Nicolas Lawson : « Un mandat social n’est pas une supercherie ! »

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Nous ne voulons pas de révolution au Togo  mais si le gouvernement actuel la rend inévitable alors nous soutiendrons une telle folie.

Nicolas Lawson : « Un mandat social n’est pas une supercherie ! »

Comme un fantôme fourvoyé d’une politique morte, le gouvernement est entrain de nous conduire vers l’abîme. Oui ! l’article 77 de la constitution en vigueur dispose que : « sous l’autorité du Président de la République, le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et dirige l’administration civile et militaire ». Il dispose de l’administration, des forces armées et des forces de sécurité.

Ainsi, comme une ombre égarée hors du tombeau, il :

  • a supprimé l’allocation de départ à la retraite des fonctionnaires,
  • harcèle les entrepreneurs avec l’assistance d’un étranger qui ne parle pas français,
  • fait fuir les importateurs étrangers de notre port par des taxes exorbitantes,
  • tourmente nos revendeuses et les entreprises privées du pays en leur réclamant des impôts parfois fantaisistes,
  • laisse souiller notre environnement,
  • force notre jeunesse à  l’indignité, à l’oisiveté, à la délinquance, à la désespérance, à la prostitution, etc.

Comble de l’absurdité et pour ne pas perturber un sommet de pure propagande, il reporte la rentrée scolaire, méprisant ainsi l’avenir de tout un peuple qu’il tient dans l’ergastule et abandonne à la désolation.

Après avoir organisé la bombance dans l’enceinte de l’ancien palais des hôtes de marque et donner des milliards de FCFA à une gourgandine de la République pour sa rénovation, il le laisse à l’abandon. Avec le scandale de Panama Papers, la destruction des activités au port de Lomé, le lavage des déchets des phosphates dans la mer sur notre côte, le soutien à la mafia pour la distribution de l’essence toxique dans la sous-région, l’emprisonnement arbitraire sans jugement et sans condamnation  de certains compatriotes qu’ils veulent éloigner du pouvoir, etc, ce sont nos frères et sœurs qui sont de la sorte accablés dans une cuisante détresse et qui sont courbés sous le plus odieux avilissement.

Au summum de tout cela, il n’est pas permis aux étudiants de se plaindre, le gouvernement a suffisamment de gaz lacrymogène pour les gazer.

Nous nous posons la question de savoir pourquoi le Chef de l’Etat a osé dénoncer cette minorité criminelle, qui nous a pris en otage par des crimes, des chantages, des mensonges, des pillages de nos ressources, etc. ? Que cette minorité sache qu’on a beau vouloir comprimer le feu sacré de la liberté et de la justice, il brûle et brûlera toujours. Plus il parait dans certains instants anéanti, plus sa flamme menace de se réveiller subitement forte et explosive. Qu’elle sache aussi que les patriotes que nous sommes ne les haïssent pas mais haïssent leurs actes antisociaux, impopulaires et criminels.

Comment le Premier ministre peut-il proclamer que sur instruction du Chef de l’Etat, son gouvernement exécute un mandat social ? Quel outrage ! Quelle imposture ! Quelle ignorance ! Quelle provocation ! Sait-il seulement ce que veut dire un mandat social? et comment peut-il ignorer à ce point que le peuple a des droits sacrés et inaliénables et que l’oubli et le mépris de ceux-ci sont les causes de ses malheurs ? Croit-il que c’est en opprimant un peuple et en l’avilissant pour continuer à s’enrichir personnellement, à terroriser les populations et à flagorner le Chef de l’Etat que l’on s’élève ? S’imagine-t-il que nos forces de défense et de sécurité, qui sont avant tout les défenseurs de la République, consentiront longtemps encore à n’être que des machines de répression, des pantins, des marionnettes insensibles, qui obéissent aux ordres de leur minorité sans scrupule qui ne pense pas à l’avenir de leurs enfants et parents ? Elles ne soutiendront pas indéfiniment un régime qui pille nos ressources avec la complicité des prédateurs étrangers. Nos frères des forces de défense et de sécurité finiront inévitablement par examiner froidement et scrupuleusement si le gouvernement est républicain. Alors, elles assumeront leur rôle de défense de la République et des droits.

Notre parti, le PRR, a choisi de rassurer la conscience de tous les hommes de bien et nous pensons qu’il est souverainement important d’apporter le flambeau des principes développés et appliqués par un raisonnement mûr et indépendant des personnes et des partis pour les aider à se déterminer.

Aucun gouvernement n’a le droit de violer aussi vulgairement les dispositions de l’article 81 de notre constitution en refusant de créer le Sénat. Le gouvernement a impudemment et délibérément violé la constitution en vigueur en méprisant son TITRE X et les articles 134 à 136, etc. Notre Assemblée nationale a usurpé les prérogatives du Sénat en adoptant des lois sans le respect des dispositions de l’article 81 et les suivants. Elle a nommé trois représentants à la Cour Constitutionnelle à la place du Sénat, rendant celle-ci anticonstitutionnelle, illégale et illégitime. Malgré les masques et les jargons qu’utilise la minorité criminelle, elle a affaibli l’autorité de l’Etat, dégradé le Chef de l’Etat, souillé nos institutions et dépravé notre société.

Il devient urgent de s’insurger irrémissiblement contre cette minorité pour mettre un terme à son pouvoir de nuisance, antipopulaire, liberticide et contraire  aux principes et aux valeurs démocratiques et morales.

En nous attaquant au Premier ministre et au gouvernement, en prenant en compte les dispositions de l’article 66 (alinéa 2) et de l’article 77 de la constitution en vigueur, et non directement au Chef de l’Etat, nous aidons ce dernier à prendre ses responsabilités, en se séparant sans délai d’un gouvernement exceptionnellement médiocre et criminel pour couper la racine à toutes les convulsions pouvant encore déstabiliser notre société pour longtemps. C’est impératif de préserver la paix sociale et la stabilité politique, en vue d’entreprendre sereinement toutes les réformes indispensables  dont le pays a besoin.

Nous voulons aussi rappeler ici que nous sommes à un moment de notre histoire au cours de laquelle, ce n’est plus une section du peuple qui doit opérer le changement véritable mais l’ensemble de notre peuple. Incontestablement, toute révision de la constitution doit prendre naissance dans le sein de ce peuple tout entier  et ne peut plus émaner du corps législatif. Les forces actuelles représentées à l’Assemblée nationale ont déjà montré leur incapacité à s’entendre. Elles ont outrepassé largement leurs pouvoirs et trahi notre peuple par leurs discordes permanentes et par leur abaissement de notre pays à l’extérieur. En s’entendant pour voter les augmentations de leurs rémunérations sans le contrôle du Sénat, elles ont violé ouvertement la constitution en vigueur et n’ont servi que leurs intérêts particuliers. Le peuple étant dorénavant mieux éclairé qu’il y a trois ans, il partage également mieux les réprobations formulées contre toute la classe politique.

La minorité, qui s’accapare des richesses nationales et qui a perdu toute conscience du bien et du mal, a sans pudeur et sans voile consacré les injustices en tout genre et la misère  la plus épouvantable dans nos villes et villages. La mesure de ses forfaits est portée à un tel comble et à une telle évidence que la longue patience de la masse du peuple est lassée et que sa crédulité n’y tient plus. Pour ne pas laisser se perpétuer la misère actuelle, le désordre dans la société et la servitude, qui vont inéluctablement conduire à des soubresauts violents, il va falloir mettre en place rapidement un gouvernement de salut public. Un tel gouvernement devra engager la métamorphose de notre société.

Nous devons alors créer une organisation qui étendra ses ramifications dans tous les endroits de notre territoire pour éveiller les consciences et prendre un caractère d’ardente croisade contre la pauvreté, contre l’ignorance, pour l’éducation des jeunes et des adultes, pour des aides à tous les indigents et pour réaliser la solidarité nationale.

L’agenda pour la politique sociale se déterminera et s’exécutera sur quatre niveaux de décisions : -les affaires sociales ; -la santé publique et la prévoyance sociale ; -les conseils généraux ; – et les communes. Dans le cadre d’une vision globale de l’action sociale et de ses problèmes, il sera mis en place un comité social central qui s’attaquera à la misère silencieuse dans nos cantons et dont l’objectif sera de créer un bien-être général de la population partout sur le territoire national.

Le gouvernement de salut public devra obligatoirement donner une aide sociale et médicale qualitative à tous les togolais, un environnement de travail plus humain, des loisirs enrichissants ; le tout à travers une vision globale de l’homme dans son milieu naturel. La politique sociale s’intégrera tout naturellement dans une politique de plein emploi. Les ressources investies dans la politique sociale seront considérées, non comme une dépense, mais comme un facteur de stimulation de la demande et de l’investissement, donc un moyen d’éradiquer la misère, de réduire le chômage et d’augmenter le produit national brut.

Le gouvernement de salut public devra proposer des mesures sociales innovantes  pour aider les familles, pour le lancement d’une politique à long terme de construction de logements pour tous les fonctionnaires et pour les salariés du secteur privé. Il devra accorder des subventions aux agriculteurs et faire voter des lois d’assurance volontaire contre le chômage, pour les pensions vieillesse, pour les allocations pré- et post-natales, pour l’allocation aux enfants des veufs,  des veuves et autres orphelins, pour les subventions aux cantines scolaires, pour les congés payés généralisés. A partir de 67 ans, tout togolais devra bénéficier d’une pension nationale vieillesse. En plus des allocations familiales, des cantines gratuites seront assurées dans les écoles primaires et progressivement dans les écoles secondaires, des manuels scolaires gratuits seront fournis dans les établissements publics. Non seulement toutes les écoles, tous les lycées et toutes les universités seront dotés d’infirmeries et de bibliothèques mais également de terrains de jeux. Il y aura une assurance maladie obligatoire et une pension complémentaire professionnelle. De la sorte, par une politique économique appropriée, qui redistribuera les ressources nationales, nous allons élargir le pouvoir d’achat des travailleurs (le doubler pour commencer) et jeter les bases d’une politique économique expansive pour réaliser un véritable mandat social.

Le gouvernement de salut public ne devra pas oublier de restaurer l’allocation de départ à la retraite des fonctionnaires. Les deux piliers d’une politique efficace de l’emploi et d’un système complet d’assurances sociales vont s’appuyer sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et des mœurs. Chaque togolais verra alors sa sécurité économique et sociale renforcée.

Avec la restauration de l’ordre, de la discipline et de l’autorité d’un Etat juste et fort, nous préparerons pour l’avenir d’autres différentes formes d’aides publiques, d’assurances, de soins préventifs et curatifs, qui devront protéger efficacement et complètement les togolais. Les fruits de leur travail ne doivent plus servir dans les années à venir à la cupidité et à la jouissance d’une minorité de fainéants corrompus dans tous les vices. Que Dieu nous inspire et nous protège.

Nicolas Lawson
Président du PRR
28 septembre 2016

27Avril.com