Togo : CIMTOGO dénonce le dumping commercial du ciment du Nigérian Dangote

1700

Depuis quelques semaines, les dépôts de vente de ciment sur l’ensemble du territoire reçoivent un nouveau produit. Longtemps bloqué à la frontière du Bénin, le ciment du milliardaire nigérian Dangoté est finalement autorisé à être commercialisé au Togo. Mais l’arrivée de ce nouveau produit sur le marché togolais ne fait pas que des heureux.

Togo : CIMTOGO dénonce le dumping commercial du ciment du Nigérian Dangote

Les cimentiers togolais à l’instar de CIMTOGO y voient une concurrence déloyale qui risque de mettre en péril les emplois au Togo. C’est l’essentiel de ce qu’on peut retenir des sorties médiatiques ces derniers jours du Directeur Administratif et des Ressources Humaines de CIMTOGO, Jean Adoléhoume.

Il a d’abord vanté les mérites de CIMTOGO qui existe sur le marché togolais depuis 50 ans et dont les produits de qualité ont servi à construire les édifices emblématiques du pays comme l’hotel Radisson Blu, l’aéroport de Lomé et bien d’autres. Il rappelle que CIMTOGO est une entreprise citoyenne qui fait partie du groupe allemand HEIDELBERG CEMENT qui est le N° 2 mondial de production de ciment, N° 1 d’agrégats et N°3 en matière de béton prêt à l’emploi.

La région ouest africaine est alimentée par le ciment CIMTOGO, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger. Après cette piqure de rappel, il revient sur l’envahissement depuis quelques semaines du pays par le ciment DANGOTE. On apprend des interventions du Directeur Administratif et des Ressources humaines de CIMTOGO qu’en dépit des accords de la CEDEAO, notamment l’article 3 du traité revisité dont l’un des principaux objectifs est l’intégration économique régionale, le Nigeria interdit d’entrée sur son territoire plus d’une quarantaine de produits de la région dont le ciment.

Mieux, la société Dangoté bénéficie d’une subvention de 30% de l’Etat nigérian. Il est donc incompréhensible qu’un pays qui refuse l’entrée sur son territoire du ciment étranger, notamment de la CEDEAO, puisse, lui, envahir les pays de la région des produits de ses entreprises.

Togo : CIMTOGO dénonce le dumping commercial du ciment du Nigérian Dangote

Il est également rappelé qu’en dehors des intermédiaires qui trouvent leurs comptes, la société Dangoté ne crée aucun emploi sur le territoire togolais, contrairement aux autres cimentiers qui emploient des centaines de personnes. Face à ce dumping commercial, une pratique interdite par l’OMC (Organisation mondiale pour le commerce), Jean Adolehoumé interpelle l’Etat, lui-même actionnaire de CIMTOGO, à prendre des mesures idoines pour protéger les entreprises locales.

« Si le concurrent veut bénéficier des avantages de la CEDEAO, il doit fournir le certificat d’origine qui prouve que le produit est fabriqué dans la CEDEAO et son pays le Nigéria doit ouvrir son marché à notre ciment et à tous les ciments des quinze pays de la communauté. Ce qui n’est pas le cas actuellement » a déclaré Monsieur Adoléhoumé qui précise plus loin : « C’est ainsi que les autorités douanières togolaises ont dû refuser il y a quelques semaines l’entrée des produits en question au Togo car il manquait le fameux certificat d’origine. Finalement un certificat d’origine a été apparemment fourni, mais son authenticité reste à prouver. En tout cas le marché nigérian reste toujours fermé au ciment extérieur pendant que notre concurrent nigérian bénéficie du SLE au Togo. Ceci n’est pas admissible ». La société CIMTOGO a introduit des requêtes auprès du ministre du Commerce, sans suite pour le moment, mais n’entend pas baisser les bras.

En rappel, les trois cimentiers du Togo CIMTOGO, Diamond Cement et Fortia, dit-on, ont une capacité de production de 2 millions de tonnes par an largement suffisante pour couvrir les besoins des consommateurs estimés à 1.250.000 tonnes. Le prix du ciment au Togo est fixé par arrêté ministériel et la tonne est vendue à 81 000 F CFA. Le ciment Dangoté est également vendu au même prix la tonne, mais dédouané aux frontières à 66 000 F la tonne, une aubaine pour les intermédiaires.

Source : Ferdi-Nando, L’Alternative No. 553 du 09 septembre 2016

27Avril.com

LEAVE A REPLY