Togo : Bien assis dans son fauteuil, Faure voit défiler des présidents à Lomé…

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« Le principe de l’alternance politique, avant d’être une valeur démocratique, est surtout une exigence de droit naturel » – Conférence des Evêques du Togo

En refusant d’opérer les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, gages d’un Togo démocratique, prospère et réconcilié avec lui-même, Faure Gnassingbé se donne les moyens de rester indéfiniment au pouvoir comme son géniteur.

Togo : Bien assis dans son fauteuil, Faure voit défiler des présidents à Lomé…

Il avait donné le la en 2005, à la suite du triple coup d’Etat militaire, constitutionnel et électoral perpetré à la mort de son père lorsqu’il affirmait que celui-ci leur a conseillé de ne jamais laisser le pouvoir leur échapper, auquel cas il serait difficile de le reconquérir. C’est dans cette dynamique qu’il s’inscrit en militarisant son pouvoir et en verrouillant l’appareil de l’Etat beaucoup plus que son père ne l’a fait durant son long règne.

L’Afrique de l’ouest est perçue sur le continent comme un espace où les avancées démocratiques sont indéniables. Mais il y a une ombre au tableau : le Togo des Gnassingbé qui nage à contre-courant de ce vaste mouvement démocratique régional. Pendant que tous les chefs d’Etat épousent l’alternance démocratique en faisant tout au plus deux mandats présidentiels, Faure Gnassingbé est le seul aujourd’hui à s’opposer à la limitation du mandat présidentiel et à s’offrir ainsi un boulevard pour la présidence à vie. Il se trouve que lui aussi avait accepté le principe de deux mandats et s’y était engagé à travers l’Accord Politique Global (APG) avant de mener les Togolais en bateau en empruntant des suffrages et des mandats frauduleusement.

Bien que Faure Gnassingbé soit le plus jeune des chefs d’Etat, il s’affirme comme le doyen dans la région ouest-africaine en terme de longévité au pouvoir Il est à son troisième mandat et rien ne laisse indiquer qu’il envisage son retrait du pouvoir dans un avenir proche. Ceux qui le côtoient affirment en off qu’il n’a aucune volonté de céder le trône. Les Togolais doivent savoir à quoi s’en tenir désormais.

Pendant qu’il reste scotché dans le fauteuil présidentiel, l’inamovible Faure Gnassingbé voit défiler divers présidents à Lomé. En 12 ans à la présidence de la République, le fils du père a accueilli quatre présidents ghanéens : John Kufuor, John Atta Mills, John Dramani Mahama et le tout nouveau président Nana Akufo-Addo qui a effectué la semaine dernière une visite de 48 heures à Lomé.

Deux présidents béninois sont également passés à Lomé. Il s’agit de Thomas Yayi Boni et de son successeur Patrice Talon qui avait choisi Lomé pour sa toute première visite à l’extérieur après son élection. De même, deux présidents sénégalais et deux présidents burkinabés ont été reçus par le jeune président. « Comme quoi le Togo a la présidence la plus stable de la région et les Togolais adorent la continuité », raille un compatriote.

« La fonction présidentielle est très difficile », disait Patrice Talon lorsqu’il faisait le bilan de ses 12 mois à la tête du Bénin. En effet, les fonctions d’un chef d’Etat sont nombreuses et difficiles à gérer. Pour bien les remplir, l’homme se doit de déployer toutes ses énergies physiques et mentales, ce qui épuise énormément au fil des mandats  C’est pour cela que certaines têtes pensantes ont estimé qu’il ne serait pas saint de laisser une seule personne diriger un pays pendant plus de deux mandats.

Mais au Togo, on arrache le pouvoir par un coup d’Etat, on s’y maintient par des fraudes électorales, et on y meurt sans jamais se lasser. En tout cas, bien assis dans son fauteuil présidentiel, Faure Gnassingbé n’envisage pas une seconde de le céder…

Source : Médard Amétépé, Liberté

27Avril.com

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