Togo : L’opposition a déjà recommencé à mettre la pression sur les épaules des autorités avec les marches

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La politique, c’est aussi l’art d’utiliser les points faibles de son adversaire pour le supplanter sur un territoire qu’il croyait acquis à sa cause. Et si le régime actuel au Togo sait comment mettre à contribution des chefs traditionnels pour marcher et le soutenir – c’est à croire qu’il est vacillant-, il n’y a pas de raison que l’opposition ne fasse pas pareil.

Depuis l’ère Anaté Kouméalo, les ministres de la formation civique peinent à rassembler les Togolais autour de l’idéal civique dont un pan constitue le nettoyage du pays chaque premier samedi du mois. Si au début, l’opération a semblé donner un semblant de résultat, plus les mois passent, et moins les populations sont intéressées à continuer. Probablement à cause de l’autisme des gouvernants face à la désespérance sociale. C’est comme si le peuple veut défier l’autorité, conscient que rien ne peut lui être fait pour le réprimander.

Marcher pour protester, c’est bien, mais réussir à faire sortir le peuple pour nettoyer les rues, c’est encore mieux et ça démontrera que l’opposition peut montrer la bonne voie à suivre. Pour balayer les rues, on n’a certainement pas besoin de se rassembler à un point de départ, avec la crainte de voir des forces de l’ordre débarquer, grenades lacrymogènes en mains pour disperser la foule. Qui osera interdire à un citoyen qui voudra répondre à l’appel de l’opposition à sortir pour balayer les rues un samedi matin, entre 6h et 7h ? Vous imaginez ce que ressentiront les autorités en voyant des foules dans les artères accomplissant le geste civique ? Elles réaliseront alors qu’elles ne sont là que par la force et que s’il était permis au peuple de voter sans appât avec des gadgets griffés « Faure », si son vote pouvait être respecté, si les hommes en uniforme devraient rester en dehors du jeu politique, le monde entier saurait qui est qui, qui peut quoi et qui vaut quoi au Togo.

L’opposition a déjà recommencé à mettre la pression sur les épaules des autorités avec les marches, même si des aveugles croient que ces marches ne donneront rien. Il suffit à ceux de l’opposition qui veulent laisser leur nom à la postérité, de retrousser les manches et de se saisir des balais ; ça ne prendra qu’une petite heure dans tout un mois, mais l’écho qui en découlera sera certainement retentissant. La balle est dans le camp de « Jean-Pi » et « Brigitta ».

Liberté

Togosite.com

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