Ressurgence des vieilles habitudes : Une marche de soutien à Faure Gnassingbé pour une route aménagée à Guérin-Kouka

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Les zélés du régime cinquantenaire sont anachroniques. En ce troisième millénaire, ils mobilisent encore des populations de Guérin Kouka (dans la préfecture de Danpken) et de Badou (chef-lieu de la préfecture de wawa) pour une marche de remerciement à Faure Gnassingbé pour avoir construit les routes qui desservent leurs villes.

On aura tout vu au Togo sous le règne des Gnassingbé. S’il existe un domaine dans lequel le régime cinquantenaire s’est particulièrement illustré ces dernières années, c’est bien sûr celui des infrastructures routières. Beaucoup de routes sont rénovées, de nouvelles sont construites, d’autres encore lancées, peinent à être finies et livrées.

L’approximation est la principale caractéristique de ces infrastructures, malgré les fonds énormes qu’elles engloutissent. C’est ainsi que le pays s’est énormément endetté pour des réalisations discutables. Il suffit d’une petite pluie pour s’en rendre compte.

Qu’à cela ne tienne, certains zélés trouvent encore des occasions pour mobiliser des pauvres populations qui peinent à joindre les deux bouts pour marcher sous le chaud soleil, afin de remercier Faure Gnassingbé de leur avoir construit des routes. C’était le week-end dernier. Comme si desservir des zones encore enclavées alors que le pays est indépendant depuis 56 ans, est une chose extraordinaire, comme si c’est un cadeau de Faure Gnassingbé.

Quelle est cette manière de clochardiser des populations pour un rien du tout ? S’est demandé un observateur. Le régime est coutumier du fait. Il suffit d’un tour de Victoire Tomegah-Dogbé, ministre du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes dans une localité pour remettre des houes et des coupe-coupe aux habitants pour que ces derniers rentrent en transe, chantent, dansent, s’égarent sous le soleil en guise de remerciement.

On comprend dès lors pourquoi ceux qui régentent les Togolais d‘une main de fer font tout pour qu’ils ne s’émancipent guère. Sinon où on peut aujourd’hui trouver des gens marcher sous le chaud soleil pour remercier un chef d’Etat de leur avoir construit des routes, si ce ne sont sous les tropiques ? Des routes qui se font d’ailleurs avec de lourds endettements pour le pays.

A.H.

icilome.com