Start-up de la semaine : des capsules ivoiriennes de café pour concurrencer Nespresso

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Alors que la filiale de Nestlé a ouvert ses premières boutiques au Sénégal, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Ghana, mi-octobre, Ivory Blue, a ouvert sa première boutique au Plateau, le quartier d’affaires d’Abidjan.

Dans le secteur du café, on trouve Nespresso, et puis « what else ? » Quoi d’autre ? Alors que Nespresso a ouvert ses premières boutiques au Sénégal, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Ghana, IvoryBlue entend lui opposer une concurrence 100% ivoirienne.

La jeune entreprise a ouvert sa première boutique à Abidjan, la capitale économique, le 13 octobre dernier. Résultat de deux années de travail, cette marque, qui s’engage à vendre du café produit et torréfié en Côte d’Ivoire, est née de la volonté d’André Braud-Mensah.

Au départ, pourtant, rien ne prédisposait cet ancien ingénieur des télécoms, ancien membre de l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), à devenir torréfacteur. Rien, si ce n’est qu’il était depuis longtemps un grand amateur de café.

« Mon fils me rapportait régulièrement des capsules de Paris, raconte-t-il aujourd’hui. Je suis déjà allé à Cuba et je ne retrouvais pas dans ce café Nespresso ce que j’apprécie dans le café cubain par exemple. Pourtant, nous avons des cafés locaux qui sont bons, et pas aussi amers que le Nespresso », dit-il au sujet des nombreux caféiculteurs ivoiriens.

À Abidjan, la marque phare du groupe suisse Nestlé a ouvert sa première boutique il y a deux ans, dans le prestigieux centre commercial Cap Sud, dans le quartier chic de Marcory, et doit en ouvrir d’autres.

Sept variétés de cafés identifiées

Pas de quoi décourager André Braud-Mensah. Au terme de ses recherches, il identifie sept variétés de cafés qui correspondent à autant de terroirs en Côte d’Ivoire. Sa préférence va à celui produit entre 400 et 500 mètres d’altitude sur les montagnes qui entourent la ville de Man, dans l’ouest du pays, et notamment sur les contreforts du Mont Nimba, à la frontière avec la Guinée.

C’est d’ailleurs dans cette région que se trouve le café ivoirien : l’Arabusta, culture hybride initiée sous l’ancien président Félix Houphouët-Boigny, via le CNRA (Centre national de recherche agronomique), un centre de recherches spécialisé sur le café. « Trop souvent, on a tendance à mélanger de l’Arabica doux et du Robusta un plus fort pour compenser, explique André Braud-Mensah. Alors qu’ici [aux alentours de la ville de Man], on a un mélange naturel ».

Très en amont de son lancement, en octobre 2014, André Braud-Mensah commence à courir les salons spécialisés avec son bébé, sa nouvelle création, des capsules de café ivoirien, en France d’abord, et jusqu’en Chine. L’ouverture de sa boutique à Abidjan, dans le centre-ville, en plein cœur du quartier du Plateau, est le résultat de cette préparation.

La clientèle libanaise dans le viseur

Torréfiées sur place par André Braud-Mensah, les capsules se déclinent en quatre types de cafés différents pour s’adapter à tous les goûts, du plus amer au plus doux. Et l’offre vise à s’adapter encore à la clientèle. Pour plaire à l’importante diaspora libanaise, estimée à entre 200 000 et 300 000 en Côte d’Ivoire, Ivoryblue réfléchit désormais à l’élaboration d’un café à base de cardamome, proche de celui que l’on consomme à Beyrouth.

Si dans un premier temps, la diffusion d’Ivoryblue sera limitée à la Côte d’Ivoire, André Braud-Mensah voit bien Ivoryblue s’exporter chez ses voisins du Mali ou du Sénégal, eux aussi gros consommateurs de café, et aussi en Chine.

Un lancement minutieusement préparé

Avant le lancement de la boutique, André Braud-Mensah a assuré ses arrières en distribuant gratuitement à Abidjan près de 4 000 boîtes contenant les précieuses capsules en août dernier.

Signe plutôt encourageant, il n’y a eu aucun retour négatif, assure-t-il. Compatibles avec les machines Nespresso, les capsules sont vendues à un prix qu’il admet être « un peu élevé » : 3 000 francs CFA (4 euros) pour les capsules Robusta, 3 500 francs CFA pour l’Arabusta. Un prix appelé à diminuer à mesure qu’Ivoryblue sera rentré dans les mœurs. L’entrepreneur escompte également distribuer ses capsules griffées Côte d’Ivoire sur une e-boutique en cours de développement.

Mais le fondateur d’Ivoryblue l’assure : ses capsules reviennent toujours moins chères que celles de son concurrent international, Nespresso, qui les vend, lui, à 4 000 francs CFA, « 30% plus cher », souligne malicieusement André Braud Mensah-Mensah.

Jeune Afrique