Togo : « Pour mettre fin au pillage et l’arbitraire, le peuple doit se lever » Jean Pierre Fabre

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« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puissent changer le monde. Historiquement, c’est toujours de cette façon que le changement s’est produit »  – Margaret Mead

La mobilisation populaire a toujours ébranlé les régimes autocratiques, aussi durs soient-ils. On a eu l’exemple palpable en Tunisie, en Egypte et au Burkina Faso tout récemment où la rue a chassé les dictateurs impénitents et des dynasties familiales du pouvoir.

Au Togo, on croit dur comme fer que par la pression de la rue, on peut pousser le régime Gnassingbé qui a pris en otage le Togo depuis un demi-siècle à lâcher du lest. La ribambelle de dialogues n’ayant rien donné, la mobilisation populaire demeure pour certains la seule alternative pour arracher les réformes constitutionnelles et institutionnelles, nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la réconciliation nationale au Togo.

C’est dans cette dynamique que s’inscrivent les partis politiques regroupés au sein du Combat pour l’alternance politique (CAP 2015). Qui seront pour la seconde fois en deux semaines dans les rues de Lomé demain pour amener le régime de Faure Gnassingbé à respecter les engagements pris lors de la signature de l’Accord politique global (APG) de 2006.

Il y a quatre ans, juin 2012, des formations politiques de l’opposition, ensemble avec des organisations de défense des droits de l’homme, ont voulu imiter les Egyptiens en organisant une manifestation monstre à Lomé qui avait fait date. Cette manifestation qui devrait s’étaler sur 3 jours consistait à transformer le centre névralgique de Lomé Deckon en Place Tahrir, symbole de la révolution égyptienne.

La mobilisation du tout premier jour était telle que le régime, se sentant menacé, a dû sortir l’artillerie lourde contre les centaines de milliers de Togolais rassemblés au carrefour Deckon. C’est au cours de cette répression d’une rare violence que le président national de l’OBUTS, Agbéyomé Kodjo, était retrouvé méconnaissable, les habits en lambeaux tentant d’escalader les murs d’une concession pour échapper à la folie meurtrière des forces de répression.

« Lorsque le pays est mal géré, les droits de l’homme violés, les ressources publiques pillées, les crimes de sang et les tortionnaires impunis et qu’on s’évertue à violenter les manifestations pacifiques à coups de gaz lacrymogènes, à s’attaquer à leur domicile, les paisibles citoyens ont fait quoi ? Tous les humanistes doivent opposer une résistance farouche à cette tyrannie », avait-il déclaré à l’époque pour justifier l’unicité d’action des organisations de la société civile et des partis politiques. Mais aujourd’hui, l’homme fait un revirement de 180° et estime que « recourir à la rue pour exiger les réformes est contre-productif ».

Un avis que ne partagent pas Atchadam Tchikpi du Parti National Panafricain (PNP). Pour lui, il n’y a que la mobilisation pour faire plier le pouvoir. « Si les Togolais se mettent debout, cette situation ne durera pas. Tout peuple debout arrive à bout du dictateur », affirme-t-il. « Si tous les Togolais se mobilisent, on n’a pas besoin de deux jours, ils vont faire toutes les réformes, ils vont céder », a ajouté le président du PNP.

Le leader de l’ANC Jean-Pierre Fabre est tout aussi convaincu qu’ils ne peuvent contraindre Faure Gnassingbé à opérer les réformes politiques et électorales que par la mobilisation populaire, car la lutte populaire est invincible. Tous les démocrates croient en la force de la mobilisation de la rue sauf un certain… Agbéyomé Kodjo.

« Pour mettre fin au pillage et l’arbitraire, le peuple doit se lever » – JPF

Source : Médard Amétépé, Liberté; Vidéo : Togovisions

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