Togo: L’« économie numérique » / Le régime de Faure Gnassingbé et les Togolais ne semblent pas être sur la même longueur d’onde.

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« Le 3ème opérateur de téléphonie mobile sera connu en janvier 2015 » – Cina Lawson

Le régime de Faure Gnassingbé et les Togolais ne semblent pas être sur la même longueur d’onde. Depuis des années, les populations réclament l’amélioration des services et produits de télécommunications.

Ces services sont non seulement de piètre qualité comme le relèvent chaque année le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale dans leurs rapports, mais aussi les plus coûteux au monde. Tout le monde le dit et s’en afflige profondément, sauf Faure Gnassingbé et sa muse, Cina Lawson qui ne s’en meuvent guère.

Malgré les cris de détresse des consommateurs, tout ce que le gouvernement a trouvé de mieux à faire, c’est de renforcer le portefeuille ministériel tenu par dame Cina Lawson, la « gouvernante de la République » comme l’appelle le confrère « La Dépêche ». « L’Etat a exprimé sa détermination à prendre en compte l’enjeu que représentent les technologies de l’information et de la communication et sa volonté de faire de l’économie numérique un secteur stratégique pour l’ensemble de l’économie nationale, en donnant une nouvelle dénomination du ministère qui intègre désormais l’économie numérique », lit-on dans le communiqué du conseil des ministres de mercredi.

Il semble que l’égérie de Faure Gnassingbé est la préférée dans le sérail et qu’elle a le droit sur tout et décide de tout. Sauf qu’elle n’arrive pas à impacter positivement sur les services de télécommunications. L’« économie numérique », ce ne sont pas de simples mots, mais des actes. Et dans le domaine, on ne sent pas la gouvernante de la République. Depuis six (6) ans que cette dame a hérité du ministère des Postes et de l’Economie numérique, la situation des télécommunications va de mal en pis. C’est assez surprenant pour une dame qu’on dit bardée de diplômes et qui a même fait les télécoms à la Banque Mondiale aux Etats-Unis.

Ceci étant, quelle plus-value cette nouvelle dénomination apporte-t-elle aux consommateurs togolais ? Ça change quoi dans le calvaire que dame Cina Lawson impose quotidiennement aux internautes togolais qui peinent à accéder au web ? Contrairement aux autres pays voisins, la connexion internet au Togo est défaillante, médiocre. Le réseau se caractérise par une baisse permanente, des perturbations et des coupures intempestives qui rendent la connexion difficile voire impossible. On se croirait encore au temps des pharaons. Alors qu’on est au 21è siècle avec un pays qui postule à l’émergence. Le haut débit clamé à cor et à cri n’est qu’un leurre.

La situation est encore plus préoccupante au niveau des communications téléphoniques. Malgré un coût que supportent difficilement les consommateurs, ils sont obligés de faire avec un réseau de plus en plus défectueux. Les connexions internet mobiles, elles, sont aléatoires. Le Togo est d’ailleurs le seul pays dans la région ouest africaine où les prix des communications sont élevés. Pendant que les pays voisins cumulent 4 à 6 opérateurs de téléphonie mobile, deux acteurs seulement se partagent le marché au Togo, la société étatique Togocellulaire et Moov. Avec les piètres prestations que nous vivons quotidiennement.

A maintes reprises, le FMI et la Banque Mondiale ont recommandé d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie de télécommunications et de libéraliser le secteur en autorisant davantage de concurrence. Ceci afin de favoriser la baisse des prix et une meilleure qualité de service. Mais hostile à l’arrivée d’un troisième opérateur, le pouvoir n’a que faire des prescriptions de ces institutions. Pendant combien de temps encore les consommateurs vont-ils endurer cette situation ?

, Liberté

Togosite.com

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