Togo, Processus de réparations des violences : Le HCRRUN d’Awa Nana attend toujours le déblocage des 2 milliards FCFA?

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Les victimes répertoriées dans le cadre du processus de réconciliation doivent encore attendre avant de toucher leurs indemnités. C’est ce qui ressort d’une rencontre organisée hier à Lomé par le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN).

Togo, Processus de réparations des violences : Le HCRRUN d’Awa Nana attend toujours le déblocage des 2 milliards FCFA?

Selon la présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya, les fonds qui devraient servir à la première phase de l’indemnisation des victimes ne sont pas encore mis à la disposition de son institution, et elle entend relancer les autorités togolaises sur la question. « L’enveloppe n’est pas encore positionnée sur le compte Trésor du Haut-Commissariat. D’ici le 1er juillet, nous allons réclamer, conformément au système de déblocage des fonds en vigueur », a déclaré Mme Awa Nana-Daboya citée par des confrères.

En effet, le démarrage des réparations avait été annoncé le 22 mars 2017 au cours d’une rencontre organisée par le HCRRUN. Le but de la rencontre était d’informer l’opinion, à travers les médias, des conditions du processus de réparation. Mme Awa Nana-Daboya avait saisi l’occasion pour annoncer l’effectivité de l’indemnisation des victimes. Quelques jours après, son premier rapporteur, Evalo Wiyao, s’est voulu plus précis en annonçant sur les ondes d’une radio de la place que « si tout va bien, les indemnisations vont commencer à partir de juillet ».

Plus d’un mois et demi après cette annonce, rien ne semble avoir bougé et l’indemnisation des victimes pourrait ne pas débuter au mois de juillet. Qu’est-ce qui retarde alors la mise à la disposition du HCRRUN des 2 milliards de francs CFA destinés à la mise en œuvre de la première phase des indemnisations ? Sommes-nous en train de vivre une situation de blocage ? C’est la question qui taraude les esprits.

Déjà à la création du HCRRUN, nombre de Togolais avaient exprimé leur doute quant à la volonté réelle du régime en place de réconcilier les citoyens. Un régime cinquantenaire à qui l’on attribue les multiples atteintes aux droits de l’Homme et le millier de morts recensés dans les violences électorales de 2005. Pour des millions de Togolais, le régime des Gnassingbé qui continue dans l’oppression, ne peut être la locomotive du processus de réconciliation. L’annonce du retard dans le déblocage des fonds risque d’alimenter la polémique.

En attendant, le HCRRUN envisage une tournée dans les différentes préfectures du Togo à compter du 12 mai prochain. « Nous allons vers les populations pour leur dire que la réparation va devenir effective pour que les victimes, où qu’elles se trouvent, soient informées. Nous allons leur dire également que les réparations qui sont octroyées sont de nature symbolique et recueillir auprès d’eux qu’ils acceptent ces montants symboliques et aussi de pardonner pour avoir le cœur apaisé et qu’ils puissent nous accompagner dans le processus de réconciliation », a déclaré la présidente du HCRRUN lors du lancement du processus.

Faut-il le rappeler, dans le budget exercice 2017, l’Etat avait prévu une somme de 2 milliards FCFA pour faire démarrer le processus de réparation qui devra commencer par les victimes de 2005. Sur les vingt-deux mille quatre cent quinze (22 415) victimes recensées par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) pour toutes les violences de 1958 à 2005, seules deux mille quatre soixante-quinze (2475) seraient d’abord prises en compte. « Compte tenu du fond initial accordé par le gouvernement qui est de deux milliards de francs CFA, toutes les victimes ne pourront pas être prises en compte pour cette phase de démarrage. Elle concernera essentiellement une partie des victimes des évènements de 2005 soit au total 2475 victimes », avait indiqué le HCRRUN.

Source : Géraud A., Liberté

27Avril.com

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