Tension entre Lomé et Bruxelles : Faure Gnassingbé renvoie Nicolas Berlanga-Martinez

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La révélation est une exclusivité de “La Lettre du Continent”. Le journal en ligne annonce que les relations entre le Togo et l’union Européenne seraient tendues. Et pour cause : “D’obscures raisons ont poussé le chef de l’Etat togolais à demander le rappel du représentant de l’Union européenne à Lomé”.

Ceci n’est pas une surprise quand on sait de qui il est question. Nicolas Berlanga-Martinez, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un diplomate comme les autres. Très simple, humble et ouvert, l’homme incarne une certaine franchise et n’est pas du genre à désigner le noir par le blanc (comme il est de coutume dans le jargon), sinon comme le font d’autres diplomates apprentis politicards ou commerçants, dirait-on.

Cloîtré dans un français à l’accent hispanique, l’ambassadeur de l’Union Européenne au Togo y met de tous les efforts et trouve toujours les mots justes, diplomatiques, mais fermes pour dénoncer les dérives qui entravent les principes démocratiques et de la bonne gouvernance.

C’est d’ailleurs sur ce ton que, pas plus qu’en Juillet dernier, au lendemain de l’atelier du HCRRUN sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles, Nicolas Berlanga-Martinez a dénoncé le danger que revêt la succession des dialogues sans résultats dans une République.

Quelques mois plus tôt, c’est le sujet des élections locales qui amènera l’homme à appeler le pouvoir à engager un processus de décentralisation dans un esprit consensuel et patriotique.

Des sorties massivement relayées par la presse sous le grand mécontentement du régime, peu habitué à des interlocuteurs francs dans les couloirs diplomatiques.

Et pour ce coup, il serait reproché au chef de la délégation de l’Union européenne de tenir des propos désobligeants contre le Togo et d’entretenir des liens avec l’ancien ministre de la Sécurité François Boko en exil depuis 2005.

L’union Européenne qui aurait été alertée par Gilbert Bawara sur l’attitude de son fonctionnaire, une attitude très indigeste pour le régime de Faure Gnassingbé, serait en courroux aux dernières nouvelles.

Contacté ce matin par la Rédaction d’iciLome.com, Nicolas Berlanga Martinez n’a pas souhaité se prononcer sur la question. Il a même soutenu qu’il n’était au courant de rien.

Officiellement en fonction à Lomé depuis le 1er Octobre 2013, Nicolas Berlanga-Martinez n’est pas un mordu des discours taillés sur mesures, et la plupart de ses interventions à de grandes occasions, sont presque improvisées, comme ce fut le cas le 15 septembre dernier à l’hôtel Sancta Maria, lors de la Revue Nationale des Finances Publiques.

Il ne connaît que trop les relations internationales, pour ainsi jouer sur son expérience au service de la démocratie, au lieu d’une hypocrisie comme on l’aurait espèré au Sommet de l’Etat. A 54 ans, l’homme est bien rôdé dans les couloirs des Nations Unies, et bien d’autres organismes internationaux dont l’Union Européenne.

Sous son égide, Bruxelles a fait moult réalisations sociales, des infrastructures urbaines aux accompagnements divers dans le sens du développement local dans les communautés rurales et ce, dans les contrées les plus reculées, où mêmes se revendiquant responsables politiques dans ces milieux, les membres de la “minorité pilleuse” n’y ont presque jamais mis les pieds.

C’est donc un tel personnage qui “fait peur” au pouvoir de Faure Gnassingbé, à tel point que ce dernier sollicite de l’Union européenne, pour un rappel sine die de l’ambassadeur Berlanga-Martinez.

Quand on se souvient du mal que s’est donné le chef de l’Etat à ramener l’UE sur le banc des partenaires du Togo, on peut aisément déduire le degré de menace que constitue l’ambassadeur de cette institution pour son pouvoir, au point de risquer un incident diplomatique entre le Togo et l’Union Européenne.

Rappelons d’ailleurs que l’Union Européenne reste le principal partenaire commercial dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Affaire à suivre…

A.L

Icilome.com