Togo : Faure « j’y suis, j’y reste, et même la mort ne m’y enlèvera pas »

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L’ancien ministre au crâne luisant, Mandja Maganawé avait énormément indisposé les Togolais la semaine dernière en parlant « wouya wouya » comme un moulin à vent. N’y a-t-il pas des gens beaucoup plus fins et posés au sein du régime cinquantenaire à envoyer à ces genres de débat ? On a l’impression qu’ils ont délibérément choisi de couper l’appétit aux Togolais. Et ils ont réussi.

De son propre chef, Maganawé a décidé d’« inhumer » l’Accord Politique Global (APG) signé en 2006 entre les acteurs politiques dont la mise en œuvre des recommandations devrait permettre l’ancrage de la démocratie au Togo, la bonne gouvernance, la réconciliation « gnassionale », etc. Depuis qu’il se l’est ouvert grandement pour dire que l’« APG est caduc », les Togolais ne cessent de tousser. Maganawé s’est dit étonné que les gens ne parlent que des réformes politiques, de la limitation du mandat alors que le souci majeur des few happy au pouvoir est de faire les réformes économiques pour permettre aux Togolais de manger 7 fois par jour. En clair, pour lui, il faut oublier cette histoire de limitation de mandat et laisser la famille Gnassingbé, le père, le fils et le Saint Esprit régner sur le Togo pour des siècles et des siècles.

Tout bien réfléchi, au lieu de condamner Mandja Maganawé, on devrait plutôt le remercier d’avoir révélé au grand jour l’idée qu’ils ont au sein du sérail sur les questions des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Comme pour donner raison à Maganawé, Faure Gnassingbé est revenu sur le sujet lors d’une interview accordée à la radio allemande Deutsche Welle. Quand la journaliste lui a posé la question sur la problématique de la limitation des mandats présidentiels en Afrique, le jeune président a laissé entendre qu’au Togo, le mandat présidentiel n’est pas limité. Dans son entendement donc, le problème ne se pose pas. Il peut donc multiplier les quinquennats à loisir jusqu’à « la fin de sa mort ». Comme l’avait d’ailleurs fait son père.

A la veille de la présidentielle de 2015, lorsqu’il avait été interrogé sur la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles lors d’une visite au Ghana, il avait affirmé que la Constitution en vigueur sera rigoureusement respectée. Cette Constitution en vigueur n’est malheureusement que celle tripatouillée en 2002 et qui institue une présidence à vie pour les Gnassingbé. Le « p’ti » n’a donc jamais caché son intention de rester indéfiniment au pouvoir. Son crédo : « j’y suis, j’y reste, et même la mort ne m’y enlèvera pas ».

Liberté

Togosite.com

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