Togo : Un pouvoir illégitime qui impose des chefs traditionnels illégitimes : Prédication de la réconciliation dans des salles d’atelier, division dans les cantons

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Du Sud au Nord, la fonction du chef traditionnel est devenue une pomme de discorde au Togo. De nombreux chefs n’ont de pouvoir que celui à eux accordé par leurs mentors cadres du Rpt-Unir. Ils n’ont aucune légitimité vis-à-vis de leurs populations.

Dans plusieurs localités, les chefs traditionnels ne sont devenus que des préfets adjoint qui n’ont d’activité que lorsque le préfet ou le député Unir fait une sortie. Et leur confiscation de l’autorité traditionnelle est source de profondes divisions au sein de leur communauté.

Les dernières zones de tension où brûle encore le feu sont Adangbé et Kovié. Dans ces deux localités, malgré les vives protestations des populations, comme toujours au Togo, les plus forts ont imposé leurs pions. A Kovié par exemple, un comité scientifique a été constitué par les autorités locales et toutes les parties ont signé un engagement ferme de ne pas contester les conclusions.

Et pourtant, cela n’a pas empêché le prétendu évangéliste Adédzé et ses proches de trouver le moyen d’imposer quelqu’un d’autre, en dehors de celui que les recherches scientifiques ont permis de désigner comme le chef légitime. Conséquence, de graves remous sont signalés depuis deux semaines dans le canton.

Pendant donc que l’on prêche la réconciliation dans les salles de conférence, d’atelier et dans les discours, sur le terrain, dans les différentes localités du pays, les actes sont plutôt à l’opposé des discours. L’injustice continue d’être consacrée par la loi du plus fort. Et toujours, ce sont ceux qui jouissent du soutien des plus forts qui remportent la partie. En tout cas, tant que leur soutien resteront forts.

Seulement, ces genres d’injustices alimentent de graves ressentiments au sein de la population qui peuvent à tout moment déboucher sur des graves conflits. Les derniers affrontements entre les populations de Défalé et celles de Niamtougou ne sont pas nés du jour au lendemain; le conflit couvait depuis des années et il n’a fallu que d’une étincelle pour embraser la forêt.

Et ça et là sur le territoire, ces genres de conflits sont latents. C’est souvent autour des questions foncières ou de chefferie ou parfois de cohabitation difficile entre des communautés autochtones et allogènes qu’ils tournent.

Ces problèmes, il ne faut pas le perdre de vue, sont très sérieux et il ne suffit pas d’un atelier entre des hommes politiques destinés à la retraite pour les régler. En plus, on ne peut pas prétendre inscrire le pays dans un processus de réconciliation et en même temps multiplier les actes qui divisent les populations, dans le seul intérêt de la minorité, plus forte.

L’ALTERNATIVE

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