Togo Quand des ‘hors-la-loi’ veulent ‘faire la loi’ dans la préfecture du Golfe

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En mai dernier, 08 agents administratifs des services de la préfecture golfe sont remerciés par le préfet Koffi Mélébou, suite à un audit ayant révélé que ces agents se sont fait recrutés sur la base de faux diplômes. Outre la prise de bec entre le préfet et le président de délégation spéciale de la commune de Lomé, ce sont les faussaires eux-mêmes qui, dans une lettre adressée au ministre Gilbert Bawara de la Fonction Publique, exigent curieusement que soient respectés leurs « droits ».


La lettre du 27 juin 2016 est rendue publique par le journal Togomatin. Les agents en question dans leur note, estiment être victimes « d’un acharnement du préfet du Golfe sur leur personne », après qu’ils aient reconnu les faits dont ils sont accusés.

Ils se passent dès lors pour des victimes de « violation des droits humains », en appellent à l’implication personnelle du ministre en charge de la Fonction Publique, afin que « le climat de haine, de chasse à l’homme, d’atteinte à l’honneur et de violation de (leurs) droits… puissent trouver un dénouement définitif », selon les termes de la lettre.

Cette affaire qui remonte à 2013, illustre à point nommé le degré de prévalence de l’impunité au sein des institutions de l’Etat. Alors que les falsificateurs ont été mis à nue à l’époque et remis à la gendarmerie pour investigations, le ministre d’alors (M. Gourdigou Kolani) «fait retirer les agents de cette institution (Ndlr – La gendarmerie) et les libère », selon le récit de Kofi Mélébou.

Pourtant, l’accusation de «faux et usage de faux » est avérée. Les agents seront tout simplement déclassés et ramenés aux niveaux de leurs vrais diplômes, avec sommation de rendre au trésor public les sommes indûment perçues sur la base de leurs faux diplômes.

A défaut d’étaler ce que stipule le code pénal en la matière, relevons que précédemment confronté à des individus du même acabit, l’Office Togolais des Recettes (OTR) a simplement et purement remercié les concernés qui ont fait un séjour derrière les barreaux pour « faux et usage de faux ». Les exemples en faveur d’un tel traitement foisonnent dans les historiques des jurisprudences.

Cependant, le traitement spécial accordé aux huit agents de la préfecture du Golfe, fait montre d’une attitude de deux poids deux mesures dans la même administration publique.

C’est le préfet Kofi Mélébou qui viendra sonner la fin de la récréation en prononçant la radiation de ces agents reconnus coupables du délit. Il sera traité d’autoritaire et imposant par ses détracteurs, notamment par le président de la délégation spéciale de la commune de Lomé Kossi Aboka, qui aurait joué toutes les cartes pour couvrir les accusés dans cette affaire depuis 2013.

Contre toute attente, ces derniers, probablement confiants d’un réseau de soutiens comme il est d’habitude dans le pays, passent pour des victimes d’acharnement contre leur personne et en appelle à l’intervention de l’autorité hiérarchique.

Pour que force reste à la loi, l’opinion reste confiante que le ministre Gilbert Bawara ainsi interpellé par ces hommes reconnus « hors-la-loi », fera preuve de rigueur et de discernement devant la situation.

TogoActu24.com