Togo : feu vert au Parlement pour un budget en forte croissance

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Les députés togolais ont adopté le budget pour 2017, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 1 227,4 milliards de F CFA (1,8 milliard d’euros), soit une progression de plus de 22% par rapport au budget initial de 2016.

Une mesure phare de ce budget 2017 adopté le 27 décembre par l’Assemblée nationale togolaise est la baisse de 1% du taux de l’impôt sur les sociétés. Le gouvernement souhaite ainsi répondre aux nombreuses plaintes formulées par les opérateurs économiques contre le redoutable Office togolais des recettes (OTR). La baisse devrait également permettre d’accroître les embauches, notamment dans les PME et les PMI.

« La présente loi de finances permet de poursuivre la consolidation de la mobilisation des recettes internes, en assurant l’élargissement progressif de l’assiette fiscale, afin de desserrer l’étau sur les entreprises et de permettre ainsi au secteur privé de jouer pleinement le rôle qui est le sien », a indiqué Sani Yaya, le ministre de l’Économie et des Finances. Le taux de croissance prévisionnel en 2017 est de 5% avec un taux d’inflation estimé à 2, 5% du PIB.

Le budget 2017 connaît une progression de 22, 5% par rapport au budget initial de 2016 (1002, 2 milliards de F CFA) et de 5,9% par rapport au collectif budgétaire 2016 (1151 milliards de F CFA), le texte correctif voté en cours d’année. Le déficit budgétaire est limité à -1,17% contre une norme communautaire de -3%, ce qui permettrait selon le gouvernement de contenir l’évolution du taux d’endettement du pays projeté à 52,8% en 2021.

Un endettement dénoncé par l’Alliance nationale du changement (ANC), chef de file de l’opposition togolaise, qui estime qu’ « à ce jour, le ratio de la dette publique est évalué à 75,4% du PIB alors que la norme communautaire au niveau de l’UEMOA est de 70%».

Priorité au social

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, 46,8% des dépenses sont orientées vers les secteurs sociaux : éducation, santé, développement socio-économique de base et agriculture, eau et électrification rurale. Ce volet social amorce la mise en œuvre du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), lancé le 30 juin 2016 par le chef de l’État Faure Gnassingbé, censé doper la construction d’infrastructures dans les zones du territoire togolais les plus mal desservies.

L’opposition parlementaire dénonce pourtant « des coupes au niveau des investissements entraînant des baisses inacceptables des dépenses » dans les secteurs de l’éducation nationale, de la santé, de l’agriculture et de la justice.

Le phénomène de la vie chère semble également pris en compte dans cette loi de finances. Le texte prévoit de fait une exonération ou une taxation à taux modéré des produits de consommation de base.

Enfin, entre autres mesures pour accompagner l’ancrage du pays dans les nouvelles technologies, le budget 2017 prend en compte une suppression des taxes douanières sur les terminaux et équipements informatiques destinés aux ménages. Il s’agit pour le gouvernement d’encourager l’achat par les consommateurs togolais de matériels technologiques.

Jeune Afrique

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