Togo, Recap. : Le PNP de Tikpi Atchadam a fait le stade plein à Sokodé, le weekend dernier.

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Le PNP, dans ses activités, continue par convaincre. Les partisans, sympathisants, admirateurs, hommes, femmes, enfants, vieux, les uns pour le voir pour la première fois, les autres pour l’écouter pour la énième fois, d’autres encore par fidélité renouvelée à un parti qu’ils ont embrassé dès sa naissance, ils ont suivi avec une attention particulière le message qu’a livré le leader de cette formation politique, plus expérimentée que son âge, dans sa plaidoirie pour l’alternance politique. Ils y étaient les partisans et sympathisants du PNP venus des préfectures de toute la région centrale et au-delà. Tchamba, Bassar, Sotouboua, les délégations des régions environnantes, Badou, Anié, sans oublier les fortes délégations du Ghana et du Bénin, tout le monde y était.

Togo, Recap. : Le PNP de Tikpi Atchadam a fait le stade plein à Sokodé, le weekend dernier.

Déjà le 12, veille du meeting, dès l’annonce de la délégation du PNP venue de Lomé, c’est d’une façon spontanée qu’une marée humaine a envahi la route nationale N° 1 à environ 10 km de l’entrée sud de Sokodé. Dès son arrivée, l’accueil était annonciateur du meeting qui allait suivre le 13. Le Parti National Panafricain a tenu ses promesses au stade ‘‘ Djobo Semon ’’. Après l’installation des autorités et populations, c’est le président du PNP Tikpi Atchadam qui est arrivé escorté par des chevaux. Après avoir fait un tour du terrain pour des salutations d’usage, il démarre son meeting aux environs de 9 h 45 mn. C’est l’imam de Kpangalam qui ouvre le bal par une prière d’ouverture. Le tour est venu au Secrétaire Général du parti, le Dr Sama Kossi de faire l’historique de la démocratie depuis les années 90 à nos jours. Ensuite, l’inoxydable Hassan Mola place son mot. Le président régional, l’ingénieur agronome Fousseni Asmiou, responsable du comité d’organisation, n’a rien laissé au hasard dans son mot de bienvenu avant de céder le podium au président national.

Le PNP promet de défendre, avec force et vigueur, les idéaux qui renforcent la cohésion national, ces valeurs précieuses dont toute la nation a besoin pour son développent. Le Togo, le bien commun à tous, vient tellement de loin, il a tellement des priorités, si ce n’est des urgences, qu’il est important de savoir le préserver des fléaux de la division, de la haine et de la violence. Il revient à tous de sauvegarder les acquis de la cohésion sociale pour éviter des lendemains sombres. Pour le PNP, la lutte ne fait que commencer si tout le peuple togolais veut se sentir au bercail. Elle a souffert et la population togolaise souffre, si rien n’est fait, elle souffrira encore. Le meeting est terminé peu avant 13 heures.

Commentaires

Me Tikpi Salifou Atchadam c’est son nom, il incarne désormais un parti politique qui voit et lit la réalité togolaise autrement. Doctorant en Anthropologie, juriste de formation, après une expérience de la politique au temps du plomb, il s’est réfugié dans les institutions internationales d’où il observait, non sans intérêt, les tristes réalités de son pays. Le temps est venu pour lui de rebondir, et l’homme le fait avec manière. De retour d’Allemagne où il a été le centre d’attraction de trois meetings géants, il a fait le stade plein à Sokodé le samedi dernier pour rendre compte aux populations de ce voyage décisif à l’avenir politique du parti du cheval.

Ce stade a vu passer des évènements. Allant des emblématiques mobilisations de l’ancienne UFC aux meetings d’import-export du RPT, mais jamais il n’a été aussi plein que ce samedi 13. La ville a bravé la peur des intimidations pour prêter oreille à un orateur qui a beaucoup à vendre. Lui, c’est Salifou Tikpi Atchadam, imprégné de ses réalités, entre l’école moderne et traditionnelle, il sait doigter le juste milieu, il sait choisir, pour chaque cible, son message. Il sait tirer les populations oubliées de leur isolement politique si ce n’est de leur exil, il sait redonner envie aux citoyens d’être Togolais. L’animal politique sait véhiculer un message qui embrasse toutes les préoccupations, qui tient compte de chaque contexte et respecte tout le monde dans ses attentes. Le stade était toute oreille, quand il naviguait entre ses développements qui ne laissent aucune couche sociale indifférente.

Parlant de la cohésion de la région centrale, c’est en vain que l’orateur a cherché les frontières entre les peuples Bassar, Kpamkpama et Tem, les Tem et les Tchamba, Koussontou et Kamboli, pour aboutir aux frères Kabyè dont la similitude linguistique avec le Tem, n’est pas un hasard de calendrier politique, mais un calcul de la nature. Puisant les références dans l’histoire, il passait pour un témoin de l’actualité récente où en pays Bassar, à une période de l’histoire commune, quand la danse Bassar appelée ‘’Lawa’’ atteint son paroxysme, c’est en langue tem que les frères Bassar entonnent les chants. Les chasseurs tem, à leur tour, quand ils dansent leur ‘’Kagbaga’’, à un moment donné de la danse, ils ne chantent qu’en langue ‘’Bago’’, une langue des milieux koussountou-kambolé et Tchamba.
Mieux, il trouve non sans pertinence, que, c’est sur la base des critères bien naturels et de la cohésion entre peuples que les premiers politiciens ont découpé géopolitiquement le pays en cinq régions.

Mais, s’il faut regretter le fait que les nouveaux colons aient pu charcuter le pays sans tenir compte des réalités naturelles, il faut dire, à qui veut l’entendre, que l’artisan de la division, entre des groupes naturellement homogènes, fut Eyadema Gnassingbé. Il s’en est allé ; il est grand temps que les Togolais, soient-ils Kabyè, Bassar, Tchamba, Tem, Agnanga, Mina ou autres, se mettent ensembles pour oublier les divisions artificielles. Il n’a pas trouvé de hasard dans la grande pluie qui est tombée à Sokodé à la veille de son meeting tout comme dans la nature couverte du jour J. Il a estimé que, c’est normal que l’opinion publique continue par redouter le pouvoir en place en soutenant qu’il est trop fort pour être déboulonné. C’est vrai-a-t-il reconnu, avant d’ajouter que, dans son calcul, l’être humain a toujours besoins d’un métal plus fort pour écraser un métal moins fort. Mais Dieu, dans son omnipotence et ses calculs insoupçonnés, utilise souvent un objet faible pour écraser un monument imprenable. Du coup, le PNP ne considère pas qu’il existe un régime trop solide pour céder devant une volonté populaire. Il a estimé que Sokodé est le nombril de ce pays, si ce n’est un carrefour.

Depuis la nuit des temps, ceux qui vont du sud vers le nord s’y arrêtent pour se reposer et reprendre les énergies ; ceux qui viennent du nord vers le Sud s’y reposent pour se ressourcer. Souvent, devait-il poursuivre, ces carrefours naturels bénéficient de développements urbains spontanés. Pourquoi donc Sokodé ne se développe-t-il pas ? Sensibilisant les populations sur la décentralisation, il n’a pas occulté le rôle que la chefferie traditionnelle et les confessions doivent y jouer. Il a remercié les admirateurs qui peuvent l’écouter sans être du PNP avant de leur demander de transmettre fidèlement à leur parti son message.

Son message, c’est que la mobilisation au niveau de chaque formation politique soit effective afin qu’un jour, une mobilisation générale se fasse pour réclamer ce que de droit. Il a remercié la diaspora togolaise qui a sauvé nos populations du déshonneur par leur contribution au quotidien des populations. Le PNP n’a pas clôturé sans regretter le fait que le Togo se retrouve un des rares pays où la population refugiée à l’extérieur est plus grande que celle au pays. Aux chefs traditionnels, il a tiré un coup de chapeau pour la sagesse avec laquelle ils ont géré l’affaire de Kpariyo. « Personne n’a l’intention de renvoyer qui que ce soit de quelque territoire que ce soit, les Kabyè de Kparyo ont les mêmes droit que les Tem de Kétao, de Tchamdè ou le Mina de Kara ou l’Ana de Dapaong.

La force du verbe et de la stratégie déplacent les montagnes au PNP, mais le régime en place, sclérosé par l’âge et endoctriné par l’argent ne croît pas au fait que le verbe et la conviction peuvent faire des miracles. Pour ce régime, l’alpha et l’oméga de toute mobilisation politique, c’est l’argent. Et ils ont raison quand on voit comment nos recettes publiques sont dilapidées pour obliger les militants à s’aligner. Du coup, les thuriféraires du système pensent déjà qu’un baron tem du RPT-UNIR finance les activités du PNP. En attendant que cela se réalise, le parti continue sa route.

Ci-dessous les discours du président régional de la région Central et du président national du PNP Tikpi Atchadam

Discours du président régional PNP de la région Centrale

Patriotes de la Région Centrale, patriotes délégués des Régions de la Kara et des Plateaux, des Savanes et Maritimes, Patriotes de la Ville de Sokodé et des villages environnants, vous qui avez sacrifié vos activités économiques et bravé toute peur pour rehausser par votre présence cet événement très important de l’histoire politique du Togo, c’est en votre nom que je voudrais présenter mon mot de bienvenu à son Excellence, Atchadam Tikpi, Président National du Parti National Panafricain (PNP) et à toute la délégation qui l’accompagne.

Excellence Monsieur le Président National du PNP, soyez le bien venu sur ce Stade Municipal de Sokodé où ces vaillants militants du PNP tiennent avec fierté à témoigner leur attachement à votre vision et à votre combat visant à libérer le Togo du joug de la dynastique régnante.

L’accueil triomphal et historique d’hier soir en est une preuve.

Ils sont très déterminés, car nombreux sont ceux qui souhaiteraient être ici comme eux. Mais animés de peur, ils ont préféré rester chez eux de peur de subir ce qu’a fait subir le régime à nos parents qui ont tenté de s’exprimer sur le terrain politique.

Ils n’ont pas tort. Notre génération et celle de nos parents ont été traumatisées par les événements malheureux de l’histoire du Togo des années 90. Rien ne peut effacer de cette histoire les événements tels que :

• L’assassinat de Mr TAVIO Amorin,
• L’assassinat de Mr AGBOBLI
• L’assassinat de Mr TCHANBANA,
• le malheureux carnage de fréo jardin qui est encore gravé dans la mémoire des citoyens togolais ;
• les tueries de la lagune de Bè ;
• la mort de Mr DJOBO Boukari ;
• l’attentat de Soudou,
• la terreur du feu commandant Tchassama à Sokodé et ses environs ;
• les tueries d’Atakpamé en 2005 pour ne citer que ceux-là. Paix à leur âme.

Et de tous les citoyens togolais, les femmes ont été les plus choquées. Ce qui fait qu’elles restent jusqu’ici silencieuses sur le terrain politique.

Oui, ils ont raison d’avoir peur. Cependant nous devons savoir que c’est ainsi que nos aïeux ont payé de leur vie pour nous sortir du joug colonial.

Éviter de faire la politique signifie réduire à néant tout ce grand sacrifice de nos aïeux d’une part et mettre en péril l’avenir des générations futures d’autre part.

D’ailleurs si voter est un devoir civique alors faire la politique est plus qu’un devoir.

Sur ce, je voudrais exhorter tous les patriotes qui ont pris « Conscience » de la situation politique du Togo et qui sont prêts à se battre derrière le Président ATCHADAM à rester « Intègres » car le « Développement » de notre patrie le Togo en dépend. Nous n’aurons aucune raison de faiblir ou de nous laisser intimider. Nous sommes sous la protection d’Allah.

A ceux qui restent toujours dans leur torpeur, je lance un appel vibrant pour une prise de conscience des enjeux politique du Togo. Qu’ils sachent que le contrôle de la gestion de la vie politique est un droit réservé à eux aussi.

Nous devons suivre les pas de nos aïeux qui se sont battus pour obtenir l’indépendance de notre chère patrie, de nos parents qui ont consenti d’énormes sacrifices pour instaurer la démocratie aujourd’hui biaisé par la classe dirigeante, pour faire restaurer une démocratie vraie et la bonne gouvernance.

Comment peut-on accepter qu’un régime, mieux, une famille décide du sort d’un peuple pendant un demi-siècle ?

Comment peut-on comprendre que dans un Etat soit disant démocratique, les règles de bonne gouvernance soit bafouées ?

Vvie le Parti National Panafricain pour que rayonne le Togo.

Je vous remercie.

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Discours du président national du PNP Tikpi Atchadam

Pays des grands et illustres rois dont nous arborons encore la fierté et dont nous gardons l’humanisme, le culte et l’amour de la Vérité ;

Pays des grands marabouts dont l’érudition traverse le temps et dont nous gardons encore la science et la force du chapelet ;

Terre des grands chasseurs dont les griots chantent encore l’épopée ;

Terre de braves forgerons, amis du feu et du fer, qui ont forgé à la fois le matériel agricole et les armes pour la protection et la défense du territoire ;

Terre des braves guerriers dont la devise est : plutôt la mort que le déshonneur ;
Terre des femmes aux multiples titres : reines, prêtresses, guerrières et commerçantes ;
Terre des griots inimitables dont nous entendons toujours l’écho des refrains magiques ;
Terre des tisserands habiles aux techniques millénaires ;

Chers compatriotes ; Je vous salue !

Cette terre sur laquelle Dieu a décidé en toute souveraineté suprême de nous faire naître est aussi le Togo. Pays de tous les espoirs au matin de l’indépendance, le Togo est aujourd’hui une terre de désespoir.

En effet, cinquante années d’utilisation de la division, la pauvreté et la peur comme stratégies politiques par le système RPT/UNIR ont fini par avoir raison du rêve des fondateurs, celui de faire du Togo, l’ « Or de l’humanité ».

Ce beau pays est aujourd’hui une terre qui n’offre que deux choix, si on peut parler de choix : vivoter (accepter l’irrigation goutte à goutte) ou partir. Mais si vous voulez vivre un tant soit peu, vous n’avez d’autre choix que de composer avec la minorité – propriétaire du Togo.

En vérité, des gens (hommes, femmes et enfants) sont partis. La Région centrale est un exemple typique de ce départ massif à la recherche de la vie et du bonheur. C’est ce qui justifie le dépeuplement des villages et des villes de la région.

La plupart des localités s’animent seulement lors des fêtes. Plus personne pour encadrer les enfants livrés à eux-mêmes dans des maisons habitées par des vieillards.

J’en profite pour exprimer la gratitude de tout le peuple togolais en général, et des populations de la Région centrale à l’endroit de la diaspora qui assure la survie et qui a sauvé les parents du déshonneur.

L’occasion me permet de renouveler la reconnaissance du PNP à l’endroit de la diaspora togolaise, particulièrement la diaspora du PNP qui a tout mis en œuvre pour rendre notre mission en Europe possible et très fructueuse.

Contre le Togo que l’Eternel nous a offert, et que les fondateurs nous ont légué, la minorité nous a tronqué avec un autre Togo, un faux. Depuis, le pays est méconnaissable et invivable.

Dans ce Togo, les services sociaux de bases sont inexistants pour la majorité. Manger à sa faim est aléatoire. L’un des plus touchés est le paysan obligé de vendre ses récoltes pour payer l’engrais que l’Etat lui fournit.

Dans le même temps, l’école publique et la santé publique n’existe plus. L’éducation et la santé sont devenues des marchandises, un luxe accessible aux seuls riches.

A partir du moment où les droits fondamentaux de l’homme, c’est-à-dire le droit à l’alimentation, le droit à la santé, le droit à l’éducation et à une formation adéquate font défaut, la jeunesse n’a d’autre issue que l’émigration par tous les moyens.

Ainsi, le Togo a cette particularité de compter plus de citoyens à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. La mal gouvernance cinquantenaire a réussi à exiler les filles et fils du pays. Il n’y a pas de développement sans la réalisation des droits humains.

Par le pillage systématique des ressources ‘’compensé’’ par un surendettement du pays sur des générations entières, le pouvoir en place s’oppose au bonheur des populations.

Le régime en place s’oppose par tous les moyens à l’alternance politique dans notre pays ; il rejette le constitutionnalisme ; il reporte toujours la décentralisation porteuse de la démocratie locale et du développement local.

Dès lors, on comprend pourquoi ces fraudes et ces violences électorales répétées depuis 1990, ces multiples accords signés mais jamais respectés.

On comprend toutes ces entraves parfois mortelles à la liberté d’expression et de réunion publiques pacifique. Bref, on comprend cet entêtement du régime RPT/UNR à vouloir s’éterniser coûte que coûte ; quel que soit le prix à payer par le peuple.

Aujourd’hui, le Togo est un pays très pauvre et très endetté. Et ils s’en réjouissent sur les médias d’Etat. Plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté pendant que plus de la moitié de la jeunesse se retrouve au chômage. Tant pis, il y a le Zémidjan. Qui n’est pas d’accord peut partir.

Tout compte fait, le bilan de cinquante années du pouvoir RPT/UNIR est un véritable fiasco. Comment attester de la sincérité d’un système qui se nourrit du conflit quand il parle de réconciliation ?

En dépit de tout cela, le pouvoir RPT/UNIR a un nouveau projet pour nous. L’avenir qu’il nous prescrit se trouve dans la monarchie dont le clan royal est la famille Gnassingbé ; c’est la famille noble autour de laquelle gravitent des courtisans de tout acabit.

Pour nous distraire, le régime brandit la fameuse et éternelle problématique de la réconciliation nationale qu’il n’a jamais résolue depuis 1963 (54 ans déjà).

Afin de nous imposer ce projet machiavélique, le pouvoir s’emploie à convaincre toutes les Chancelleries occidentales ou la ‘’communauté internationale’’ de la pertinence de leur projet qui, selon eux, cadre bien avec la culture et l’histoire politique et institutionnelle du Togo.

Cette diplomatie des mallettes d’argent consiste à distribuer des billets de banque en demandant aux occidentaux : Laissez-nous face à face avec les Togolais. Ils ne feront rien, vous verrez. Notre projet va passer sans problème. Pour eux, il suffit d’acheter le silence de la communauté internationale.

Pour nous contraindre à accepter leur projet, le régime RPT/UNIR nous propose une option sinistre, celui qui consiste à choisir entre la monarchie ou un pays en conflits.

Par conséquent, pendant que, s’opposant à la monarchie, nous nous battons, nous devons rester vigilants aux mines sociales. Attention aux bombes sociales.

En effet, nous devons veiller à ne pas nous opposer entre régions, entre préfectures, entre cantons, entre villages, entre quartiers, entre civils et militaires, entre ethnies, etc. Cela est stérile pour le peuple. C’est justement ce que recherche le régime qui nous affame.

Une de ces bombes vient d’être désamorcée par les Tem et les Kabyè dans le cadre de l’affaire « Kparɩyɔ ». Encore une fois, le Parti National Panafricain (PNP) tient à saluer la maturité et la sagesse des peuples frères tem et kabyè dans la gestion de cette crise créée de toutes pièces par le régime en place.

Le PNP apprécie la dextérité avec laquelle les rois tem abordent la question et posent sans ambages leurs exigences, appelant le pouvoir en place à respecter les lois de la République.

La position des rois tem, et qui est parfaitement comprise par les Kabyè, est très claire : A Kparɩyɔ, les Kabyè ont le même statut que les Tem à Kétao, les Tem à Kpalimé ou les Ewé à Kara, etc. Ainsi, pour eux, il n’a jamais été question de chasser qui que ce soit.

Dès lors, les rois tem sont en phase avec l’article 22 de la Constitution togolaise qui dispose : « Tout citoyen togolais a le droit de circuler librement et de s’établir sur le territoire national en tout point de son choix dans les conditions définies par la loi ou la coutume locale ».

D’ailleurs, qui ne sait pas que les Mossi n’ont pas de terres au-delà de Dapaong ?

Qui ne sait pas que les Moba n’ont pas de terres au-delà de Mango ? Qui ne sait pas que les Tchokossi n’ont pas de terre au-delà de Kanté ? Qui ne sait pas que les Losso et les Lamba n’ont pas de terres au-delà de Kara ?

Qui ne sait pas que les Kabyè n’ont pas de terre au-delà de Bafilo ? Qui ne sait pas que les Tem n’ont pas de terres au-delà du pays Anyagan ? Etc.

Cet ‘’escalier de la propriété foncière’’, depuis Cinkassé à Aného, est clair et connu de tous. Nous ne le répéterons jamais assez : par culture, le Kabyè n’est ni un menteur, ni un voleur/usurpateur, ni un bagarreur.

Celui qui nous oppose est mort ; reprenons notre cohabitation pacifique d’entant. Celle-ci doit être de règle sur l’ensemble du territoire national.

En fait, dans le cas de « Kparɩyɔ », il faut savoir que ce ne sont pas les Kabyè qui veulent la royauté. C’est plutôt des compradores appartenant à la minorité de Faure qui veulent une signature pour la facilitation du bradage des terres aux sociétés étrangères à des intérêts divers/ étrangers auxquels ils participent. C’est juste une facilité de signature.

Qui a envie de vendre des hectares à « Kparɩyɔ » ? Ce n’est sûrement pas les pauvres populations sans aucune relation avec les multinationales.

C’est tout comme, à l’occasion du meeting public du 12 mars 2017, le pouvoir a voulu faire croire à l’opinion que Mango ne voulait pas du PNP. Il voulait aussi faire croire que Kara ne voulait pas du PNP ce 25 mars 2017. Mais les Togolais ne sont pas dupes.

Aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne que le meeting de Mango fut empêché par le Préfet commandant qui manipula un groupe de jeunes acquis à la cause de RPT/UNIR. La preuve, Mango est là ce matin dans ce stade avec nous.

L’opinion sait aussi que le meeting de Kara fut empêché par le Commandant de la gendarmerie de Kara. L’opinion nationale et internationale a été témoin de cette scène rocambolesque et inédite dans laquelle des agents de la gendarmerie se sont saisis de notre groupe électrogène. Pour preuve, Kara est là avec nous.

En plus de l’objectif ultime de conservation du pouvoir, c’est au nom de l’appétit pour la vente de vastes terres que le pouvoir a subjugué la royauté qu’il a fini à affaiblir.

Trois dispositions permettent au régime d’avoir la main mise sur la royauté. D’abord la condition pour un candidat à la royauté de parler et d’écrire le français. Cette disposition permet, en amont, au pouvoir d’influencer les candidatures.

Ensuite l’enquête de moralité sur les candidats qui, en fait, est une enquête sur l’appartenance politique de chaque candidat ou tout simplement son penchant politique. Ceci permet au pouvoir de garder une emprise sur la procédure en cours.

Enfin, l’arrêté ou le décret de reconnaissance à l’endroit du candidat désigné soit sur la base de la coutume, soit par voie de vote, selon les milieux. Cette précaution permet au pouvoir d’avoir le contrôle en aval du processus.

Au regard de tout ceci, le PNP s’engage ici et maintenant, au cas où il arrivait au pouvoir, pour la réhabilitation de la royauté sur l’ensemble du territoire national. Cela fait partie de notre programme que nous rendrons public le moment venu.

A cet égard la condition de la langue française pour être roi au Togo devra être supprimée dans la mesure où la langue de la population gouvernée n’est pas le français.

L’enquête de moralité sera une véritable enquête de moralité, rien à voir avec l’appartenance politique des candidats.

Dans ces conditions, le texte de reconnaissance officiel par arrêté ou par décret ne sera qu’une formalisation de la désignation du roi conformément à la loi.

De plus, la légitimité séculaire que représente le roi sera représentée au conseil communal. Il y aura une sorte de Sénat au niveau communal.

Notre conseil communal sera inclusif de toutes les légitimités afin de donner à la décentralisation toute son efficacité. La démocratie à la base et le développement à la base se renforcent mutuellement.

Mais, en attendant, tout village ou canton doit prendre les dispositions permettant de maîtriser ceux que l’on appelle les ‘’cadres’’. Certes, ils ont les compétences pour contribuer au développement de leur localité d’origine.

Cependant, ils ne peuvent décider à la place des cours royales ou influencer leurs décisions, comme ils le font aujourd’hui. Il n’appartient pas aux cadres de diriger les villages ou les cantons.

Face à la situation, c’est-à-dire au triple fiasco politique, économique et social, et face au projet de monarchisation de notre pays, que propose le Parti National Panafricain ?

Puisque le pouvoir est devenu sourd, muet et aveugle, nous n’avons d’autre choix que la mobilisation du peuple. Une mobilisation sans précédent dans le cadre d’une manifestation publique pacifique devra être observée tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur.

L’objectif n’est pas la tête de Faure ou celle de qui que ce soit. Il s’agira de sortir pour exiger le retour à la Constitution consensuelle du 14 octobre 1992 et le droit de vote de la diaspora, ou le départ du système Faure.

Comme la souveraineté, la force appartient au peuple. A tout moment, il peut changer la donne en sa faveur. Pour cela, il n’a pas besoin de violence. Le nombre est notre force. Ce pouvoir montre des fissures évidentes. Ni cupidité, ni peur, tel doit être notre crédo.

Retenez à la fin que le prophète Souleymane/ Salomon est mort, les djinns, par peur, travaillent pour rien.

Togolais debout ! Luttons sans défaillance. Vainquons ou mourrons mais dans la dignité.

Je vous remercie.

Tikpi Salifou Atchadam,
Président national

Reportage de l’envoyé  spécial Banzam

Source : Le Rendez-Vous No.307 du 18 mai 2017

 

27Avril.com

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