Togo : Les Zémidjan réclament le trophée de meilleurs débatteurs dans l’émission « Revue de stress »

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Tous les dimanches entre midi et 13 heures, les auditeurs de la radio Nana FM ne vont plus écouter  l’émission « 12-13 » dans laquelle les acteurs politiques et de la société civile invités viennent faire connaître leur point de vue sur les sujets d’actualité. En lieu et place, la parole est donnée aux points de vente des journaux aux conducteurs de taxi-moto communément appelés « Zémidjan ».

 

Le premier numéro de cette nouvelle émission dénommée « Revue de stress » est passé ce dimanche. Les Zémidjan se sont prononcés sur plusieurs sujets d’actualité, notamment les réformes politiques que réclame l’opposition, le processus de décentralisation, les deux (2) derniers voyages du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé en Chine et en Allemagne, son 50ème anniversaire, le match Liberia-Togo du 5 juin dernier, la mort de Stephen Keshi et bien d’autres sujets.

 

« Ici, les représentants de tous les partis politiques sont là, même les agents de renseignement du SRI. Nous les connaissons mais nous n’avons jamais eu peur d’eux. Ils ne sont pas plus citoyens que nous. Nous sommes tous Togolais », a déclaré l’un des débatteurs.

 

Ceux que d’aucuns qualifient de « paresseux » et de « prototype même de l’ignorance au Togo » envoient un message clair sur leurs débats. Selon eux, le débat qu’ils font aux points de vente des journaux est « plus dur » que ce qui se fait à l’Assemblée nationale. « Si les députés veulent que ce pays change, ils doivent venir suivre nos débats, comme ça, ils peuvent puiser des enseignements pour conduire ce pays », a même lancé l’un d’entre eux.

 

Pour eux, il y a des journaux qui disent la vérité et ceux qui ne disent pas la vérité.

 

Unanimement, les conducteurs de taxi-moto qui ont intervenu dans ce premier numéro, sont sûrs que les réformes politiques peuvent calmer les ardeurs.

 

 « Si Faure Gnassingbé veut que ce pays soit en paix, il suffit qu’il dise qu’il est d’accord pour les élections à deux tours. Qu’il amène cela à l’Assemblée nationale et que tout soit signé là-bas et c’est tout, plus besoin de concertation. S’il attend que le Togolais se lève avant qu’il ne quitte le pouvoir, un jour, quelque chose va se passer au Togo », pense un.

 

« Si les réformes ne sont pas faites, nous allons empêcher le sommet de l’Union africaine », a même prévenu l’un d’entre eux.

 

Les Zémidjan ne voient pas l’importance des voyages que fait le chef de l’Etat. « Quand il voyage, c’est plus de 300 millions qui sont dépensés ». Pour d’autres encore, si la décentralisation réussit au Togo, il ne va plus se donner la peine de voyager pour emprunter de l’argent avant que les choses ne marchent. « Les investisseurs feront le déplacement du pays avec leurs initiatives et nous les jeunes allons abandonner le zémidjan et travailler un peu », note un autre.

 

A propos du 50ème anniversaire du chef de l’Etat, les « titrologues » (nom donné abusivement par certains à ces débatteurs) n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

 

« Tu ne peux pas être rassasié et à côté j’ai faim et au moment de joie, tu me dis de venir me réjouir avec toi, ce n’est pas logique. Si tout le monde mange à sa faim, travaille bien et on est à l’aise, si Faure veut fêter son anniversaire, nous le fêterons avec lui. Comme il a choisi de mettre la main sur tout à Lomé 2 et mange tout, je ne peux pas lui souhaiter joyeux anniversaire parce que j’ai faim », soutient un Zémidjan.

 

Pour un autre encore, le chef de l’Etat doit avoir moins de 50 ans. « Qu’il nous dise plutôt qu’ils sont en train de célébrer les 50 ans du RPT », a-t-il lancé.

 

« Nous ne sommes pas intéressés par son anniversaire. Ce qui nous préoccupe, ce sont les réformes et les élections locales. J’ai suivi un débat sur LCF hier et leur représentant dans un débat disait que toutes les réformes sont faites. Cela signifie que Faure Gnassingbé ne veut pas quitter le pouvoir. Il a déjà fait 11 ans alors qu’on a dit que personne ne doit faire 3 mandats », a souligné un troisième.

 

Certains d’entre eux profitent de ce qui s’est passé lors du match Liberia-Togo pour conclure qu’il y a une malédiction sur le Togo.

 

« Quand il y a malédiction sur un pays, c’est tout ce qui arrive. Rien ne marche dans le pays. La tête ne marche pas, comment le corps va-t-il avancer ? Il n’y a aucune organisation. Le football n’avancera jamais dans ce pays. Nous avons des joueurs qui peuvent mouiller le maillot et qualifier ce pays à la CAN et la Coupe du monde. Mais puisqu’il y a malédiction et colère dans le pays, la population n’accompagne pas avec son cœur. Je ne suis pas sûr qu’on va se qualifier à la prochaine CAN », soutient-on.

 

Sur le même sujet, l’un des Zémidjan souhaiterait que les autorités du football togolais convoquent une réunion avec la Confédération africaine de football (CAF) pour faire arrêter définitivement les provocations que subissent les Eperviers du Togo à l’extérieur. « La dernière fois au Liberia, nos stars comme Adébayor pouvaient perdre la vie. Pour quel match ? Cela se répète et rien n’est fait », a-t-il regretté.

 

Pour ce qui concerne la mort Stephen Keshi, le sélectionneur nigérian qui a qualifié les Eperviers du Togo en 2006 à une Coupe du monde, les Zémidjan demandent que le Togo fasse une délégation pour le Nigeria, lors de ses obsèques  pour compatir à la douleur de la famille éplorée.

 

Pour un autre, Stephen Keshi est un  exemple pour tout Africain.  

 

Telli K.

 

Togosite.com

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