Togo Vacances et croisades religieuses : L’entreprise spirituelle en marche

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Le Togo tout entier vibre au rythme des vacances scolaires et universitaires. C’est aussi l’occasion pour certains fonctionnaires et salariés de négocier quelques jours de congé pour se mettre à la disposition de leurs familles. C’est paradoxalement le lancement d’une longue saison de séminaires et de conférences dans le monde des pseudos « hommes de Dieu ».


Croisades, campagnes d’évangélisation, conventions, séminaires … la période des vacances parait plutôt ardue pour ces hommes et femmes dits « de dieu », agiles à toute ultime occasion pour rassembler du monde et se faire entendre.

C’est le temps où les églises animent non-stop 24/24, et que le Seigneur est censé accomplir des prodigues uniquement à travers les « micros églises » qui pullulent dans tous les coins de rue, les une en face des autres, comme dans un marché où la concurrence est rude.

Plus que des professeurs d’Universités, ces « hommes de dieu » s’érigent en véritables conférenciers et séminaristes avec des thèmes ronflants tels : ardente pluie de bénédictions ; le plaisir d’une joie retrouvée avec christ, vers la montagne des bénédictions, le seigneur promet d’ouvrir ton dossier.

Avec un baccalauréat et quelques semaines de lecture de la Bible dans un centre au Ghana ou au Nigéria, quelques mots en anglais glanés çà et là, ils reviennent la valise pleine de costumes acquis aux marchés de friperies des pays voisins et taguent de titre de «révérend », plus que jamais inspirés et prétendument remplis du Saint-Esprit pour soit disant « nourrir spirituellement le peuple de Dieu ».

L’entrée est souvent gratuite, histoire d’attirer un grand auditoire, et se faire assez de recettes grâce aux multiples séances de quêtes ou plutôt de rackettes.

Dieu ! C’est l’ultime sujet ou l’ « appât » utilisé pour berner les pauvres populations, la majorité étant des femmes, surtout des commerçantes en quêtes d’un coup baguette magique pour prospérer dans les affaires. Pour y arriver, elles sont prêtes à abandonner leurs affaires des semaines pour des aventures périlleuses, qui finissent souvent pour des bleus dans l’âme de nos pauvres mamans.

Comment faire confiance à un être humain qui d’une façon incohérente parle de Dieu, mais fait une promotion ostentatoire de sa propre image, comme s’il n’était que le seul moyen pour parvenir à Dieu ?

Sur les affiches et les posters conçus pour leurs campagnes publicitaires, il n’y a que leurs images travaillées et peaufinées par des infographistes chèrement payés, avec des titres grotesques dont ils affabulent leur auditoire pour faire lourd.

Une façade de bienveillance, des mines d’enfants de cœur pour envelopper une tonne de calculs d’intérêts que témoignent souvent les enseignants trop longs et appesantis sur la parabole de la pauvre vieille qui avait fait don de tout ce dont elle disposait, avec amour et dévotion sous le regard charmeur du Seigneur Jésus-Christ.

Combien de ces pseudos pasteurs et hommes de Dieu ne rêvent pas de voir tous ceux qui franchissent le vestibule de leur tabernacle se comporter comme cette femme-là, précédemment citée ?

Et tout près, combien sont-ils vraiment à soucier de la misère du peuple ? Combien sont ces pasteurs qui partagent volontiers ce qu’ils ont dans la chambre avec les voisins, sans jamais rien attendre de la quête ? Et combien sont-ils à s’oublier ou à penser en priorité aux autres quand les moments sont durs ? Combien sont-ils à prier à huis-clos avec la femme du voisin, sans vraiment la convoiter ?

Ce n’est pas qu’il n’en existe pas. Mais on peut vraiment les compter au bout des doigts, parmi des milliers.

« Je suis le Chemin, la Vérité et le Vie. Nul ne vient au Père que par Moi », a dit Jésus-Christ dans Jean14 :6 avant d’avertir dans le livre de Mathieu, au chapitre 15 du veset 7 : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs ».

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