Rentrée : 1 500 nouveaux enseignants pour quelles écoles ?

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A la veille de la rentrée des classes, le gouvernement s’est félicité d’un semble de mesures prises en faveur du secteur de l’éducation. Mesures parmi lesquelles, on parle de 1 500 nouveaux enseignants, soit une nouvelle configuration d’un enseignant pour 45 élèves. Sur le terrain, les réalités sont loin des discours constamment servis par le gouvernement.

Notons d’emblée que cette statistique est loin des réalités, du fait de l’inégale répartition de ces enseignants sur le territoire national. Certains enseignants, forts de leur relations, se refusent à toute mutation en zone rurale où les conditions de travail riment avec misère et calvaire, pour le même salaire que ceux qui prestent dans un certain confort en ville, plus ou moins équipés, informés et nantis d’électricité à satiété.

On se retrouve avec des écoles en campagne où les classes sont accouplées pour défaut d’enseignants. Dans le Kpélé par exemple, à une vingtaine de kilomètres de Kpalimé, il y a de ces écoles où, sous les paillotes de fortunes, le même drapeau national flottant dans la cour, les classes sont accouplées : CP1 et CP2 pour un enseignant, de même que les CE1 et CE2, CM1 et CM2.

Il y a dans certaines écoles, des effectifs de 100 à 150 élèves pour un seul enseignant.

En prélude à l’année académique, le ministre des Enseignements primaire et secondaire, le Prof Komi TchaKpele a déclaré : « Vous êtes la pupille de la nation, vous êtes notre trésor et vous êtes surtout ce que nous avons de plus cher pour notre pays. A ce titre, le gouvernement prête une attention particulière à votre réussite scolaire et à votre avenir ».

A Lomé et à plus forte raison dans les régions de l’intérieur, c’est sidérant de constater le cadre dans lequel les prétendus « pupilles et trésors » de la nation sont appelés à étudier.

Les bâtiments scolaires datent pour la plupart de l’école coloniale. Au Lycée de Tokoin à Lomé, Kpodzi à Kpalimé et au lycée de Kara, il n’y a presqu’aucun nouveau bâtiment.

L’exemple le plus illustratif reste l’école primaire camp RIT encore appelée EPP Gnassingbé Eyadema à Tokoin. C’est l’école où Faure Gnassingbé a fait ses études primaires. C’est aussi là qu’accompagné de certains membres du gouvernement, il accompli son devoir civique (vote) lors de la dernière présidentielle.

Cette école a formé plusieurs hauts dignitaires de ce pays. Mais à nos jours, l’établissement n’a rien à envier à un dépotoir.

Pendant que les discours parlent de modernisation et de renforcement de l’éducation, les infrastructures sont abandonnées dans un état piteux, grabataire. Et c’est là qu’on veut former la relève, pendant que la minorité pilleuse a les moyens de s’octroyer de la climatisation jusque dans leur garages à la maisons.

A.L

icilome.com