se regroupe au centre du terrain pour la communion avec Dieu. Les échauffements commencent, quelques étirements en plus d’une série de courses. Le compte est bon pour démarrer la séance.

Deux camps de quatre joueurs se forment ; un en gilet bleu et l’autre en jaune (photo illustrative). Le ballon est posé au centre. L’arbitre, un joueur blessé au pied, mais qui est toujours présent aux côtés de ses camarades, donne le coup d’envoi. La partie un peu brouillonne à l’entame se durcit de temps à autre, mais pas de mauvaises intentions. Il y a également de belles phases de jeu. Un bémol, trop d’échanges verbaux sur le terrain.

Au commencement… les travaux communautaires

Le football donne rigueur au peuple et maintient l’ordre entre les citoyens, dit-on souvent. Et les fondateurs de Tigre royal savent qu’à travers cette discipline plusieurs maux peuvent être corrigés.

C’est ainsi qu’en 2008, six personnes décident de créer une équipe dans le quartier Nukafu pour regrouper les jeunes ou les volontaires autour des idéaux comme les travaux communautaires, l’assainissement de leur milieu, l’entraide, le vivre-ensemble dans une atmosphère de respect mutuel et de convivialité.

Aujourd’hui, l’équipe a grandi et compte plus de 30 joueurs inscrits et qui s’entraînent régulièrement, participent aux objectifs fixés dès le départ, explique Koumeyi Zourkaneni, président de Tigre royal.

L’autre objectif phare de cette équipe est de « promouvoir la paix dans les maisons, dans le quartier, à Lomé, au Togo, en Afrique et dans le monde. Nous travaillons pour rendre propres les quartiers et inciter les gens à en faire de même », ajoute-t-il.

Organisation de l’équipe

Les six membres du départ occupent aujourd’hui les postes clés de la Direction de Tigre royal, lui impriment la direction à suivre, planifient tout et surtout assurent les charges importantes.

L’adhésion est ouverte et gratuite à tout le monde à condition que l’aspirant accepte de respecter scrupuleusement les principes de l’équipe. Néanmoins chaque dimanche, jour d’entraînement, les membres de l’équipe doivent payer chacun la modique somme de 100 F CFCA. « Il y a aussi des cotisations que nous faisons en fonction de nos besoins », précise le président.

Tigre royal qui se rejouit d’avoir servir de tremplin au défenseur Etchonou Hoffa, actuellement sociétaire du club Anges FC de Notsè en première division, affectionne les petits poteaux, et joue parfois les grands poteaux. Il prépare les matches retour contre une équipe d’Attiégou, en déplacement, et recevra chez lui celle de Hédzranawé.

Les difficultés

C’est sur ce volet que l’on comprend mieux que la vocation de cette équipe est effectivement celle des travaux en communauté, du développement à la base, des leçons de vie en groupe. Ses premiers responsables expliquent qu’ils n’ont pas de problème de trésorerie. Autrement dit, face à une charge, chacun contribue comme pour dire l’union fait la force. « C’est vrai que la Direction de l’équipe assure les dépenses les plus importantes. Tout vient de notre poche », assure Paul Assamagan.

L’objectif à long terme n’est nullement de devenir une grande équipe ni chercher à jouer le championnat national de football de deuxième voire première division, mais laisser une empreinte dans la communauté de base, corriger les mauvaises habitudes. Et c’est tout à leur honneur.

A.H.

icilome.com