Togo : SKK, un premier ministre rossignol…

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«Qu’est-ce que la plupart des louanges en ce monde ? Des mensonges obligeants, des exagérations officieuses, des témoignages outrés d’une estime apparente et qui ne vient ni de la raison ni du cœur » – Louis Bourdaloue

On sait que la constitution togolaise triturée, charcutée et tripatouillée à maintes reprises par le régime rétrograde RPT/UNIR a dépouillé la fonction de Premier ministre au Togo. Tous ceux qui ont eu à occuper ce poste, sont réduits à la portion congrue. Au Togo, les chefs de gouvernement n’existent que pour inaugurer les chrysanthèmes. C’est dans ce rôle peu confortable qu’est confiné Selom Komi Klassou. Il passe son temps à inaugurer et à clôturer les séminaires et autres ateliers de renforcement de capacités. Il n’est à ses aises que quand son patron le délègue pour le représenter à un rendez-vous international à l’étranger.

Togo : SKK, un premier ministre rossignol…

Ce n’est pas parce qu’il n’a rien à faire que son Excellence le Premier ministre de la République doit passer tout son temps à chanter des louanges à Faure Gnassingbé. Il est vrai, comme le dit l’adage, que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Mais ce faisant, il passe aux yeux des Togolais comme n’ayant aucune personnalité.

Samedi dernier, le peuple Ewé avait célébré à Notsé la 60ème édition de la fête traditionnelle Agbogbozan, des festivités qui avaient mobilisé les sommités du pays. L’occasion était belle pour prouver l’attachement du peuple Ewé à la politique de développement de Faure Gnassingbé. « Le peuple Ewé exprime sa déférente gratitude au président de la République son excellence Faure Essozimna Gnassingbé pour le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) », tel est le message affiché en grandeur nature sur une banderole. Le ton était ainsi donné. Cet acteur politique a vu juste quand il exhortait le régime à cesser d’abreuver constamment le peuple de propagandes et d’effets d’annonces entre deux distributions de petits bonus qui ne règlent pas les causes intrinsèques du problème. Et qu’on ne peut continuellement endormir un peuple sans jamais penser au jour où il sortira de sa torpeur.

A en croire le confrère « Le Correcteur », le Premier ministre Selom Komi Klassou qui est un natif du milieu (Notsé), a saisi cette tribune pour faire étalage de tout son talent : chanter des louanges et des hommages à Faure Gnassingbé. Les critiques dont il avait été l’objet lors de la dernière édition où pour un discours de deux pages, il a cité une dizaine de fois le nom de Faure Gnassingbé, ont dû certainement ramollir ses ardeurs. « Permettez moi, à l’entame de mes propos, de m’acquitter d’un agréable devoir, celui de vous transmettre les chaleureuses et fraternelles salutations du Président de la République Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé qui (…) Le Président Faure, vous souhaite, ah ! Que dis-je ?, le Président Faure nous souhaite bonne fête d’Agbogbozan ; Peuple Ewé, mutualisons nos efforts et mobilisions-nous pour soutenir la politique de réconciliation nationale, de Paix sociale, de relance économique et de solidarité agissante du Président Faure », voilà quelques séquences des salamalecs servis lors de l’édition passée.

Cela ne surprend guère. C’est d’ailleurs ce qu’il fait de mieux depuis qu’il a été nommé à la primature. Récemment, un autre confrère avait publié des anciennes images du Premier ministre en train de lire des motions. Que peut faire de mieux un ancien  président du Mouvement national des Etudiants et Stagiaires du Togo (MONESTO) que de se fondre en flagornerie pour son bienfaiteur ?

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com