Politiques et athlètes : Pour le meilleur, jamais pour le pire !

37

Faure Gnassingbé décorant Clarisse Agbegnenou

Ils sont légion, ces hommes et femmes, fils et filles, ces athlètes plus précisément qui, ont par leurs prestations, porté haut et fort les couleurs du petit Territoire dans un recoin du Globe en Afrique Occidentale, le Togo. Quand, pour un petit américain, « Togo » sonne comme une grossière erreur d’orthographe car identifié comme « To go » (verbe aller dans la langue de Shakespeare), ou lorsqu’il faut y ajouter « le pays de Sheyi Adébayor » pour nous faire identifier à l’extérieur, l’on ne saurait ignorer le défis noble que relèvent ces athlètes qui associent le nom du Togo à leur prouesses. Mais que leur manifeste-t-on en retour ces efforts acquis de hautes luttes ?

Aujourd’hui, c’est le tour de la judokate d’origine togolaise, Clarisse Agbegnenou. La médaillée d’argent aux jeux olympiques de Rio (pour le compte de la France) a été reçue jeudi à Lomé II et faite Officier de l’Ordre du Mono par Faure Gnassingbé. Ceux qui connaissent bien l’histoire du poison dans les packages de cadeaux togolais aux athlètes, retiennent encore leurs souffles quant à l’avenir de cette Franco-Togolaises.

Le parcours «decrescendo» de Benjamin Boukpeti

En Août 2008, Benjamin Boukpeti, kayakiste franco-togolais (pur produit de la France) fait une subite ascension mondiale dans son domaine, et décroche pour le Togo et son histoire, une toute première médaille Olympique à Pékin. Le pays tout entier flatté ne tarit pas d’éloges et d’honneurs à l’endroit du fils qu’on venait de découvrir à l’œuvre, en même temps qu’un sport (le canoé Kayak) qui ne disait rien, même au plus avertis dans le domaine sportif.

Après la ruée médiatique, les honneurs et accaparements de cette performance à des fins de marketing politiques de tous ordres, Benjamin Boukpeti se retrouve tout seul. Emporté peut-être par la farce de cette autorité politique togolaise, aux discours pompeux dénudés de tout pragmatisme, l’athlète choisis de s’installer au Togo dans les conditions que l’on connaît. Le résultat est là aujourd’hui, 8 ans après cette décision.

L’«ingratitude Togolaise» sera plus retentissante, lorsque Benjamin entre dans la course pour un siège au Comité Olympique International (COI) au nom du Togo : « Nous avons vu BOUKPETI ici à l’œuvre, il s’est battu jour et nuit à convaincre les athlètes à supporter sa candidature. Il a fait ce qu’il a pu. Malheureusement, nous pouvons dire que nous ne l’avons pas tellement accompagné comme cela se doit, afin qu’il puisse faire sa promotion. C’est tout simplement parce que nous n’avions pas les moyens pour pouvoir le faire et c’est triste », s’est indigné le président de Comité National Olympique Togolais (CNOT).

Benjamin Boukpeti a ainsi raté son pari de siéger au nom du Togo au COI pour défaut de soutien de la part de ces “alligators politiques”, profiteurs des victoires athlétiques venues de nulle part.

Au moins les deux Franco-Togolais (benjamin Boukpeti et Clarisse Agbegnenou) qui ont encore l’avenir devant, auraient eu l’honneur et le luxe d’une décoration et reconnaissance nationale.

Une affaire de mauvaise foi, de manque de volonté

Même si on prétend que financièrement les temps sont durs, on arrive quand même à puiser quelques 20 millions pour “Miss Togo” avec un curieux lot de partenaires derrière l’événement, alors qu’il n’y a même pas deux modiques millions pour acheter un vélo professionnel à Raouf Akanga, même pas pour une assistance médicale à Kodjovi Obilalé (ancien gardien des Éperviers, blessés et paralysé dans l’attaque terroriste de Cabinda en 2010).

John Kodjo Mensan alias Kaplongo, ancien champion d’Afrique de boxe (années 70-80), Folly Ekoué Zambla ex- international Togolais de Football… on ne les compte pas, ces athlètes togolais qui ont poussé loin les couleurs nationales et se sont retrouvés sans reconnaissance, ni accompagnement matériel pour le travail abattu.

Le sport et la culture au Togo passent en second plan, en dépit de leur contribution énorme à l’épanouissement de la jeunesse et à la création de l’emploi ainsi que du plus-valu. Quand on constate le moindre effort, c’est uniquement en faveur du football qui n’a apporté aucun trophée dans l’histoire.

Quand il faut faire la promotion d’un sport, c’est uniquement dans le seul intérêt de constituer des fédérations fantoches, histoire de se sucrer sur les avantages liés à la chose : lourds voyages ou missions au plaisir de virées dans des hôtels de luxe à l’étranger et toucher de grosses primes pour revenir pleurnicher que la cagnotte est vide dans les fédérations pour soutenir l’activité.

Ce qui laisse libre cours à la misère des jeunes athlètes, ceux qui devaient passer en premier plan dans toute bonne politique sportive.

Le sort des athlètes au Togo n’est guère envieux. A les voir sur les écrans, dans les grandes arènes internationale à souffrir le martyr pour le drapeau togolais, on est ému. Dieu seul sait comment ils y sont parvenus et le sort à eux réservé en cas de défaite ou de victoire.

Une brave fille du terroir avait fini par distribuer aux enfants de son quartier, l’ensemble des trophées remportés sur l’échelle mondiale, et faire table rase du « ping-pong », sport dans lequel, elle était devenue une star à la fleur de l’âge. Mais, le président Eyadéma avait catégoriquement refusé de soutenir sa candidature pour l’obtention d’une bourse.

Entre autorités politiques et jeunes athlètes au Togo, c’est pour seulement le meilleur et jamais pour le pire.

A.L

icilome.com