TOGO : SOS, Collectif sauvons le Palais de justice de Lomé

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La justice togolaise est non seulement, comme le prétendent les défenseurs des droits humains, une justice  aux ordres mais est aussi est le reflet de son local. Le palais de justice de Lomé est dans un état piteux. De l’extérieur blanchit, on tombe sur une intérieur dégradé.  Du plafond  aux ventilateurs en passant par les lampes et les installations de sonorisation, le matériel du palais de justice surtout de la grande salle d’audience végètent dans une déconfiture regrettable. A qui donc la responsabilité ?

Des matériels de sonorisation en piteux état, avec du son inaudible, des micros qui se font prier pour faire porter les voix, des ventilateurs décorés de rouilles, des ampoules grillées tombés en lambeaux et suspendus, des plafonds suspendus qui laissent dangereusement apparaitre des fissures, le tout animé par une bonne couche de poussière, voilà comment se présente la grande salle d’audiences du palais de justice de Lomé, le plus grand du Togo.

Ce palais qui, d’après les défenseurs des droits de l’Homme  est l’image de la justice togolaise lui sans doute n’a-t-il  pas bénéficié des  milliards de FCFA injectés pour la rénovation de la justice togolaise.

Lors d’une discussion informelle,  un avocat à la cour nous a raconté un fait qui illustre les conséquences de cette dégradation : « Un accusé à la barre  lors de son procès a eu du mal à écouter les interventions du juge à cause du simple fait que, les micros du palais ne portaient pas. L’accusé exprimait la difficulté en entendre les questions fut sèchement réprimandé par le juge : veux-tu que je fasse ? Ce qu’il faut souligner est que comment est qu’un accusé peut parler ou se prononcer si celui-ci n’arrive pas à entendre les faits que vous lui reprochez ou les questions que vous lui posez ? », se demande alors notre interlocuteur.

La justice, ce n’est pas seulement les sentences mais, tout contribue, le local y compris.

Les partenaires en développement, notamment la France et le PNUD ont constaté la dégradation de l’institution judiciaire et ont décaissé des milliards.

Ceci pour permettre aux juges d’être à l’aise dans leur travail de dire le droit. C’est vrai, des rénovations ont été constatées, à la façade. Mais l’intérieur ressemble aux tombeaux blanchis de la parabole de Jésus. Le délabrement ne concerne pas que la grande salle. Plusieurs bureaux au palais de justice souffrent de la même dégradation. Récemment, les greffiers ont protesté contre les conditions de travail. Pour eux, les ordinateurs de bureau, des chaises, des tables et même des casiers de classement sont fournis par eux-mêmes. Ceux qui n’ont pas les moyens de le faire travaillent difficilement.

Le pouvoir judiciaire est le troisième et mérite encore plus d’attention, qui permette aux juges et aux magistrats de bien travailler et d’être à l’abri des vices qu’on leur reproche.

Les autorités du pays doivent dont prendre des dispositions pour améliorer les locaux  du palais de justice pour que les justiciables soient à l’aise lors des audiences, de même que les avocats, le juges, les magistrats et autres auxiliaires.

Le palais de justice n’est pas le seul à végéter dans un état piteux. Plusieurs autres institutions, ministères, directions générales sont aussi affectés par l’abandon. Le plus remarquable et regrettable, nous y reviendrons est le plus grand centre hospitalier du Togo. Le CHU Sylvanus Olympio.

Les reformes c’est aussi des cadres propres et des locaux épanouis. Un esprit sain dans un corps sain. A moins que les autorités n’attendent la création d’un « Collectif sauvons  palais de justice de Lomé ».

Richard AZIAGUE

independant express

Togosite.com

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