Yaovi Agboyibo, le poker manipulateur qui se victimise

210

Pour avoir dirigé pendant trois ans (de 1987 à 1990) la Commission Nationale des Droit de l’Homme (CNDH), créée par le Général Eyadema, Me Agboyibo a réussi à se faire passer auprès des populations pour un grand défenseur des droits de l’Homme.

Il faut rappeler, par devoir de vérité, que c’est grâce à l’action de la CNDH que l’interdiction faite aux populations d’abattre et de consommer les animaux sauvages a été levée, tout comme la prohibition de produire et de commercialiser le sodabi (une boisson locale fabriquée à base du vin de palme). C’est également grâce à la CNDH que les populations abusivement spoliées de leurs terres, pour raison de faune, ont pu récupérer ces dernières.

Par conséquent, si l’on ne lit que les pages de l’histoire du Togo correspondant à la période de 1987 à 1990, on est vite tenté de croire que Me Agboyibo est un obnubilé mordu pour la défense des droits de l’Homme. Mais, le parcours politico-professionnel de l’ancien président de la CNDH ne se limite pas seulement à ces trois années passées à la tête de l’institution et il faut aller au-delà pour découvrir l’homme dans ses magouilles et complots.

Les apparences sont trompeuses et les démons ont toujours eu la manie de se faire accepter comme des saints. Pour ceux qui ne le savent pas, Me Agboyibo n’est pas un saint. C’est un capitaliste du temps de Marx qui a réussi, à cause de la paresse intellectuelle des éveilleurs de consciences, à se faire passer pour un démocrate et défenseur des droits humains. Pour s’en convaincre, il faut simplement fouiller un peu dans la gestion du personnel de son cabinet. En effet, Me Agboyibo n’a jamais immatriculé ses employés à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour leur permettre de bénéficier d’une pension à la retraite. Et pourtant, la loi au Togo stipule que dès que vous recrutez un employé, vous devez le déclarer à la CNSS dans les huit (08) jours qui suivent et chaque mois vous versez une cotisation à la caisse pour servir de pension de retraite. C’est ainsi que Me Agboyibo, tel un colon, exploite ses employés et lorsqu’ils veulent aller à la retraite il leur accorde une modique somme pour indemnité de retraite. Par ailleurs, aucun des employés du cabinet Agboyibo ne perçoit son salaire dans une banque. Ils sont payés main à main et ne peuvent pas par conséquent solliciter un prêt pour se réaliser. L’on ne peut traiter de la sorte ses employés et se faire passer pour un défenseur des droits humains.

Sur le registre politique, pour Me Agboyibo, tout ce qui compte, ce sont les apparences. L’important ce n’est pas ce que l’on est, mais ce que les autres pensent que vous êtes. En d’autres termes, en politique, selon le bélier noir, il faut tout faire pour paraître comme ce que les gens veulent que vous soyez. Il le dit toujours à ses proches.

Me Agboyibo : Un éternel « traître » au sein de l’opposition

Dans son discours, lors de la pompeuse cérémonie d’investiture des candidats du CAR pour les législatives de 2007, Me Agboyibo a accusé les Togolais de se comporter comme le peuple de la Judée qui en l’an 33 de notre ère, a préféré Barabbas à Jésus Christ. Barabbas dans le contexte togolais, selon Me Agboyibo, c’était Gilchrist Olympio, parce que qualifié de radical. En comparaison avec Gilchrist, Me Agboyibo se fait passer pour Jésus Christ.

Mais si l’on s’intéresse de près au parcours politique du bélier noir, on comprend aisément qu’il est le prototype même de Judas, celui qui selon les Evangiles, a trahi Jésus Christ pour qu’il soit arrêté et crucifié. Pendant les vingt-cinq ans de lutte héroïque du peuple togolais pour une véritable démocratie et surtout pour l’alternance, Me Agboyibo a toujours joué un rôle de traitre, cherchant son intérêt personnel au détriment de l’intérêt général. Cet homme a juré que si l’alternance ne passe pas par lui, que le pouvoir reste entre les mains du RPT-UNIR.

Pour convaincre les sceptiques, nous rappelons ici quelques faits historiques. Premier acte de traîtrise, en 1993, l’opposition togolaise regroupée au sein du Collectif de l’opposition Démocratique (COD II), sur les conseils de pays occidentaux, notamment la France, s’était réunie à Cotonou au Bénin pour désigner un candidat unique devant affronter le général Eyadema à l’élection présidentielle. Le choix fut porté sur Edem Kodjo. Aussitôt, Me Agboyibo quitta précipitamment de nuit la capitale béninoise pour revenir à Lomé annoncer que le CAR aura un candidat.

Et comme si cela ne suffisait pas, le bélier noir, sous prétexte que le pouvoir avait empêché la candidature de Gilchrist Olympio, fit exercer des pressions sur Edem Kodjo qu’il se retire de la course. Me Agboyibo a posé cet acte par méchanceté pour que Kodjo ne devienne pas président de la République et non par solidarité pour Gilchrist Olympio. Et pourtant, Edem avait le soutien de la communauté internationale.

La preuve, en 2003, le pouvoir a également empêché Gilchrist d’être candidat, mais le président d’honneur du CAR a pris part à l’élection. Le deuxième acte posé par Agboyibo contre le peuple togolais, c’était en 1994.

A la suite de la victoire de l’opposition aux élections législatives, Me Agboyibo, parce qu’il n’a pas été nommé Premier ministre, a choisi de mettre fin à l’alliance entre le CAR et l’UTD, alors que le poste de président de l’Assemblé nationale lui était garanti. Par cet acte égoïste, Me Agboyibo a fait perdre la majorité à l’opposition, bradant ainsi la victoire du peuple togolais acquise de haute lutte. C’est comme cela que le RPT a repris du poil de la bête pour devenir aujourd’hui un parti hyper-puissant.

En 2006, Faure Gnassingbé, affaibli par les circonstances calamiteuses de son arrivée au pouvoir en 2005, avait donné à Me Agboyibo, alors Premier ministre, toute la latitude d’opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles préconisées par l’Accord Politique Global (APG). Mais le bélier noir, prétextant que c’est l’UFC qui va tirer profit des réformes si celles-ci sont réalisées avant les élections anticipées, a refusé de les faire. Si ce n’est pas à cause des calculs égoïstes de Me Agboyibo les réformes auraient été réalisées depuis maintenant dix ans et l’alternance aurait déjà eu lieu.

Me Agboyibo a toujours cherché tout pour lui seul. Mais il a réussi par la manipulation à faire croire aux militants du CAR qu’il lutte pour le bien commun. Nous avons des éléments pour affirmer que c’est l’attitude de Me Agboyibo qui a affaibli au fil du temps le CAR qui avait pourtant suscité beaucoup d’espoir. A l’issue des législatives de 2007, Me Agboyibo a fait des pieds et des mains pour rester à la primature. En ce moment, il avait encore la confiance du chef de l’Etat.

Faure Gnassingbé, à cause de certaines contingences, n’a pas voulu le reconduire, mais aurait, selon des sources proches du CAR, promis sept postes ministériels au parti des déshérités. Parce qu’il n’a pas eu le poste de Premier ministre, Me Agboyibo a refusé que le parti rentre dans le gouvernement de Komlan Mally. Ce comportement du président d’honneur du CAR est l’une des raisons qui ont poussé Me Hegbor à se retirer de la politique et George Aïdam à rejoindre le RPT-UNIR.

Le judas (Me Agboyibo) de la politique togolaise a tout fait pour écarter du CAR tous ceux qui peuvent lui tenir tête. Du moins, c’est son comportement de fourbe qui a fait partir nombre de cadres. Nous pouvons citer Me Gahoun Hegbor, les professeurs Afan Honoumadji et Apédo Amah, messieurs Nayone, Aïdam et bien d’autres. Toutes ces personnes ont fini par comprendre que Me Agboyibo est un manipulateur qui ne cherche que ses propres intérêts.

Selon des premiers responsables du CAR, le bélier noir s’est toujours servi du parti pour solliciter des fonds lors des périodes électorales, mais qu’il garde la grande partie par devers la main. Par exemple, en 2007, Agboyibo aurait reçu du président Omar Bongo trois milliards (3.000.000.000) F CFA. Seulement, selon nos investigations, le bélier noir avait investi moins de 150.000.000 dans la campagne des législatives. Le soutien financier apporté par le parti à chaque duo de candidats s’élevait à 800.000 F CFA, débloqué en deux temps (une moitié pour la 1ère semaine et l’autre moitié pour la deuxième).

A l’époque l’Assemblée nationale comptait 81 sièges. Si on multiplie 800.000 F par 81, cela donne 64.800.000 F CFA. Agboyibo a toujours voulu utiliser le CAR comme une béquille pour assouvir ses besoins. Il n’est pas prêt à accepter que de son vivant quelqu’un d’autre puisse être candidat du CAR à une élection présidentielle. C’est pourquoi, n’ayant pas été choisi pour représenter le CAR à la dernière présidentielle, Me Agboyibo a œuvré pour que le parti boycotte le scrutin. Nous savons que le président d’honneur et Kissi ont fait des démarches auprès d’autres partis membres d’arc-en-ciel pour qu’ils ne soutiennent pas la candidature du président Apévon.

Nous reviendrons sur d’autres détails dans un prochain article.

LAT

icilome.com