Togo : Le sort des Eperviers suspendu à des si…

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Troisième dans la poule A avant la cinquième journée des éliminatoires de la CAN 2017, le Togo le restera jusqu’à la dernière journée en début septembre 2016.

« La seule façon de participer à la Coupe d’Afrique des Nations (NDLR, Gabon 2017), c’est de gagner. Il faut mettre un but plus que l’autre ». Tels étaient les propos de Claude Le Roy avant le match contre le Liberia le dimanche 5 juin dernier à Monrovia. Mais in fine, ses protégés n’ont pu faire qu’un nul, 2-2. Une performance qui réduit considérablement les chances de qualification des Eperviers.

Liberia-Togo à couper le souffle !

Avant même leur départ de Lomé pour Monrovia, les Eperviers et leur staff savaient que la partie ne leur serait pas facile. Malgré un bon match de tremplin (1-0) face à la Zambie au stade omnisports de Lomé le 27 mai dernier. Surtout que Les Lone Stars étaient requinqués par leur position – premiers avec 9 points – dans la poule A. Ces derniers se devaient de faire un bon match s’ils voulaient augmenter leur chance de qualification de façon directe. De plus, ils jouent devant leur public qui croit à une participation de sa sélection nationale à la fête panafricaine.

Le Togo, lui, avait l’obligation de rattraper son retard dû à ses contre-performances lors de sa double confrontation contre les Aigles de Carthage. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour une rencontre difficile pour les uns et les autres avec un léger avantage au Liberia.

Dès l’entame de la partie, les visiteurs sont cueillis à froid. Gizzie Dorbor surprend Kossi Agassa à la 4ième minute. Le score est resté tel jusqu’à la pause. A la reprise, les Togolais courbent encore l’échine à la 55ième minute, œuvre de William Jebor. A 2-0, les supporters des Eperviers étaient désabusés, médusés devant leur poste radio. Ceux qui n’en pouvaient plus l’ont carrément éteint. Mais c’était compter sans la détermination des ambassadeurs togolais en terre libérienne.

A force d’y croire, Emmanuel Adébayor et compagnie ont fini par trouver la faille dans une défense bien gardée jusque-là. Floyd Ayité (à la 68ième) redonne de l’espoir à ses partenaires. Dès lors, la peur d’une éventuelle égalisation s’installe dans le camp des Lone Stars. Le jeune attaquant Fo-Doh Laba signe en fin de match le but égalisateur. Les Eperviers sont revenus de très loin. Les Libériens, eux, ont passé une soirée qu’ils ne vont pas vite oublier.

Dans le groupe A, à l’issue de la 5ième journée, la Tunisie prend la première place (10 pts ; + 10), suivie du Liberia (10pts ; +6) et du Togo (8pts ; +2). Le Djibouti (0 ; -18) garde toujours la dernière place. Le dernier acte se jouera début septembre prochain.

L’espoir de qualification en pointillé

En allant au Liberia, les Eperviers espéraient ravir la première place du groupe A à leurs adversaires via une victoire et avoir le même nombre de points que la Tunisie qui, on le devinait, ne devait pas avoir de difficulté à battre une sélection djiboutienne qu’elle a humiliée à l’aller 6-1. Mais le nul du Togo en déplacement change la donne. Et les Eperviers restent toujours à la troisième place avec une unité de plus. Dès lors commencent les petits calculs avec en toile de fond le recours à la providence.

En effet, pour se qualifier pour la prochaine CAN, les Eperviers ont une marge de manœuvre très limitée. Ils doivent impérativement « bien » battre le Djibouti en septembre et en même temps croiser les doigts pour que la finale du groupe Tunisie-Liberia accouche d’un nul. Ce qui n’est pas évident.

L’autre scenario est que les prestations du Togo lui ouvrent les portes d’une des deux meilleures places de deuxième. La Confédération africaine de football (CAF) repêchera en effet deux meilleurs deuxièmes pour compléter la liste des pays qualifiés directement pour Gabon 2017. Là aussi, rien n’est sûr. Bref les Eperviers n’ont plus leur destin en main.

Au moment où le Togo ne sait plus de quoi son avenir sera fait, l’Algérie, le Cameroun, l’Egypte, le Ghana, la Guinée Bissau, le Maroc, le Sénégal, le Zimbabwe, eux, ont déjà validé leur ticket et rejoignent le pays organisateur, le Gabon. A contrario, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Burundi, les Comores, le Congo, le Djibouti, la Gambie, la Guinée, la Guinée Equatoriale, le Kenya, le Lesotho, la Libye, le Madagascar, le Malawi, l’Ile Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, Sao Tomé, les Seychelles, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie, le Tchad et la Zambie sont d’ores et déjà éliminés.

Maintenant les vacances ?

La plupart des internationaux togolais, après la rencontre du dimanche dernier peuvent partir en vacances, retrouver leurs familles, leurs proches, pas après une mission accomplie, mais parce que leur calendrier professionnel l’exige. Claude Le Roy, lui, regagnerait son pays pour, probablement, commenter l’Euro ou la Copa america. en tant que consultant de Canal+. De plus, qu’est-ce que le Breton a à faire dans un pays où il n’y a même pas de championnats nationaux qui pourraient l’obliger à rester et suivre des matches afin de dénicher de potentiels talents locaux ?

La Fédération togolaise de football (FTF), elle, a du boulot. Elle doit s’employer à relancer les championnats, ne serait-ce que la première division d’abord, le reste ensuite. Fin mai, l’instance faîtière a rendu publiques les différentes commissions (avec leurs membres). En tout, douze commissions sont créées : la commission des finances ; la commission technique, de développement et des infrastructures ; la commission des médias, marketing et télévision ; la commission du football amateur ; la commission de la médecine sportive ; la commission du football des jeunes, du futsal et du beach soccer ; la commission de sécurité ; la commission d’organisation des compétitions, de qualification et d’homologation ; la commission des questions juridiques et du statut du joueur ; la commission des arbitres ; la commission du football féminin ; la commission de Fair-play et de responsabilité sociale. On ose croire que la mise en place de ces structures prélude au lancement des championnats.

Certaines sources fixent le début du championnat de première division vraisemblablement en août prochain alors que Kossi Akpovy, le président du Comité exécutif de la FTF, dans une interview accordée à un confrère, a confié qu’il ne reprendra qu’au cours de l’année 2017. Erreur d’appréciation de fin de saison ? Toujours est-il que dès lors que Claude Le Roy, au bas mot, émarge à 25 millions FCFA le mois, il est incompréhensible que l’instance s’arc-boute sur le manque de moyen pour ne pas permettre à la jeunesse de taper dans le ballon.

Le plus inquiétant, la FTF a publié la liste des commissions sans préalablement décliner son chronogramme de ce qui sera fait et comment. Ce qui laisse les acteurs du football togolais dans un flou total.

La mission de l’instance faîtière de football n’est pas que l’organisation des matches des Eperviers. Les jeunes talents se meurent, faute de vraies compétitions.

L’ALTERNATIVE

Togosite.com

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